COVID-19 : Des lieux de deuils très fréquentés à Mbuji-Mayi

0
291

Mbuji-Mayi, 05 février 2021 (ACP).- Les mesures barrières de protection contre la pandémie de coronavirus sont délibérément piétinées dans des lieux de deuils à Mbuji-Mayi où il est observé une forte affluence de personnes jour et nuit, alors que sept cas de COVID-19 sont officiellement identifiés au chef-lieu de la province du Kasaï Oriental, constate l’ACP.

Certains chefs des quartiers contactés à ce sujet, affirment avoir du mal à faire appliquer les mesures barrières dans ces lieux, étant donné qu’ils ne sont pas accompagnés par les éléments de la police pour la dissuasion. Cette faille au niveau de l’autorité de l’Etat est décriée par les Organisations de la société civile (OSC) œuvrant dans le secteur de la santé et des droits de l’homme, qui sollicitent l’implication urgente de l’autorité provinciale, en application du principe « gouverner c’est prévoir ».

La présidente du comité de coordination de la société civile au Kasaï Oriental, Mme Rose Mbuyi Kanku avait déjà annoncé en janvier dernier, la détermination de sa structure à organiser des séances de sensibilisation de proximité à travers les communes et territoires, en mettant en exergue le respect des règles telles qu’édictées par les autorités sanitaires. Sur le terrain, rien ne semble avoir commencé alors que les deux derniers cas de la maladie à coronavirus présagent un nombre important des contacts dans la communauté.

Cette décision de la société civile a été prise par les membres des OSC au cours d’un échange tenu au siège de la coordination de la structure, sur l’évaluation de la maladie à coronavirus et l’état de lieu de l’application des mesures barrières. Les participants à cette rencontre sont partis du constat amer selon lequel la population Est-Kasaïenne dans sa majorité, négligent de manière coupable, le port de masque, le lavage régulier et correct des mains au savon et l’interdiction de se serrer la main alors que la maladie gagne de plus en plus de terrain en RDC.

Il a été adopté à cette occasion, une stratégie sectorielle de sensibilisation qui consiste à rencontrer des groupes de gens selon leurs secteurs d’activités, auxquels des messages clés seront transmis. Cette stratégie sera appuyée par des messages radiophoniques et des interventions dans certains programmes spécialisés au sein des médias audiovisuels émettant dans la ville de Mbuji-Mayi et dans certains territoires.

Pour sa part, Dr Jean-Pierre Nsumba, médecin chargé des maladies à la division provinciale de la santé, continue à lancer des messages à la population pour que les règles barrières soient scrupuleusement respectées pour se protéger et ainsi protéger les autres, face à la réticence de la population à croire à l’existence de la maladie. Certains observateurs condamnent le déficit communicationnel du comité local de riposte dont les actions semblent s’estomper à la suite de la léthargie qui caractérise le fonctionnement de cette structure. Il est également déploré le retard avec lequel les résultats des échantillons sont envoyés par l’INRB, bien souvent après la mort des cas suspects, évalués ce jour à deux, faute du test rapide dans la province.

Dr Célestin Kadima, conseiller du ministre provincial de la santé, a demandé aux Est-kasaïens de ne se fier qu’aux informations venant du comité provincial de riposte contre la COVID-19, présidé par le gouverneur Jean Maweja Muteba et non aux rumeurs. Il a en outre précisé que les trois cas dernièrement attribués à la province du Kasaï Oriental par L’INRB, était une aberration car ils viennent d’être identifiés et notifiés pour une autre province de la RDC. ACP/Kayu/Nig