Les 534 jours de Jolino Makelele au ministère de la Communication et médias : bilan et perspectives

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Kinshasa, 15 fév. 2021 (ACP).- David-Jolino Diwampovesa Makelele a pris possession de ses fonctions en août 2019, en qualité de ministre d’Etat, ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement  au sein de l’équipe du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

Le nouveau titulaire du secteur des médias en RDC a hérité de son prédécesseur de nombreux dossiers dont celui de l’assainissement du secteur des médias congolais animé par certains propriétaires des chaines de télévision qui sont dans le bouquet officiel mais qui refusent de payer les redevances exigées par l’Etat qui, contrairement à certains bouquets privés ou étrangers, présentent une offre incitative pour une période de 5 ans.

A sa prise de fonction, il a lancé un appel, d’une part, à tous les opérateurs du secteur de régulariser leurs dossiers comprenant notamment l’autorisation d’opérer et, d’autre part, de procéder au paiement de toutes les taxes et redevances dues à l’Etat.

1 million USD de redevance pour les chaînes connectées sur la TNT à l’actif de Jolino Makelele

Par ailleurs, Jolino Makelele a établi un dialogue axé sur le civisme fiscal avec les propriétaires des chaînes de télévision, stimulant ceux-ci à s’acquitter de leur devoir vis-à-vis de l’Etat. Aux termes de 17 mois marqués par des réunions méthodiques, entrecoupées par de prorogations des moratoires, avec ces propriétaires des chaînes, le résultat est remarquable : à ce jour, le ministre Makelele a mobilisé 1 million USD de la redevance pour les chaînes de télévision qui sont sur TNT, contrairement aux exercices budgétaires 2015-2018.

Des relations apaisées avec les organisations professionnelles du secteur

Au cours de son mandat, le ministre Jolino Makelele a mené une politique de porte ouverte avec les organisations professionnelles sous sa tutelle administrative. En effet, avec Jolino Makelele deux de celles-ci, en l’occurrence l’UNPC et l’ANECO, ont pu renouveler leurs comités directeurs portant ainsi aux avants postes de nouveaux animateurs, après plusieurs années de léthargie.

En tant que ministre de tutelle, il a établi un dialogue en laissant tout le monde jouer librement et en toute indépendance son rôle. C’est ainsi qu’il a déployé des efforts pour réconcilier les ailes antagonistes de l’UNPC et à faire organiser le Congrès de l’UNPC à Muanda, avant de présider la cérémonie d’installation du comité directeur de l’ANECO sous la conduite de Cyrille Kileba.

Une gestion orthodoxe des médias publics sous tutelle

Il y a lieu de signaler des actions menées en faveur du personnel des trois entreprises des médias publics en l’occurrence, l’ACP, la RTNC et le RENATELSAT. Outre la mise en ordre de la gestion administrative des ressources humaines et l’amélioration de la grille barémique de leurs agents et cadres, le ministre d’Etat Makelele s’est impliqué personnellement  dans le dossier de la spoliation d’une partie de la concession abritant la direction générale de l’ACP à Kinshasa.

Pour ce faire, le personnel de ce média public, sous l’égide du duo « Dibambu-Kaboyi » lui a réitéré leur gratitude pour avoir sauvé le patrimoine du domaine de l’Etat des mains des prédateurs mafieux.

Les Etats généraux pour booster la presse nationale sur la voie de la modernisation

En dépit des efforts déployés par le ministre d’Etat Makelele dans le cadre de l’assainissement du secteur des médias, il considère, dans son estime conviction, que les Etats généraux demeurent le cadre approprié pour booster la presse nationale sur la voie de la modernisation.

Pour lui, cette rencontre de  haut niveau devra aborder des matières sensibles telles que la réforme de la loi n°002/96 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse en RDC, l’ordonnance loi 81/012 du 2 avril 1981 portant statut du journaliste en RDC, la loi 011/001 du 10 janvier 2011 portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du CSAC, le texte régissant l’ Observatoire des médias congolais (OMEC) ainsi que la relecture par les professionnels des médias de leur Code d’éthique et déontologie en RDC, etc.

Cette rencontre devra rassembler outre les professionnels des médias, les experts du domaine de la Justice (avocats, magistrats civils et militaires), les formateurs en sciences de l’information et de la communication, les attachés de presse dans les services publics, les entreprises privées de communication, les experts en communication, les organismes internationaux en RDC, les responsables des confessions religieuses détenteurs des médias, les délégués des organisations professionnelles et associatives ainsi que les représentants des syndicats dans le secteur des médias publics et privés, etc.

Pour cela, le ministre d’Etat a déjà introduit une demande auprès du Premier ministre pour l’organisation de ces états généraux de la presse en vue de booster ce secteur vital de la vie nationale. Ces assises sont attendues par tous les professionnels des médias.

Sa reconduction au sein du prochain gouvernement lui permettrait de concrétiser sa vision de booster la presse congolaise dans la modernisation avec les NTIC.ACP/kayu