Consultations présidentielles : Denis Mukwege plaide pour les réformes institutionnelles

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Kinshasa, 09 novembre 2020 (ACP).- Le prix Nobel de la paix 2018 et directeur de l’hôpital Panzi de Bukavu, Dr Denis Mukwege, a plaidé pour les réformes institutionnelles, lors  des entretiens qu’il a eus lundi, avec le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, au  Palais de la nation à Kinshasa, dans le cadre des consultations présidentielles entamées depuis le 2 novembre 2020.

Le gynécologue  Mukwege a indiqué avoir proposé des changements structurels pour mettre fin aux interminables crises que connait le pays.

«Notre pays ne décollera pas, son décollage sera toujours hypothétique si on n’a pas des réformes profondes, courageuses, ambitieuses qui permettront d’avoir une armée, une police, un service de renseignements apolitiques et professionnels», a-t-il dit, ajoutant que : «toutes les crises que nous connaissons, c’est parce que chacun veut contrôler les institutions pour se maintenir au pouvoir. Il nous faut une Cour constitutionnelle et une CENI apolitiques. Si nous avons des institutions apolitiques, neutres, professionnelles, chacun pourra prévaloir sa capacité de gouverner et ne pas compter sur une hypothétique fraude»

Pour le Prix Nobel de la Paix,  les crimes ne peuvent pas rester impunis étant donné que les criminels continuent à insécuriser l’Est du Congo, donc toute la République.

«Nous avons demandé au Chef de l’Etat de s’impliquer personnellement. Il doit être le porte-flambeau de cette lutte contre l’impunité en adressant une lettre demandant au Secrétaire Général des Nations Unies de s’adresser au conseil de sécurité pour la mise en œuvre d’un tribunal pénal international pour le Congo. Cette lutte contre l’impunité passera absolument par la mise en oeuvre des recommandations du rapport Mapping», a-t-il dit.

Le Dr Denis Mukwege a également demandé à nos dirigeants de rompre avec les antivaleurs qui caractérisent notre pays, notamment la corruption et le système de gouvernance qui avaient été installés.

«La coalition ne doit pas être une oasis où se cachent les criminels. Je ne suis pas juge, mais s’il y a des personnes au sein de la coalition qui ont commis des crimes, il faudra qu’ils répondent de ces crimes», a-t-il insisté.

La CENCO demande d’accorder la priorité au bien-être de la population

La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a exprimé la nécessité de tout mettre en oeuvre en vue d’assurer le bien-être de la population  lors des entretiens, lundi, dans le cadre des consultations, avec le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi, a déclaré Monseigneur Marcel Utembi Tapa, archevêque de Kisangani et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

«Nous avons eu un entretien franc, cordial. Cela a tourné autour des préoccupations que le Président de la République a formulées lors de son discours du 23 octobre dernier. Tout s’est passé dans une atmosphère cordiale, conviviale et franche. C’était un entretien entre responsables (…). L’Eglise a toujours été  aux côtés de tout ce qui concourt au bien-être de l’homme», a dit Mgr Marcel Utembi Tapa,

Les évêques qui se sont dit satisfaits de ces échanges, ont  insisté sur les points importants notamment, les principes qui doivent être préservés, à tout prix ,et être pris en compte dans la recherche d’une solution politique appropriée : le primat du bien-être de la population sur toute autre considération politique, le respect de la constitution, la sécurité nationale, l’intégrité territoriale, la stabilité de l’Etat et de ses institutions, la paix sociale, l’Etat de droit et la démocratie .

«Quand à la résolution de la crise proprement dite, nous avons  proposé deux pistes: l’axe politique qui porte sur l’évaluation de la coalition et l’axe électoral qui appelle les réformes nécessaires en vue de redonner à notre peuple la confiance pour avoir des institutions fortes de légitimité  pouvant rapidement booster le décollage d’un véritable Etat de droit», a dit l’épiscopat.

Selon Mgr Marcel Utembi, un  mémo contenant toutes leurs analyses et réflexions ont été remis au Président de la République.

Le peuple attend un changement, selon le Cardinal Fridolin Ambongo

Le Cardinal Fridolin Ambongo qui a été reçu  en tant que personnalité, dans le cadre des consultations entamées depuis une semaine, a souhaité que ces consultations puissent apporter un changement dans la vie du peuple congolais qui « attend beaucoup ».

«J’ai rapporté au Président la situation dramatique dans laquelle vit le peuple congolais actuellement. Le peuple attend beaucoup de ces consultations. Le peuple ne veut pas que ces consultations soient une énième consultation et que sa situation continue à se dégrader. On attend beaucoup de ces consultations et il faudra qu’à l’issue de ces consultations, la vie du peuple congolais change », a déclaré le Cardinal Fridolin Ambongo.

Au sujet de la coalition, il a expliqué qu’il revient au Président de la République de donner une position.

«Nous ne pouvons pas dire aujourd’hui ce que le Président va faire de tous les fruits de ces consultations, mais nous pensons qu’il faut qu’il y ait un changement. La situation actuelle a démontré des limites. Le peuple n’est plus au cœur de souci de ceux qui nous gouvernent. Et, quand on est devant une situation pareille, il faut que quelque chose change, et le peuple attend ce changement. Quelle sera la nature de ce changement ? Nous laissons ça à la discrétion du Chef de l’Etat», a indiqué le Cardinal.

Les sénateurs CACH et alliés expriment la nécessité de dégager une nouvelle majorité

Les sénateurs CACH et alliés ont exprimé la nécessité de dégager une nouvelle majorité pour accompagner dans sa vision, le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Pour ces élus  se réclamant du Président de la République et conduits par le 1er vice-président du bureau du Sénat,  Samy Badibanga, la détermination d’une nouvelle majorité est nécessaire.

«Nos échanges ont tourné sur ce soutien que  nous devons lui apporter dans la recherche de l’Union sacrée de la nation. Il y a beaucoup d’autres sénateurs qui ne sont pas de CACH  qui se sont joints à nous. Il s’agit ici d’apporter notre soutien au Chef de l’Etat parce que l’annonce qu’il a faite est salvatrice pour la nation. Il est important qu’une nouvelle majorité puisse se dégager pour l’accompagner dans sa vision qui est centrée sur le slogan le peuple d’abord. C’est possible, il y a beaucoup d’élus qui sont tout à fait d’accord avec le Président de la République », a déclaré le sénateur Célestin Vunabandi.

Ces sénateurs ont également déclaré  que l’annonce des consultations présidentielles,  faite le 23 octobre dernier par le Chef de l’Etat est salutaire pour la Nation.

Franck Diongo propose la formalisation de la rupture de la coalition FCC-CACH

Le président du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP) et ancien député national Franck Diongo a proposé au Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de formaliser la rupture de la coalition Front Commun pour le Congo (FCC)- Cap pour le Changement (CACH), lors des échanges qu’il a eus lundi, dans le cadre des consultations.

Franck Diongo qui l’a indiqué à l’issue des entretiens, a fait savoir que lorsque la rupture est formalisée, le gouvernement est démissionnaire.

Il a soutenu que sur le plan du droit administratif, le Président de la République a le pouvoir de suspendre le Premier ministre mais que cette suspension ne peut pas dépasser 3 mois.

Il a aussi signalé qu’il a proposé au Chef de l’Etat,  le changement du bureau de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) à défaut de la dissolution du Parlement.

Le MLP, a souligné Franck Diongo, a remis un mémorandum au Chef de l’État, qui constitue,  selon lui, un acte d’engagement et d’adhésion à la création de l’Union sacrée de la Nation.

«Celle-ci permettra d’avoir de nouvelles institutions pour que le pays décolle», a affirmé ce parti.

La création de l’Union sacrée de la Nation est  » un schéma libérateur», soutient Jean- Bertrand Ewanga

Jean- Bertrand Ewanga, président du parti politique Front citoyen pour la République, qui est membre des forces politiques alliés de l’UDPS,  a déclaré à l’issue d’une entrevue  lundi, avec le Chef de l’Etat , Félix Antoine Tshisekedi  Tshilombo, que la création de l’Union sacrée de la Nation est  «  un schéma libérateur».

Pour Jean- Bertrand Ewanga, qui  parlait au nom des Alliés de l’UDPS,   tous les criminels économiques et des droits de l’homme doivent aller en prison. «Ce n’est pas une vengeance mais une question de logique»,  a-t-il souligné.

Mokonda Bonza appelle à la rupture avec l’ancien système

Le président du parti politique Convention des démocrates chrétiens, Mokonda Bonza, qui a échangé avec le Chef de l’État en qualité de personnalité politique et de représentant du groupe des partis politiques qui n’avaient pas pris part  aux élections de 2018, a fait savoir qu’il a proposé au Président de la République de rompre avec l’ancien système. « Un système des prédateurs et de corruption qui veut prendre le peuple en otage», a-t-il ajouté.

Pour ce dignitaire de Haut Uele, un accord ne peut pas être au dessus de la Constitution. «C’est donc cet accord qui est à la base de tous les blocages que nous connaissons et qui fait que les institutions ne puissent pas fonctionner», a-t-il martelé. ACP/Fng/ODM/May