Se faire tatouer, un risque pour la santé de la peau

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Kinshasa, 16 novembre 2020 (ACP).- Se faire tatouer constitue un risque pour la santé de la peau, étant donné que certaines encres utilisés contiennent des pigments industriels dangereux potentiellement toxiques pouvant causer des allergies, a indiqué lundi à Kinshasa, au cours d’un entretien avec l’ACP, le Dr. Clément Masiala, dermatologue au Centre Hospitalier «Victoria».

Le Dr. Masiala a soutenu que parmi la centaine de colorants répertoriés dans les encres de tatouage, on ne trouve pas moins de 126 structures chimiques différentes qui n’ont été jamais destinées à un usage humain. Ces pigments industriels ont, en effet, été conçus pour la teinture des tissus, des plastiques, des encres d’imprimantes, voire des peintures automobiles.

Selon lui, la plupart de ces pigments sont connus depuis longtemps pour leurs propriétés hautement toxiques quand ils sont inhalés, ingérés ou introduits dans l’organisme. Le tatouage permet aux fines poudres industrielles colorées, à la fois, de s’infiltrer dans le sang à travers le derme et de provoquer des réactions chimiques sur toute la surface de l’épiderme.

Outre des allergies, a-t-il ajouté, on observe en effet des inflammations chroniques, voire une photosensibilité induite, en particulier avec les encres rouges, bleues, vertes et violettes. Ces encres sont considérées comme étant les plus toxiques du fait de la présence de sulfure de mercure dans leur composition. Ce sont aussi celles qui résistent le plus au laser détatoueur que la simple encre noire. Même si le noir n’est pas facile à effacer quand il est trop profondément incrusté. Les pigments de tatouage peuvent migrer sous forme de nanoparticules dans les ganglions lymphatiques. De même, le dioxyde de titane, qui sert de base à certaines couleurs, présente le risque d’effets indésirables potentiellement graves. Il pourrait même s’avérer cancérigène, a-t-il averti.

Les personnes ayant un faible système immunitaire sont plus exposées à une infection systémique

Par ailleurs, le Dr. Masiala a souligné que comme se faire tatouer est de plus en plus populaire en RDC, les personnes ayant un système immunitaire faible devraient être conscientes des risques potentiels que le tatouage peut les exposer. Ce type d’art corporel décoratif peut amener à diverses complications allant d’une légère irritation cutanée à une infection systémique.

Le tatouage peut entraîner la myopathie inflammatoire, également connue sous le nom d’inflammation musculaire chronique, dont les effets peuvent avoir été aggravés par un système immunitaire affaibli. La pathologie est souvent accompagnée d’une faiblesse musculaire, de douleurs et elle peut survenir spontanément, a-t-il précisé.

Le tatouage, un danger pour les sportifs

Le Dr. Masiala a fait savoir, en outre, que  des études récentes ont démontré que les tatouages s’avèrent dangereux pour la santé des sportifs en période de compétition. Ces derniers doivent attendre au moins les vacances. Etant donné que pendant qu’on se fait tatouer, les articulations et les muscles se retrouvent fragilisés le temps de la cicatrisation car la première barrière de défenses immunitaires est franchie et que la partie traitée peut s’enflammer. Les risques de blessures sont alors plus importants. «Dans le sens où l’on fait de micro plaies, on déconseille le sport pendant trois semaines après le tatouage, car la transpiration crée de l’humidité. Ce qui empêche une bonne cicatrisation», a-t-il enchéri.

Mais au-delà des précautions à prendre après, le simple fait d’être tatoué pourrait être dangereux pour la santé des sportifs de haut niveau. Les tatouages empêchent les toxines de s’évacuer par la transpiration, a-t-il noté. L’encre appliquée sous la peau au niveau des glandes sudoripares, bloque le processus de sudation à l’endroit où elle est appliquée. La régulation naturelle de la température du corps en serait par conséquent impactée. Ce qui empêcherait la sueur de s’évacuer correctement, a-t-il conclu. ACP/Kayu/ODM/Nig/ MNI