Cameroun: les bureaux de votes ont fermé, un mort dans les régions anglophones

0
407

Kinshasa, 07 décembre 2020 (ACP).- Près de 25 000 grands électeurs étaient appelés à voter dimanche au Cameroun pour élire 90 conseillers régionaux, dans chacune des régions anglophones, ont annoncé lundi les médias locaux, ajoutant que cette opération a causé la mort d’une personne.

Cependant, les sources indiquent avoir constaté une pratique inadmissible du parti au pouvoir, le RDPC, se déclarant sans surprise avoir rempoté tous les votes après le dépouillement dans l’un des bureaux de vote, sauf deux qui sont allés au FCP, le parti d’opposition qui s’était présenté dans la région Centre à Yaoundé.

Le président du FCP Denis Atangana a dénoncé les méthodes du parti au pouvoir qui a fait acheminer les électeurs par bus pour aller voter. Une pratique décriée dans un scrutin censé être libre et démocratique.

Globalement, la participation atteint un record avec près de 90% du corps électoral constitué d’environ 25.000 grands électeurs. Le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji s’est félicité dimanche soir d’un presque sans-faute.

Le ministre de l’administration territoriale peut dire avec certitude que l’élection des conseillers régionaux s’est déroulée dans la sérénité, le calme et la tranquillité. Aucun incident pouvant porter atteinte à la crédibilité du scrutin ou à la sincérité des résultats attendus des urnes n’est à relever.

Pourtant ces élections n’ont pas vraiment permis de tirer un trait sur les crises multiformes que traverse le Cameroun. D’abord les principales formations politiques de l’opposition ont boycotté ce scrutin. Il en est ainsi du SDF de Ni John Fru Ndi dont l’ancrage territoriale se trouve dans la partie anglophone du pays, mais aussi du MRC du très remuant Maurice Kamto, hors de toutes compétitions électorales depuis le boycott des municipales et législatives de février.

Le RDPC au pouvoir en toute logique devrait ainsi faire une razzia dans les tout premiers conseils régionaux attendus. Le parti renforcerait sa domination sur la quasi-totalité des institutions du pays. Une configuration pourtant loin de refléter la diversité ethnique et sociopolitique au Cameroun, soutiennent de nombreux observateurs. D’autres se réjouissent du fait que le contenu du «statut spécial» accordé aux régions anglophones en crise va pouvoir être apprécié.

C’est d’ailleurs dans l’une des régions anglophones qu’un conseiller municipal a été abattu après être allé voter, selon le coordinateur de l’ONG Cereda qui a déployé des observateurs dans tout le pays. Aucun responsable n’a été identifié pour l’instant mais les indépendantistes avaient menacé de représailles ceux qui s’impliqueraient dans le scrutin.

Ailleurs, dans ces deux régions en crise, le vote semble s’être déroulé sans incident avec une forte présence des forces de sécurité, d’après les premières remontées de terrain. ACP/Kayu/Nig/NKV/MNI