Investiture de Joe Biden et Kamala à la présidence et la Vice-présidence des Etats-Unis

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 Kinshasa,  20 janvier 2021 (ACP).- Joe Biden et Kamala Harris ont été investis  mercredi à la présidence et la vice-présidence des États-Unis lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au Congrès,  à l’aile gauche du Capitole à Washington, où le 46e président des États-Unis a prêté serment dans le strict respect des consignes de sécurité, ont rapporté  les médias internationaux.

Selon les sources, les rues du centre de Washington ont été barricadées, hérissées de blocs de béton et de barrières métalliques. L’immense pelouse sur laquelle se pressent habituellement les Américains pour saluer leur nouveau chef d’État était interdite au public : des milliers de petits drapeaux y ont été plantés pour figurer la présence du peuple américain.

Partout le long des bâtiments fédéraux, des soldats de la garde nationale patrouillaient.  Vingt-cinq mille réservistes ont participé aux opérations. Selon la chaine de télévision CNN, citée par les sources, douze d’entre eux ont été retirés du dispositif  mercredi : le FBI, qui a passé au crible le profil des hommes venus de tout le pays pour assurer la sécurité de la cérémonie, a jugé leur profil suffisamment inquiétant pour les écarter. La police fédérale craignait en effet des menaces qui pourraient venir de l’intérieur, c’est-à-dire provenant des membres des forces de sécurité déployées pour assurer la sécurité de la cérémonie.

Le président élu est catholique, il a entamé cette journée historique par une messe à la cathédrale Saint-Mathieu, en compagnie des plus hauts responsables du Congrès. Conformément à la tradition, Joe Biden, son épouse, Kamala Harris et son mari, ont rejoint ensuite le flanc ouest du Capitole, où une estrade a été dressée, protégée par de hautes parois en plexiglas. Pris d’assaut par les partisans de Donald Trump le 6 janvier dernier, elle a été promptement restaurée. La cérémonie d’investiture s’y est déroulée en présence d’un nombre restreint d’invités triés sur le volet.

Joe Biden et Kamala Harris ont prêté serment à midi heures locales. La chanteuse Lady Gaga a entonné ensuite l’hymne national américain, avant que Joe Biden délivre son premier discours présidentiel : il a – comme il le fait depuis le début de sa campagne – évoqué la nécessité d’unir la nation, et a aussi affirmé sa volonté de « battre la pandémie de coronavirus, mieux reconstruire, et guérir la nation ».

À l’issue de la cérémonie, Joe Biden et Kamala Harris, accompagnés des anciens présidents Barack Obama, Georges Bush et Bill Clinton (et de leurs épouses), se sont rendus au cimetière d’Arlington, de l’autre côté du Potomac, déposer une gerbe de fleurs sur la tombe du soldat inconnu.

Après cette étape, le président  a accédé enfin à la Maison Blanche, désertée dans la matinée par Donald Trump. Joe Biden était à pied sur les derniers mètres. Il n’y a pas eu de festivités dans la soirée, puisque  le traditionnel bal a été annulé en raison de la pandémie, mais Joe Biden et Kamala Harris se sont adressé à la nation lors d’une soirée télévisée spéciale, animée par le comédien Tom Hanks, et avec de nombreuses stars américaines.

Intitulée « Pour fêter l’Amérique », avant de conclure la journée où la liesse populaire a été singulièrement absente. Elle a été rediffusée par toutes les grandes chaînes américaines.

France – Etats-Unis pour une nouvelle reprise des relations

 Avec l’investiture de Joe Biden, la page Trump est tournée aux États-Unis. Tandis qu’à Paris, le président Macron attend cette étape pour commencer à travailler avec le nouveau président américain dans l’espoir qu’il initiera un retour des États-Unis dans les instances multilatérales, notent les observateurs.

Emmanuel Macron et Joe Biden ne se sont parlé qu’une fois lorsque le président français a téléphoné à Joe Biden pour le féliciter de son élection. Depuis, nous continuons à « travailler » avec l’administration Trump, explique-t-on à l’Élysée, car jusqu’au 20 janvier ce sont eux qui sont « en charge », et du côté du président américain élu, on a clairement souhaité « un strict respect » de cette situation même si les diplomates français connaissent bien la nouvelle équipe car la plupart travaillaient déjà avec Barack Obama.

Mais autre temps, autre président et autres objectifs. Dans l’entourage d’Emmanuel Macron on reste prudent et on attend de voir les positions qui seront prises par Joe Biden dans les premiers mois de sa présidence en sachant qu’il va devoir gérer « l’héritage de Trump » et donner la priorité aux affaires « domestiques et nationales ».

Etats-Unis  et l’Afrique

 L’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis avait suscité également des réactions majoritairement positives en Afrique. Mais à quels changements concrets faut-il s’attendre dans la politique américaine ? Pour l’instant, même si le propos reste général, de grandes lignes sont en train de se dessiner.

L’idée centrale pour Joe Biden est de restaurer les liens diplomatiques avec les institutions telles que l’Union africaine et les gouvernements du continent.

C’est pour cela qu’il a promis d’organiser un sommet de chefs d’État africains, comme l’avait fait Barack Obama en 2014. Joe Biden veut manifestement tisser des liens directs avec ses homologues, à l’opposé de son prédécesseur qui en quatre ans de mandat n’avait fait aucun déplacement en Afrique.

Donald Trump s’était signalé par son indifférence et avait tenu des propos particulièrement insultants à l’égard d’un certain nombre de pays africains,   soulignent les sources.

A en croire les mêmes sources,  Joe Biden veut se démarquer de Donald Trump dans les relations avec l’Afrique.

La priorité est donc de regagner une confiance perdue. Et même si côté américain, le propos reste général pour le moment en matière de politique étrangère, la nouvelle administration a tenu très vite à parler d’un engagement « respectueux » à l’égard de l’Afrique.

Le terme à lui seul contraste singulièrement avec l’attitude affichée par Donald Trump. « Ce qui est clair, c’est que l’approche de Washington va changer beaucoup et c’est à un changement de ton que l’on assiste pour le moment », estime Jeffrey Hawkins, chercheur à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques) et ancien ambassadeur américain à Bangui, cité par les sources.

 Joe Biden pour une administration faisant place à une importante diversité

Alors que Kamala Harris est d’origine jamaïcaine, l’Afrique ne sera pas en reste dans cette équipe. L’administration Biden comptera dans ses rangs deux enfants du continent, tous deux d’origine nigériane. Le premier d’entre eux, c’est Wally Adeyemo (39 ans).

Ce natif du Nigeria, qui a grandi en Californie du Sud, sera futur secrétaire adjoint au Trésor. Il fut dans le passé le principal conseiller économique de Barack Obama. C’est la première fois qu’un Afro-Américain est nommé à une aussi haute fonction au sein de ce ministère régalien. Autre nomination à retenir : celle d’Osaremen Okolo.

Elle a 26 ans. Elle est née de parents nigérians, et sera conseillère dans l’équipe de riposte au Covid-19.  ACP/Kayu/KJI