Mise en place du Conseil de la société civile pour le suivi et l’accompagnement citoyen

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Kinshasa, 12 février 2021 (ACP).- Les acteurs de la société civile et des mouvements citoyens congolais ont mis en place une organisation dénommée «Conseil de la société civile pour le suivi et l’accompagnement citoyen (CNSAC)» dans le but de faire le suivi du gouvernement de l’Union sacrée de la nation qui sera mis en place prochainement.

Cette structure a été mise en place vendredi, à l’occasion de la journée de restitution de la rencontre sur le cahier des charges de la société civile adressé au Chef de l’Etat par l’intermédiaire de l’informateur, Bahati Lukwebo,  organisée par le Collectif d’actions de la société civile (CASC) et la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), au Centre pour Handicapés physiques dans la commune de la Gombe.

Pour le modérateur de cette rencontre, Joseph Nkinzo,  le CNSAC poursuit plusieurs objectifs, notamment d’accompagner l’action gouvernementale et institutionnelle de l’USN,  faciliter la participation citoyenne à la gouvernance de la République ,  assurer le suivi et l’évaluation ainsi que  le contrôle citoyen de l’action publique.

Cette nouvelle structure de la société civile, a-t-il ajouté, vise également à servir d’un cadre de propositions pour une gouvernance au service du peuple,  assurer le monitoring du fonctionnement des institutions et des manifestations publiques des partis politiques ,  proposer et accompagner des réformes visant le bien-être de la population et le changement social ainsi que d’œuvrer pour la promotion des valeurs républicaines dans la gestion de la chose publique.

Les acteurs de la société civile et des mouvements citoyens ont, par ailleurs,  félicité le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour son initiative visant à placer le peuple au centre des intérêts de l’action publique à travers l’Union sacrée de la Nation, avant de saluer l’informateur Bahati Lukwebo pour son travail.

Les attentes de la société civile et des mouvements citoyens

Dans leur cahier des charges adressé au Président de la République par l’intermédiaire de l’informateur, Modeste Bahatiion, la société civile et les mouvements citoyens congolais ont regroupé ce qu’ils attendent du nouveau gouvernement de l’Union sacrée de la nation.

Sur le plan sécuritaire, la société civile congolaise demande  à ce gouvernement l’éradication des groupes armés dans la partie Est du pays, notamment à Beni, Butembo, Ituri, Minembwe, Walikale, Mwenga, Shabunda et dans les autres zones affectées du pays,  en dotant  les Forces armées de la RDC (FARDC) et la Police nationale congolaise  (PNC) des équipements modernes afin de leur permettre de remplir convenablement leur mission de protection des personnes et de leurs biens ainsi que des frontières nationales.

Ces acteurs de la société civile représentés par le CASC et la NSCC ont également sollicité le renforcement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la République ainsi que la  poursuite en justice de toutes les personnes citées dans les différents crimes commis sur le sol congolais, surtout ceux dont les noms sont cités dans le rapport Mapping.

Ils  ont également demandé à ce gouvernement de promouvoir  la culture de la paix, notamment la lutte contre la xénophobie, la haine tribale et autres anti-valeurs.

Sur le plan social, ces derniers ont proposé l’application des accords de Mbudi afin d’améliorer les conditions de vie notamment de toutes les personnes intervenant dans le système éducatif national congolais,  la construction de nouvelles infrastructures scolaires et la réhabilitation de celles qui existent déjà.

Ils ont aussi proposé de doter davantage des écoles en manuels et matériels didactiques, de régulariser  et la valoriser  la situation de paie des enseignants dits non payés (NP) et des nouvelles unités (NU).

Sur le plan sanitaire, ils ont recommandé la décentralisation et l’extension des centres de dépistage de la COVID-19 pour favoriser la détection d’éventuels nouveaux cas, et la prise en charge efficiente des patients en temps réel ,  la réévaluation de la politique nationale de santé sur base des carences observées dans la prise en charge des personnes souffrantes, obligeant ainsi les plus fortunées à recourir aux soins proposés à l’extérieur du pays  ainsi que l’amélioration de l’enveloppe budgétaire affectée au secteur de la santé.

Pour la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes

Par ailleurs, sur le plan de l’emploi, la société civile a proposé la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et la mise sur pied des mécanismes de protection, mais aussi l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés à travers une rémunération décente qui tient compte du SMIG, l’actualisation du barème ainsi que la régularité de paie des agents publics de l’Etat.

La société civile prône également le renforcement de recensement des fonctionnaires de l’Etat en vue de détecter les agents fictifs.

Sur le plan des ressources naturelles et environnementales, la société civile propose l’instauration de la police des mœurs pour veiller à l’hygiène environnementale et au renforcement de la gouvernance locale, l’instauration d’un programme d’urbanisation des villes, mais aussi la mise en œuvre des politiques publiques en matière immobilière pouvant favoriser la construction des logements sociaux.

Toujours dans ce cahier des charges, la société civile a recommandé le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire afin d’assurer une harmonie sociétale entre gouvernants et gouvernés, ainsi que de promouvoir la justice transitionnelle.

Elle a demandé également de  contribuer à accélérer la création du Tribunal Spécial Pénal International pour la RDC, et ainsi de lutter contre les violences faites aux femmes, aux jeunes filles et contre les détournements des deniers publics, l’impunité et la corruption.

Cette journée de restitution a connu la participation des plateformes, réseaux, syndicats, mouvements citoyens et d’autres organisations de la société civile de la RDC. ACP/Kayu/May