Les natifs de l’Ituri appelés à bannir la division et le mensonge pour asseoir la paix et l’unité

0
67

Bunia, 22 Janvier 2021(ACP).- L’archevêque du diocèse de Bukavu, François-Xavier Maroy, a appelé, vendredi, les filles et fils de la province de l’Ituri à bannir la division et le mensonge,  « deux œuvres de Satan » pour asseoir la paix et l’unité dans cette entité, au cours de la célébration eucharistique à la place de la foi dans la cours de la paroisse Notre-Dame de l’Annonciation de Nyakasanza.

Dans son homélie en swahili, l’archevêque métropolitain de  Bukavu, a expliqué que Satan a pour mission de diviser aussi bien les membres d’une même famille, ceux de la province et du pays, malheureusement, a-t-il déploré, certains l’écoutent pour travailler et réaliser ses mauvaises œuvres qui détruisent la province de l’Ituri en particulier, et le pays, en général.

Il a indiqué que Satan contrairement aux temps immémoriaux où il travaillait via le serpent, aujourd’hui, il travaille à travers les hommes pour tuer et détruire.

Pour vaincre la division qui est le poison de la cohabitation pacifique entre les communautés, Mgr François-Xavier Maroy a invité les uns et les autres à vivre dans l’unité comme les dignes  enfants de Dieu qui croient en Lui et à suivre son chemin dans une vie de prière.

S’agissant de la visite pastorale de cette délégation conjointe dans les trois (3) diocèses de l’Est du pays, à savoir, Goma ,  Beni et Butembo au Nord-Kivu et Bunia en Ituri, l’archevêque de Bukavu a souligné que c’est parce que l’église catholique est une famille, si un membre se trouve dans une difficulté, les autres membres de famille se précipitent en son chevet pour le réconforter (allusion faite aux atrocités dont sont victimes la population de l’Ituri et du Nord-Kivu de la part de groupes armés).

Pour l’évangile de paix et de réconciliation au Nord-Kivu et en Ituri

Auparavant, le président de l’Association des conférences épiscopales de l’Afrique centrale (ACEAC) Mgr Marcel Madila, archevêque métropolitain de Kananga, a déclaré peu après l’arrivée de sa délégation à Bunia que le but de la mission de celle-ci est d’annoncer l’évangile de la paix et de la réconciliation ainsi que d’apporter le réconfort à ceux qui sont dans la détresse dans ceux deux entités administratives.

«C’est une visite d’évêques, de pasteurs. Nous allons nous mettre à l’écoute de la population parce que c’est la première chose qu’un pasteur doit faire, se préoccuper de la population. En plus, nous allons prier pour vous et avec vous. Nous venons en frères [….]. Se sont les frères qui viennent rencontrer leurs frères en détresse », a-t-il précisé.

La complexité de la situation sécuritaire de l’Ituri

Dans son mot de bienvenue à la délégation conjointe ACEAC/CENCO, l’évêque de diocèse de Bunia, Mgr Dieudonné Uringi, a révélé que la situation sécuritaire de l’Ituri est très complexe.  Mais, a-t-il dit, il n’est pas cependant impossible de comprendre les enjeux de ces conflits en répétition pour établir les responsabilités qui se situent à différents niveaux.

«Nous vous laissons le temps de les découvrir lors des échanges que vous aurez avec la population. Vos pas de pèlerins de la paix qui vous conduisent aujourd’hui chez nous, sont aussi les pas de ceux dont les cœurs sont assoiffés de la vérité. Ceux qui veulent savoir ce qui se passe réellement », a-t-il déclaré.

L’évêque de Bunia a, au nom de la population de l’Ituri, exprimé l’espoir de voir la délégation être l’interprète de la voix de la population meurtrie et fatiguée de conflits armés, de la violence, de tueries, de destructions des infrastructures, de viol, de vol, etc.

Il a expliqué que le peuple iturien aspire à une paix profonde et véritable, gage du développement du milieu, soulignant que cette aspiration, source de la force qui maintien encore le peuple de l’Ituri débout. Par cette force, il refuse de céder à tout fatalisme.

Cette célébration eucharistique s’est déroulée en présence de membres de la délégation conjointe ACEAC/CENCO, le gouverneur ad intérim Martin Shalo Dudu, les curés de différentes paroisses, les religieux et religieuses, quelques ministres et députés provinciaux ainsi que de milliers de fidèles en provenance des paroisses de Bunia et de l’intérieur, signale-t-on. ACP/Kayu/Nig