Appel au Chef de l’Etat à mettre un terme aux massacres dans l’Est du pays

0
55

Kinshasa, 22 janvier 2021 (ACP).- Les organisations de la société civile et des peuples autochtones pygmées ont lancé un appel au Commandant  suprême des FARDC, le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à mettre un terme aux massacres des civils dans la partie Est de la RDC, indique une correspondance de ces organisations parvenu vendredi à l’ACP.

Ces organisations ont lancé cet appel en réaction à l’assassinat  de  46 personnes appartenant à la communauté autochtone pygmée, massacrées par décapitation jeudi 14 janvier 2021 dans le village Masini dans le territoire d’Irumu, chefferie de Walese Vonkutu, groupement Bandibongosia à environ 120 km de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.

Les auteurs de ce crime grave, indique la source, seraient venus du groupement Tchabi où ils seraient retournés sans être inquiétés.

« Ce massacre ciblé et planifié vient alourdir les pertes en vies humaines des peuples autochtones pygmées enregistrées dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de Tanganyika depuis près d’une décennie déjà et dénote malheureusement  une faiblesse de l’Etat en matière de protection des civils, alors que c’est une obligation légale garantie par les articles 16 et 51 de la Constitution telle que modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certaines dispositions de la Constitution », ont-ils écrit .

Ces organisations de la société civile rappellent que la RDC est signataire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) qui, dans son article 7, stipule que « Les autochtones ont droit à la vie, à l’intégrité physique et mentale, à la liberté et à la sécurité de la personne ».

Elles soulignent également que la RDC a ratifié la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) dont l’article 4 reconnait que la personne humaine a droit au respect  de sa vie et à l’intégrité physique et morale de sa personne. « Nul ne peut être privé arbitrairement de ce droit », note-t-elle.

Recommandations

Les organisations de la société civiles ont formulé, en outre,  quelques recommandations afin d’arrêter les massacres dans l’Est du pays.

Elles demandent au Chef de l’Etat de dépêcher une délégation dans le territoire d’Irumu pour enquêter sur les massacres commis contre les peuples autochtones pygmées et évaluer les besoins pour des réponses humanitaires rapides en vue de soulager tant soit peu, les victimes.

Elles  sollicitent des pouvoirs publics congolais, la mise en place  rapide d’un tribunal dans le territoire d’Irumu pour juger en chambre foraine, les auteurs de cette barbarie et assurer la réparation des dommages en faveur des familles pygmées meurtries. Il devra aussi condamné publiquement les actes ignobles et barbares perpétrés à l’égard des peuples autochtones pygmées dans les différentes provinces  de la RDC en général, et dans la province d’Ituri, en particulier.

Ces organisations de la Société civile plaident, par ailleurs, pour la mise en place d’un programme urgent de protection des peuples autochtones pygmées en vue de prévenir les incidents sécuritaires et violations massives et graves de leurs droits ainsi que l’adoption, la promulgation et la mise en œuvre de la loi portant promotion et protection des droits des peuples autochtones pygmées afin de faciliter l’intégration responsable de ces derniers dans la vie nationale et d’améliorer le vivre-ensemble dans le pays. ACP/Kayu/Nig