Matinée politique au Show Buzz : L’AAB explique la crise FCC-CACH

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Kinshasa, 14 novembre 2020(ACP).- Action Alternative pour le Bien-être et changement (AAB), une plateforme du Front Commun pour le Congo (FCC), a animé une matinée politique vendredi 12 novembre 2020 en la salle de cinéma du Show Buzz à Kinshasa.

Le regroupement qui compte 16 partis politiques répartis sur l’étendue du territoire de la RDC, aligne 27 députés et 8 sénateurs, auxquels s’ajoutent 25 élus provinciaux, a fait salle comble malgré les trombes d’eau tombées sur Kinshasa depuis les petites heures du jour.

L’objectif de la rencontre à laquelle ont pris part les chefs des partis politiques membres de l’ABB, députés et sénateurs, membres du gouvernement issus de la plateforme ainsi que les cadres et militants, a été d’expliquer la crise au sommet de l’Etat qui secoue la RDC.

Dans la salle de cinéma du Show Buzz, vendredi en début d’après-midi, l’honorable Richard Ndambu Wolang a procédé à la présentation des différentes personnalités de l’AAB, avant de passer la parole au professeur Kodjo Ndukuma (PPRD), invité expressément pour expliquer la genèse et l’évolution de la crise qui empoisonne les relations entre le FCC et le CACH.

Ce fut fait sous la forme de réponses à trois questions : d’où venons-nous ; où en sommes-nous ; et où allons-nous ?

En réponse à la question « d’où venons-nous ? », Kodjo Ndukuma a brossé la genèse de la coalition au pouvoir en RDC, en partant des résultats des élections de 2018, qui ont consacré la victoire à la présidentielle d’un acteur politique de l’opposition CACH tout en accordant majorité parlementaire de près de 88 % au FCC.

Une cohabitation gouvernementale FCC-CACH s’imposait selon ces résultats. Elle a été contournée par la signature d’un accord politique entre le Président de la République sortant et le Président de la République entrant. Les autorités morales des deux plateformes politiques ont convenu d’une coalition gouvernementale mieux adaptée à la situation politique particulière du pays, selon le professeur Kodjo.

S’agissant de la crise FCC-CACH, Kodjo Ndukuma a expliqué qu’elle remonte aux tentatives de retardement de l’installation du bureau du Sénat, au motif qu’un parti politique membre du CACH se retrouvait sans sénateur élu malgré la présence de députés provinciaux issus de ses rangs parmi les électeurs.

Elle s’est poursuivie avec la gestion des affaires courantes par l’administration de la présidence en lieu et place du Premier ministre et du gouvernement sortants, en attendant la remise et reprise avec la nouvelle équipe gouvernementale.

La nomination par le Président de la République des animateurs d’entreprises minières sans en discuter au préalable avec le partenaire de la coalition est présentée comme le troisième incident fâcheux entre les coalisés, tandis que les ordonnances nommant 3 nouveaux juges à la Cour Constitutionnelle furent la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, selon cet entendement.

Devant les personnalités, cadres et militants de cette plateforme qui se présente comme la deuxième force politique du FCC, l’orateur du jour a stigmatisé ce qu’il a qualifié de « tentative de présidentialisation du régime politique de la RDC », contrairement aux prescrits de la Constitution qui prônent un régime parlementaire rationalisé.

ACP/Zng/CL/MPK