Centrafrique : début des élections présidentielle et législative

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Kinshasa, 27 décembre 2020 (ACP).- Les Centrafricains ont voté, dimanche, un nouveau président de la République et les députés de l’Assemblée nationale, sous la protection des forces gouvernementales et les casques bleus qui assurent la sécurisation du scrutin, ont rapporté les médias locaux.

Selon ces mêmes sources, à Bangui, plusieurs bureaux de vote ont ouvert avec un léger retard car le matériel électoral n’était pas prêt à l’heure prévue. Dans certaines villes provinciales, comme à Bangassou (sud-est) et Sibut (centre), les électeurs ont fait la queue devant les urnes.

Après le retrait d’un candidat de l’opposition, seize candidats sont en lice pour la présidentielle, dont le président sortant Faustin-Archange Touadéra, considéré comme le grand favori, et son principal concurrent, l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé.

Ces élections présidentielle et législative adoptent un scrutin à deux tours. Conformément au calendrier électoral, la publication des résultats provisoires du premier tour est attendue le 8 janvier 2021.

La CEEAC approuve la tenue du scrutin en Centrafrique et appelle les rebelles au retrait

Pendant ce temps, les chefs d’États d’Afrique centrale se sont réunis, samedi 26 décembre, par vidéoconférence, à la veille du scrutin présidentiel pour appeler les électeurs à «se rendre massivement aux urnes», ont rapporté les mêmes sources.

Dans son communiqué final, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), réunie à l’initiative du Congo-Brazzaville, a également condamné «avec la dernière énergie» la mort de trois soldats burundais de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), jeudi à Dékoa.

C’est un soutien sans équivoque à l’élection présidentielle centrafricaine, malgré les circonstances, qu’ont exprimé les présidents de la CEEAC. Un «médiateur permanent» est malgré tout nommé pour suivre la crise, et un appel a été lancé pour «la fin des combats» et «le retrait des rebelles de toutes les lignes de front». Au lendemain du scrutin, les chefs d’États veulent également organiser «un dialogue politique inclusif», mais sans indiquer d’objectif plus précis.

Ils demandent que justice soit rendue pour les trois soldats burundais de la Minusca tués dans les combats à Dékia et appellent « les États membres qui en ont les capacités à exprimer leur solidarité envers la Centrafrique, y compris par l’envoi de troupes armées » pour « l’aider à recouvrer l’intégrité de son territoire ».

Étaient présents lors de cette conférence : d’abord le président angolais de la Commission de la CEEAC, Gilberto da Piedade Verissimo, et le président centrafricain sortant, Faustin-Archange Touadéra bien sûr, qui a ouvert les débats. À ses côtés, figuraient les présidents du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, de la RDC, Félix Tshisekedi, du Burundi, Évariste Ndayishimiye, et de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Cinq chefs d’États en personne donc, plus les représentants des six autres membres de la CEEAC : l’Angola, le Cameroun, le Rwanda, le Tchad, le Gabon et Sao Tomé-et-Principe.

L’UA contre toute entrave au bon déroulement des élections en RCA

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) a exhorté tous les groupes armés et acteurs politiques de la République centrafricaine (RCA) à s’abstenir de toute action susceptible d’entraver le bon fonctionnement du processus électoral, indiquent les sources, citant un communiqué publié vendredi à Addis Abeba, en Ethiopie.

Le Conseil a également appelé les parties prenantes à s’abstenir de toute action ou attitude susceptible d’entraver le travail des agents de l’Autorité nationale électorale (ANE), ainsi que de toute mesure visant à entraver la libre circulation de la population et des candidats pendant le scrutin. Il a également prévenu que quiconque se livrerait à de telles pratiques serait personnellement tenu responsable, et deviendrait passible de poursuites judiciaires et politiques.

La RCA organisera les élections présidentielle et législative le 27 décembre, en vertu d’un accord de paix signé en février 2019 entre le gouvernement – qui ne contrôle qu’un cinquième du territoire du pays – et 14 groupes armés.

Le pays est gangrené par la violence depuis que les rebelles de la Séléka, une coalition à majorité musulmane, ont évincé en 2013 le président de l’époque, François Bozizé, provoquant des représailles de la part des milices chrétiennes.

Le Conseil de paix et de sécurité a exprimé sa profonde inquiétude face à l’escalade de la violence dans le pays et à la collusion entre certains groupes armés et certains dirigeants politiques, qui ont entraîné de nombreuses morts et ont apporté davantage de misère et de désolation à la population.

Le Conseil a félicité la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) pour ses efforts et son soutien continu dans divers domaines à la RCA et à ses institutions, notamment en protégeant les civils, en apportant une assistance technique au processus électoral, et en aidant les forces de défense et de sécurité à sécuriser le pays.

Il a appelé tous les pays voisins de continuer à contribuer à la stabilisation du pays et à la facilitation du processus électoral, avant d’encourager, en outre  la population de RCA, les parties signataires et non signataires, les acteurs politiques, la société civile et les associations de femmes et de jeunes à continuer à soutenir la mise en œuvre de l’accord de paix (APPR-RCA), qui reste la seule solution crédible pour rétablir une paix durable dans le pays au-delà du processus électoral.      

Le SG de l’ONU pour des élections pacifiques et crédibles en RCA

Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres,  avait appelé samedi à des élections générales pacifiques, inclusives et crédibles dimanche en République centrafricaine (RCA), a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric, cité dimanche par ces sources.

A cette fin, a ajouté le porte-parole dans un communiqué, M. Guterres a invité tous les acteurs à s’abstenir de toute action, et notamment la violence, les discours de haine et l’incitation à la violence, susceptible de menacer des vies humaines et de saper le processus électoral et la stabilité nationale.

Le secrétaire général a par ailleurs fermement condamné les attaques contre les civils, les humanitaires, les autorités de l’Etat et les soldats de la paix, ainsi que les candidats, exhortant les autorités nationales à garantir la responsabilité pour éviter des violences liées aux élections.

M. Guterres a également demandé aux parties signataires de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation à respecter strictement leurs engagements et à répondre à leurs préoccupations par des moyens pacifiques. Il a aussi appelé tous les partis politiques concernés et leurs partisans à résoudre leurs différends de manière pacifique, notamment par le dialogue et des mécanismes institutionnels appropriés, conformément aux lois nationales, a encore noté M. Dujarric.

Il a réitéré le soutien et la solidarité continus des Nations unies au peuple centrafricain, en coordination avec les acteurs nationaux, régionaux et internationaux, alors qu’ils s’efforcent de consolider la paix et la démocratie. ACP/CL/May