Les flux financiers illicites dans le secteur minier congolais au centre d’un atelier à Lubumbashi

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Lubumbashi, 30 Déc. 2020 (ACP).- « La justice congolaise à l’épreuve des crimes économiques et flux financiers illicites dans le secteur minier congolais » a été au centre d’un atelier d’un jour tenu mardi dans la salle de Kalubwe Lodge à Lubumbashi.

Cet atelier a été organisé par l’Observatoire d’Etudes et d’appui à la responsabilité sociale et environnementale OEARSE, en partenariat avec African Ressources Wacth AFRIWATCH et le Réseau Ressources Naturelles du Katanga RRN, dans le cadre du plaidoyer de la campagne Le Congo n’est pas à vendre.

L’objectif est de mettre ensemble les organisations non gouvernementales du secteur extractif et du secteur de la justice avec des magistrats, avocats, membres des services étatiques pour réfléchir sur les meilleures stratégies pouvant permettre de combattre la corruption dans le secteur minier congolais.

Les discussions et les échanges de ces travaux vont aboutir, selon le responsable d’OEARSE M. Freddy Kasongo, à créer une synergie entre les acteurs en vue de faciliter le partage d’informations entre les acteurs du secteur extractif et ceux qui ont le pouvoir répressif.

Cette synergie va mener les magistrats et avocats et représentants des services étatiques à être actifs pour que le travail fait et documenté par les organisations de la société civile sur des cas de corruption dans le secteur minier ouvre à des enquêtes sur les questions des crimes économiques et flux financiers illicites en interrogeant les conclusions des rapports de la société civile.

Au cours des discussions, les participants ont relevé que les crimes économiques sont commis dans le secteur extractif à travers des pratiques de corruption entre les entreprises privées et celles du portefeuille, ne profitant pas ainsi à la population congolaise. Ils ont également indiqué que beaucoup d’opérateurs mafieux investissant dans le secteur de l’immobilier, ont comme source de revenus le secteur extractif.

La campagne Le Congo n’est pas à vendre, vise à construire des ponts entre ces différents acteurs pour combattre efficacement la corruption dans le secteur extractif afin que l’exploitation des ressources de la RDC profite aux congolais.

Nécessité de renforcement des capacités des magistrats sur les crimes économiques

Les participants à cet atelier ont souligné la nécessité de renforcement des capacités des magistrats sur les crimes économiques dans le secteur extractif en RDC afin d’espérer des acteurs judiciaires plus de proactivité.

Ils ont recommandé la vulgarisation du cadre légal régissant la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux en RDC. Ils ont suggéré le raffermissement de la collaboration entre les acteurs étatiques et non étatiques impliqués dans la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux.

Les acteurs présents à cet atelier ont souhaité la suppression des immunités de poursuites concernant les infractions relatives à la corruption et la mise en place d’un forum multipartite d’échanges semestriel piloté par le procureur de la cour d’appel du Haut Katanga sur les sujets de corruption et de blanchiment des capitaux.

Quant aux organisations de la société civile, elles ont été appelées à bien documenter et à déposer devant le parquet les dossiers des cas relatifs à la corruption et au blanchiment d’argent en terme de dénonciation.

Dans son mot de clôture, M. Freddy Kasongo a déploré l’incompatibilité du budget de la RDC aux ressources naturelles que regorge son sol. ACP/Kayu/KJI/CKM