La 1ère édition du rapport de la balance des paiements et de la position extérieure globale 2016-2018

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Kinshasa, 08 décembre 2020(ACP).La Banque centrale du Congo (BCC) a présenté, lundi à Kinshasa, sa première édition de son « Rapport de la balance des paiements et de la position extérieure globale 2016-2018 », au cours d’une cérémonie de baptême sur fonts baptismaux.

La balance des paiements est un outil de premier plan de l’analyse économique qui sera désormais produit régulièrement à l’instar du rapport sur la politique monétaire, a indiqué le gouverneur de la BCC, Deo Gracias Mutombo.

 « Le rapport de la balance des paiements et de la position extérieure globale est un état statistique où sont systématiquement résumés, pour une année donnée, les transactions d’un pays avec le reste du monde », a-t-il déclaré, ajoutant que ce document fournit des indications indispensables pour évaluer la santé du secteur extérieur d’une économie, considérée comme l’un des moteurs de la performance économique.

M. Mutombo qui a assisté à la cérémonie de vernissage de cet ouvrage, loue les efforts fournis par l’institut d’émission pour parvenir à la publication de ce document, a précisé que le présent rapport est loin d’être le fruit d’une génération spontanée, mais plutôt un aboutissement des efforts inlassables entrepris par la BCC depuis quelques années, en collaboration avec les institutions partenaires, en vue d’améliorer la qualité des données de la Balance des paiements de la République Démocratique du Congo et de rattraper le retard que le pays accusait dans ce domaine.

Il a fait savoir que les avancées enregistrées en la matière  ont conduit le Fonds Monétaire International (FMI) à autoriser, à nouveau, depuis l’année 2017, la publication de la Balance des paiements de la RDC sur sa plateforme de diffusion dédiée.

Selon le gouverneur de la BCC,  le présent rapport est constitué de deux réalisations majeures à l’actif, à savoir : l’instauration des enquêtes annuelles de la Balance des paiements et de la position extérieure globale depuis l’année 2011.

L’Institut d’émission, a dit M. Mutombo,  s’est donné les moyens opérationnels de confronter les données provisoires à sa disposition à celles collectées sur le terrain, afin de renforcer la fiabilité.

Il a soutenu que la Banque a développé le Système intégré de déclaration des dépenses et des recettes (ISYS-DDR). Partant de ces dispositifs, la BCC a amélioré la couverture des données bancaires intéressant les statistiques extérieures.

Concernant la position extérieure globale nette (PEGN) représentant le patrimoine financier net du pays vis-à-vis de l’extérieur, la banque renseigne que l’économie congolaise a enregistré une accumulation des engagements extérieurs au cours de la période concernée.

Le gouverneur a révélé, d’autre part, que l’Institut d’émission avait bénéficié de la coopération du Japon et du Fonds monétaire international.

Ce rapport note que la conjoncture économique de la RDC avait été caractérisée par une forte dégradation de l’activité en 2016, avec un taux de croissance de 2,4 %, en chute drastique après plusieurs années de croissances robustes. Par la suite, le taux de croissance économique avait progressé en 2017 de 3,7 %  à 5,8 % en 2018, sur fond du dynamisme du secteur minier.

Les statistiques du rapport indiquent aussi qu’entre 2016 et 2017, le cadre macroéconomique de la RDC s’était sensiblement détérioré à la suite des effets néfastes du choc extérieur lié à la baisse des cours mondiaux de principaux produits miniers exportés par la RDC.

C’est dans cet optique  que l’amélioration de la coordination des politiques monétaire et budgétaire, en riposte à cette crise, avait permis le retour à la stabilité macroéconomique en 2018, avec une désinflation remarquable qui avait ramené le taux d’inflation de 5,47 % en 2017 à 7,2 % en 2018.

S’agissant particulièrement de la Balance des paiements, il avait été globalement dégagé un besoin de financement au cours de la période 2016-2018, résultant principalement de l’évolution déficitaire du compte des transactions courantes.

Quant à la position extérieure globale nette (PEGN), représentant le patrimoine financier net du pays vis-à-vis de l’extérieur, elle renseigne que l’économie congolaise a enregistré une accumulation des engagements extérieurs au cours de la période concernée.

La vice-Première ministre, ministre du Plan, Elysée Munembwe qui a porté cette publication sur les fonts baptismaux, a  fait noter que ce rapport a été dicté par le devoir de transparence qui incombe à la BCC, en contrepartie de l’indépendance lui conférée par le législateur.

Ce Rapport de la balance des paiements et de la position extérieure globale vient combler le vide qui a longtemps persisté en matière des statistiques ainsi que des analyses sur les transactions et la position extérieures de la République Démocratique du Congo.

Sa parution traduit la volonté indéfectible de la Banque centrale du Congo de se hisser au niveau des standards internationaux de la profession en matière de publications.

Pour rappel, l’élaboration de la balance des paiements et de la position extérieure globale en République Démocratique du Congo est une attribution légale, conférée à la BCC en collaboration avec le ministère des Finances, en vertu de la loi organique n°18/027 du 13 décembre 2018 en son article 29.

BCC : accroissements successifs de 11,3 millions en 2017  et 168,2 millions

Le directeur général de la BCC en charge de politique monétaire et opérations bancaires, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, a indiqué, dans la présentation du rapport de la balance des paiements et la position extérieure globale en République Démocratique du Congo, que les avoirs extérieurs nets de la Banque centrale du Congo (BCC) sont situés à -188,1 millions USD en 2018 contre -356,3 millions USD en 2017 et -367,6 millions USD en 2016, soit des accroissements de 11,3 millions en 2017 USD et 168, 2 millions en 2018.

Les avoirs extérieurs bruts se sont situés à 657,1 millions USD en 2018 contre 600,7 millions USD en 2018. Ces statistiques de l’institut d’émission traduisent   une amélioration, une année auparavant, de la position créditrice de la République démocratique du Congo en compte des disponibilités extérieures de la Banque centrale du Congo.

De ce fait, des engagements extérieurs bruts de l’institut d’émission ont connu une baisse de 111,8 millions USD en 2018, essentiellement localisée au niveau des ressources du Fonds monétaire international (FMI), lesquels ont chuté de 114,2 millions USD. ACP/ ZNG/Cfm