La mutation des entrepreneurs des secteurs formels vers l’informel attribuée à la multiplicité des taxes, selon un expert-comptable

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Kinshasa, 21 novembre 2020 (ACP)- La multiplicité des taxes imposées aux entrepreneurs  dans le secteur formel est à la base de la mutation des secteurs formel à l’informel,  a affirmé, mercredi un expert-comptable qui a requis  l’anonymat.

Cet expert-comptable a soutenu que la maximisation des recettes imposée aux régies financières a fait que les opérateurs économiques travaillent sous stress des agents recouvreurs. Ces derniers ne jurent que par le paiement des dus au Trésor public. Cette situation, souligne-t-il, n’est pas favorable aux pays à économie instable et en quête des ressources pour financer leurs différents projets de développement. Ces opérateurs économiques sont stigmatisées par le système instauré  par les administrations fiscales pour la perception des taxes lequel,  selon lui, est caractérisé par l’imposition d’une multiplicité des taxes aux opérateurs économiques.

« Je supervise le service de comptabilité d’une grande unité de production ; je vous assure que chaque jour qui passe ; l’entreprise reçoit au moins un percepteur des taxes. Ils viennent des services de l’administration fiscale de l’Etat Direction générale des impôts (DGI), Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK), Cadastre minier (CAMI), Direction générale des recettes administratives, domaniale et de participation (DGRAD), Office congolais de contrôle (OCC)  et des ministères notamment (Economie, environnement, hydrocarbures, mines, affaires foncières, transport, Hôtel de ville, commune, dont au total une vingtaine des services », a-t-il déclaré.

Il a relevé que malgré la sur-taxation, quelques entrepreneurs, qui font montre d’un civisme fiscal avéré, s’acquittent de leurs obligations fiscales régulièrement. D’autres par contre, agacés et asphyxiés, se livrent à la fraude fiscale avec la complicité des agents du fisc. Quelques-uns pour éviter des poursuites judiciaires, à cause des pénalités, préfèrent mettre la clef sous le paillasson ou embrasser des structures informelles, moins visibles, leur permettant d’évoluer librement et échapper ainsi aux tracasseries récurrentes des administrations fiscales,  a-t-il conclu. ACP/CL/MPK