Menace d’une escalade des violences interethniques au Tigré en Ethiopie

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Kinshasa, 14 novembre 2020 (ACP).- La menace d’une escalade des violences interethniques au Tigré, une province du  nord de l’Ethiopie, se fait de plus en plus remarquer en regard de toutes ces escalades qui s’y déroulent voici bientôt onze jours, craignent les médias internationaux qui se sont ainsi exprimés à travers leurs différentes réflexions  parues.

En effet, de nombreux observateurs craignent l’éclatement d’une guerre de grande ampleur qui, affirment-ils,  se déroule dans le silence et loin des regards depuis la coupure complète des télécommunications.

Après le massacre de Mai-Kadra en début de semaine attribué aux soldats tigréens, les réfugiés passés au Soudan ont eux aussi fait part d’atrocités, d’exactions, de violences interethniques ainsi que des civils tombés sous les bombardements des forces gouvernementales.

Pour sa part, l’ONU s’alarme par la voix de sa Haute‑Commissaire aux droits de l’homme Michelle Bachelet, qui parle d’éventuels crimes de guerre. Elle a réitéré son appel au cessez-le-feu, tout comme Tibor Nagy le secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires africaines. Les combats continuent pourtant dans le Nord. Le ministre des Affaires étrangères, Demeke Mekonnen estime même que la victoire sera très rapide.

Avec ces massacres, les observateurs craignent une escalade des tensions interethniques. Dans un de ses rapports, le Programme alimentaire mondial indique que la police éthiopienne lui a demandé de présenter une liste de ses employés d’origine tigréenne. Faux, selon le gouvernement, qui assure avoir voulu arrêté des agents du TPLF infiltrés dans les organisations internationales. Les contrôles d’identité sont aussi très poussés à l’aéroport d’Addis Abeba.

Plusieurs sources font état de vérifications sur une base  ethnique qui ont déjà débouché sur un refus de sortie du territoire pour plusieurs individus.

L’Union africaine aurait limogé son chef de la sécurité  mercredi sur demande du gouvernement éthiopien. Le général tigréen serait, dit-on, déloyale au gouvernement. La requête aurait été acceptée par l’UA en 24h.

L’exode de civils éthiopiens vers le Soudan ne se tarit pas

Pendant ce temps, nos sources ajoutent que depuis deux jours, les combats dans la région du Tigré ne sont plus audibles du côté soudanais. Mais les réfugiés continuent d’affluer chaque jour à la frontière.

En moins d’une semaine, ils sont environ 15 000 à l’avoir franchi. L’agence de l’ONU indique plus loin que selon les réfugiés, près de la moitié sont des enfants. Dans l’urgence, des ONG ont installé quelques tentes. Mais beaucoup dorment dans des abris de fortune ou à même le sol.

Les autorités soudanaises qui ne souhaitent pas la présence si près de la frontière de ces réfugier éthiopiens ont pris la décision de leur transfert à 70 kilomètres de là, au sud, dans le camp d’Um Rakuba.

Le Croissant-Rouge soudanais est à pied d’œuvre pour préparer le terrain. L’ONU a proposé d’affréter des avions pour leur transport,   mais le trajet prendrait une dizaine d’heures sur des routes cahoteuses.

Côté éthiopien, le Premier ministre Abiy Ahmed a assuré avoir repris le contrôle de la zone frontalière et a appelé les réfugiés à rentrer au pays. Mais cet appel n’a pas suffi pour arrêter l’exode d’une partie de la population éthiopienne vers le Soudan qui craint de devoir accueillir jusqu’à 200 000 réfugiés, dans les prochaines  semaines. ACP/Zng/CL/MPK