Tabu Ley Rochereau : une source d’inspiration pour les artistes des deux rives en matière de chants féministes et patriotiques

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(R. Mazanza, R. Sumbula, A. Kayumba, S. Ngoy, R. Nkabu)

Kinshasa, 28 novembre 2020(ACP).- Le chanteur-compositeur, feu Pascal Emmanuel Tabu, dit  Tabu Ley Rochereau,  constitue une source d’inspiration pour les artistes-musiciens, écrivains et poètes de deux Congo, en matière de composition et d’interprétation des chansons liées à la femme et à la patrie, ont déclaré samedi, lors d’un entretien avec l’ACP, certains Kinois, à l’occasion du septième anniversaire de sa disparition, survenue le 28 novembre 2013.

 Pour eux, Tabu Ley Rochereau représente toute une école, une grande source d’inspiration, en raison de la  qualité de ses fresques mélodieuses  telles que « Mazé », « Sarah », « Nzalé », « Hortense », « Congo Avenir » et plusieurs autres dans l’énormité des œuvres  de cet artiste qui a su lier dans ses romances lyrisme, vertu et instruction.

Pascal Emmanuel Sinamoyi (du nom du village de ses parents), est né à Bagata, en RDC, le 13 novembre 1940, et est mort le 30 novembre 2013 à Bruxelles, en Belgique. Dès l’âge de 19 ans jusqu’à sa mort, Rochereau a marqué ses contemporains par l’art d’Orphée. La musique était sa vocation. Toute son identité en incarnait.

Certains de ses mélomanes qu’on compte généralement parmi ceux de la génération des années 1950 à 1980, affirment, que l’on enregistrait aucun raté dans tous ses chants. Pourtant, il en a composés et exécutés des milliers. Compté parmi les pionniers de la musique congolaise, Tabuley Rochereau fait ses débuts dans les chorales des écoles et de l’église. C’était presque l’unique voie d’initiation à la musique à cette époque, à l’orée des indépendances.

 Perfectionniste et super talentueux

 Perfectionniste et super talentueux, l’artiste est de la fibre des génies à l’exemple de Bob Marley, Michael Jackson, Elvis Presley, Julio Iglesias.

Au cours de sa carrière, l’artiste a évolué aux côtés d’autres éminents musiciens comme Grand Kallé qui l’a révélé au grand public, l’arrachant de la Fonction publique pour s’intéresser entièrement à la musique, contrairement à beaucoup de jeunes qui se lancent aujourd’hui dans cette activité par manque de débouchés professionnels ou pour substituer à l’échec scolaire.

En 1956, il prend part à une séance d’enregistrement avec le musicien Grand Kallé (Joseph Kabasele). Déclic. Adieu la carrière de fonctionnaire dans laquelle il avait commencé à s’engager. Place à la musique. Le Grand Kallé l’engage dans son groupe, l’African Jazz. Il compose ses premiers titres dont Kelya. Premiers succès. En 1963, il forme avec le guitariste Docteur Nico, le groupe African Fiesta qui plus tard se scinde en deux.

Tabuley est aussi ce précurseur qui, parmi les artistes de son pays, s’est aventuré en politique en créant un parti après son retour de l’exil en 1997. Elu député, il devint vice-gouverneur de Kinshasa, mais sans toutefois abandonné sa première passion.

Avec son orchestre l’Afrisa international, il s’impose comme une star de la rumba congolaise, devenant l’un de ses principaux ambassadeurs à travers le monde, grâce à des titres comme Pitié ou Seli-Ja.

Découvreur de talents, il a permis l’essor de nombreuses stars de la musique comme Mbilia Bel, Yondosister, Faya Tess.

Parmi les hauts-faits de sa carrière, TabuLey Rochereau, qui revendiquera la paternité de quelque 2000 titres en plus de quarante ans de carrière, peut se vanter d’avoir été le premier artiste africain à s’être produit à l’Olympia. C’était en 1970.

Carrière politique

Co-fondateur du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, il sera ministre, député et en 2005, vice-gouverneur de la ville de Kinshasa. En juillet 2008, peu de temps après avoir représenté la RDC (République Démocratique du Congo) au festival mondial de musique organisé à Varadero, à Cuba, il est victime d’un accident vasculaire cérébral. Une rumeur annonçant sa mort dans une clinique bruxelloise où il est soigné circule alors, suscitant une vive émotion sur le continent et parmi la diaspora congolaise. La fausse nouvelle est démentie par ses proches, avec à l’appui des images de l’artiste dans son lit, diffusées sur Internet.

La méga star de la rumba congolaise avait  tiré sa révérence, à l’âgede soixante-treize ansaprès avoir connuun accident cardiovasculaire (AVC). « Le Baobab de la rumba congolaise » a laissé derrière lui, plus de 3 000 chansons et avendu des milliers de disques.

Sinamoyi Pascal a été décoré à Kinshasa, par le chancelier des ordres nationaux, dedeux médailles d’or dont l’une de mérite civique et l’autre des arts, sciences et lettres, en signe de récompense pour ses nombreuses œuvres artistiques qui ont valorisé la culture congolaise à travers le monde.

ACP/CL/MPK