Les Centrafricains dans l’attente de la confirmation par la Cour constitutionnelle des résultats provisoires de leurs élections

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Kinshasa, 10 janvier 2021 (ACP).- Les Centrafricains sont toujours dans l’attente de la confirmation par la Cour constitutionnelle des résultats provisoires de l’élection présidentielle et des législatives du 27 décembre 2020, ont rapporté dimanche les médias locaux.

Ces sources précisent que sur le terrain la situation sécuritaire est toujours volatile et soulignent que samedi, une nouvelle attaque a été menée contre la ville de Bouar., notant que cette attaque a de nouveau fait sortir la France de son silence. C’est la deuxième fois en moins de deux semaines que les présidents Macron et Touadéra se sont entretenus vendredi.

À l’occasion de cet échange, Emmanuel Macron a réitéré sa ferme condamnation des groupes armés et de certains leaders politiques, dont François Bozizé qui tentent de saper les accords de paix et le processus électoral constitutionnel.

Le président français a aussi pris note des résultats provisoires des élections tout en soulignant la nécessité d’un dialogue politique ouvert et inclusif, rapporte un communiqué de l’Élysée. Une prise de position qui intervient alors que l’engagement français dans le pays est souvent questionné voire critiqué à Bangui.

Après une première opération le 23 décembre, des avions de chasse Mirage ont survolé à très basse altitude l’ouest de la capitale puis la route de Mbaiki à hauteur de Bimbo, ainsi que des positions sur les routes de Boali et Damara. Les chasseurs français ont aussi appuyé les Faca et la Minusca au camp Leclerc, à Bouar, en effectuant trois vols dissuasifs au-dessus des positions de la coalition armée, précise-t-on de sources militaires françaises.

Car la ville de Bouar a de nouveau fait l’objet d’une violente attaque samedi. Les forces centrafricaines appuyées par la Minusca ont fait face aux forces de la CPC. Le calme est revenu vers 16h. Le porte-parole du gouvernement assurait samedi soir que les rebelles avaient été repoussés hors de la ville.

Depuis le retrait de l’opération Sangaris, la présence militaire française est réduite au minimum avec un détachement d’assistance opérationnel dédié à la protection de l’aéroport. Depuis la formation de la coalition armée en décembre, des troupes rwandaises et des forces russes ont été envoyées dans le cadre d’accords bilatéraux de défense. Elles viennent soutenir sur le terrain les forces armées centrafricaines.

La société civile s’inquiète par ailleurs de la présence des groupes armés à Bangassou, située à 750 km à l’est de la capitale Bangui. Elle aussi a été attaquée par les rebelles, dimanche dernier. Elle est désormais sous contrôle d’éléments des CPC, cette coalition de groupes rebelles. Personne ne sait combien de rebelles sont en ville. Mais plusieurs milliers d’habitants ont fui Bangassou, où l’on redoute des conséquences humanitaires à la présence en ville des groupes rebelles.

Plus de 10 000 personnes ont fui la ville depuis l’offensive des rebelles pour se réfugier en brousse, où au Congo voisin. Plusieurs personnes sont d’ailleurs mortes noyées, affirment des sources à Bangassou, en traversant le fleuve qui sépare la ville de la République démocratique du Congo.

Les entrées et sorties de la ville sont totalement bloquées, s’inquiète Vermont Bandassa : Ce sont bel et bien les rebelles qui contrôlent la ville de Bangassou. Ils sont au niveau de la gendarmerie, du commissariat, au niveau de la mairie. Aussi longtemps que les rebelles resteront dans la ville de Bangassou, les activités seront paralysées, la population va rester dans la brousse.

Plusieurs organisations humanitaires internationales ont été pillées le week-end dernier, ainsi certaines boutiques de commerçants. Le grand marché qui jouxte le camp militaire est pour sa part fermé.

Que se passera-t-il si les groupes rebelles s’installent durablement en ville s’interroge Ghislain Mbari : Les éléments du CPC sont là, sur la durée, presque une semaine aujourd’hui. Quand vont-ils partir ? S’ils n’ont plus de quoi manger, après les ONG, ils vont aller chercher parmi la population de quoi subvenir à leurs besoins.

Le député de Bangassou, Serge Singha, a également fait part de ses inquiétudes quant à la situation humanitaire dans sa circonscription. Toutes les ONG ont été pillées dit-il, la population ne reçoit aucune assistance. ACP/CL/Fmb/May