BrouPrésidentielle en Ouganda : l’opposant Bobi Wine inculpé mais relâché sous cautionillon auto

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Kinshasa , 21 novembre 2020 (ACP) – Le principal adversaire du président Yoweri Museveni à la présidentielle en Ouganda Bobi Wine, arrêté il y a deux jours pour avoir enfreint les règles sanitaires lors d’un rassemblement électoral, a été inculpé vendredi 20 novembre d’actes susceptibles de propager une maladie infectieuse  et infractions aux règles sur le Covid-19, avant d’être ensuite relâché,   ont rapporté samedi les médias locaux.

Bobi Wine s’est dit plus que jamais déterminé à poursuivre son combat. « Je suis ici parce que je me propose de diriger les Ougandais pour mettre fin à 35 ans de dictature. Je veux profiter de cette occasion pour rappeler à Monsieur Museveni que ce n’est pas son fauteuil. Ce siège appartient aux Ougandais et très vite ils vont le réclamer. Nous ne sommes par abattus par la prison ou par la torture. Nous sommes de plus en plus forts, » indiquent les sources

Il a été accusé d’avoir enfreint les mesures anti-Covid-19 pour avoir réuni plus de 200 personnes lors d’un de ses rassemblements le 18 novembre. Ses avocats accusent le régime d’utiliser les mesures anti-Covid-19 pour l’empêcher de faire campagne. Plusieurs candidats de l’opposition ont par ailleurs suspendu leur campagne en guise de protestation.

L’opposant devra pointer toutes les deux semaines au tribunal jusqu’à son procès prévu le 18 décembre. Selon l’un de ses avocats, il est autorisé à mener campagne à condition de respecter les règles sanitaires. Mais le général Elly Tumwine, ministre de la Sécurité, a prévenu hier qu’il ne tolèrerait aucun débordement.

« Ceux qui pensent qu’il peuvent créer des perturbations, même s’ils nous prennent par surprise comme cela s’est passé le 18, nous les remettrons à leur place. Le message est clair, ceux qui entendent perturber la paix et la stabilité, le feront à leur propre risque et ils ne réussiront pas. »

L’arrestation de Bobi Wine avait déclenché la colère de ses partisans qui sont descendus dans les rues. Selon le dernier bilan de la police, 37 personnes sont mortes et environ 45 ont été blessées. La presse, elle, parle d’une quarantaine de victimes et le bilan ne cesse de grimper. Les forces de sécurité sont accusés d’avoir fait un usage excessif de la force pour disperser les manifestants et d’avoir tiré à balles réelles dans la foule.

« Les policiers tiraient de partout au hasard, raconte une femme dont le magasin se situe dans le centre-ville de Kampala. Chaque fois qu’ils voyaient un groupe de gens, ils tiraient. Ils ont lancé des gaz lacrymogènes devant nous alors qu’on était en voiture, bloqués dans les embouteillages. Ils nous criaient : « Partez ». Mais nous ne savions pas par où partir. Au volant, j’ai failli avoir un accident. Il y avait de la fumée devant moi, à côté de moi. C’était comme une guerre. »

 Vendredi 20 novembre, la situation était calme dans la capitale mais encore très tendue. Le centre de Kampala était totalement désert, les magasins fermés et les forces de sécurité déployées en nombre.   La libération de l’honorable Robert Kyagulanyi a redonné du souffle à la campagne présidentielle. Son incarcération avait démoralisé une partie des troupes sur le terrain. Maintenant qu’il est sorti de prison nous espérons que dès ce samedi, nous allons reprendre nos activités là où nous les avions laissées. ACP/CL/MPK