Les routes nationales en RDC, un chemin de la croix pour les usagers

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Le réseau routier de la RDC comprend au total 153.209 km de routes dont 58.509 km  d’intérêt  général réparties en trois catégories selon leur importance.

Les Routes nationales(RN) couvrent une distance de 21.140 km, les routes provinciales prioritaires(RPP) s’étendent sur  20.124 km et  17.245 km pour les routes provinciales secondaires(RPS).

Les routes nationales sont numérotées de 1 à 39 soit RN 1, RN 2, RN 3 et ainsi de suite.

Les réalités sur les Routes nationales rapportées par les correspondants qui en ont visité quelques-unes à travers le   pays,  sont telles  qu’on ne peut parler de développement sans leur réhabilitation urgente.

Des avancées considérables sur la RN 1 dans le Kongo central

La première et la plus connue de ces routes, c’est la Route nationale numéro 1 (RN1) qui relie, sur une distance de 3.086 km,  les provinces du Kongo central à celle du Haut Katanga en traversant de nombreuses autres provinces.

La RN 1 ne pose aucun problème de praticabilité sur certains de ses tronçons  déjà macadamisés en dépit des nids de poule rencontrés par-ci par-là. Les travaux de réhabilitation  et construction de la RN 1 dans ses tronçons Boma-Muanda, Boma-Matadi et Matadi-Kinshasa, ont enregistré des avancées significatives ces dernières années.

Ces travaux avancent normalement pour le tronçon allant de Boma à Luanda, en dépit d’un arrêt momentané observé au mois de janvier dernier consécutif aux  vacances des cadres des entreprises chinoises Crec -7 et GSPI jusqu’au  mois de février 2021, a relevé au cours d’un entretien avec l’ACP l’Ir Jean-Pierre Vulalo, superviseurs de ces travaux  financés par le gouvernement central de la RDC.

Grâce aux recettes de péage, dont une grande partie est affectée aux travaux des routes, le gouvernement a réussi à moderniser les tronçons Boma-Muanda et Boma-Matadi.

Au niveau du tronçon Matadi-Kinshasa, d’intenses travaux ont permis au gouvernement de maintenir la chaussée et de faire face à la menace dont elle est l’objet par plusieurs têtes d’érosions, principalement dans sa partie du territoire de Mbanza-Ngungu.

Des menaces de coupures dans la province du Kwango

En général, l’état de la RN1, tronçon Batshongo-Misele, dans la province du Kwango, est marqué par des menaces des coupures provoquées soit par des érosions, soit des fissures et des nids de poules causés par des eaux stagnantes faute de déviation.

Cette situation est à la base de multiples accidents causant des pertes en vies humaines et des dégâts matériels énormes.

Trois têtes d’érosions à l’entrée Est de Mbuji-Mayi

Dans la province du Kasaï oriental, cette même RN 1 est menacée de coupure, à l’entrée Est de la ville de Mbuji-Mayi, non loin du pont Lubilanji, par trois têtes d’érosions qui se sont créées à la suite des pluies diluviennes qui s’abattent ces derniers temps.

La population marchande d’un marché riverain y déverse des ordures de tout genre sous prétexte de remblayer les érosions pour éviter le pire, en attendant les travaux d’envergure à entreprendre par le gouvernement de la République pour les contenir.

Des témoins rencontrés sur place rapportent qu’une moto commise au transport en commun, est tombée dans un des ravins, causant  la fracture des deux jambes de la cliente. Ces mêmes témoins s’inquiètent de voir pourrir la situation qui se dégrade de plus en plus et dont le coût des interventions pourra coûter cher au gouvernement en cas de coupure de la route.

Cette RN 1 constitue l’une des principales voies d’entrée des différents produits notamment champêtres dans la ville de Mbuji-Mayi.

Le directeur provincial de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) au Kasaï Oriental, Dominique Ilunga,  avait déjà lancé un cri d’alarme auprès des autorités pour éviter la coupure de cette route reliant cette province à celle de Lomami par la gare ferroviaire de Mwene Ditu.Cette  dégradation s’observe à seulement quelques mètres du poste  de péage institué pourtant pour réhabiliter les routes urbaines, qui sont aujourd’hui en état d’abandon total.

Des bourbiers sur le tronçon Mbuji-Mayi-Lac Munkamba

Par ailleurs, des bourbiers, bancs de sable, assiettes d’eau et des têtes d’érosion refont surface sur la RN 1 en son tronçon  reliant la ville de Mbuji-Mayi au secteur du Lac-Munkamba, dans le territoire de Kabeya Kamwanga, dans la partie ouest de la province du Kasaï-Oriental rendant ainsi le trafic lourd.

Sur ce tronçon long de 93 km, réhabilité grâce aux travaux d’entretien lancés le 11 juin 2020 par le gouverneur de province et exécutés par l’Office des routes sous le financement de Fonds national d’entretien routier (FONER) à hauteur de 345.262,75 USD dont l’acompte pour le démarrage de l’ouvrage de l’ordre de 76.262,05 USD a été décaissé, soit 22%, quelques trajets ont été consolidés suite aux travaux de gravillonnage bien compacté. Mais en général, la voie est totalement en état de délabrement très avancé.

La dégradation de cette chaussée d’intérêt national économique non négligeable, est la conséquence des incessantes pluies diluviennes qui s’abattent ces derniers temps sur l’ensemble de la province ainsi que l’absence du système de cantonnage manuel permanent, tel que prévu par l’Office des routes dans son cahier de charges.

Le tronçon Muene Ditu-Mbuji-Mayi dans un état déplorable

Le tronçon d’environ 150 km séparant la ville de Mbuji-Mayi de celle de Muene Ditu dans la province de Lomami est dans un état déplorable et menacé de coupure en plusieurs endroits.   A l’époque où la route était en bon état, les automobilistes parcouraient cette distance en un jour ; aujourd’hui il en faut au moins cinq.

Il ressort du constat général que plusieurs tronçons se trouvent dans un état d’impraticabilité caractérisés par des bourbiers et nids de poule de plus d’un mètre de profondeur, rendant ainsi le passage des engins automoteurs très difficile alors que la route était au départ asphaltée.

RN 1 : réhabilitation du tronçon Kasumbalesa village -Lukangaba

La RN 1 connait, dans son tronçon compris entre Kasumbalesa village et Lukangaba, long de 234 km, d’intenses travaux de réhabilitation par une entreprise chinoise.

Débutés l’année dernière, ces travaux qui se font en terre battue, sont financés par le gouvernement de la République.

Mais alors qu’ils n’ont pas encore atteint la moitié du tronçon,  l’apparition de plusieurs nids de poules est déplorée sur la partie déjà réhabilitée à cause des pluies abondantes dans cette contrée.

Le Sud-Kivu malade de ses routes

La province du  Sud-Kivu est également caractérisée par la précarité de son réseau routier, conjuguée avec un déficit d’infrastructures rendant difficile la communication par voie routière au niveau local.

Des sources  de l’Office des routes font état de difficultés  en ce qui concerne les routes nationales qui nécessitent des moyens conséquents pour leur entretien en province.

Tel est le cas de l’axe routier Bukavu-Kamanyola-Uvira-Fizi-Lulimba sur la RN5. Ce tronçon routier est caractérisé par des éboulements de terre au niveau de l’UEA à Panzi, des érosions et bourbiers rendant le trafic mal aisé, la menace de coupure de la route à Luvungi, dans la plaine de Ruzizi, situé à 70 Km au Sud de Bukavu.

Le rapport fait état des plusieurs ponts notamment ceux de Sange au point Kilomètres 100, de Kavuguvugu et de Runingu au point Kilométrique 110 endommagés à la suite des pluies diluviennes.

Cet axe routier est également affecté par le débordement des eaux du lac Tanganyika sur la chaussée rendant le trafic entre Uvira et Baraka  très difficile dans les  escarpements de Luanga et Pemba, l’effondrement du pont Lusenda qui constituent  autant des défis à relever.

D’autres axes routiers qui traversent la province sont également dans une situation déplorable, notamment l’axe routier Bukavu-Mwenga-Kitutu sur la RN 2. Le tronçon est caractérisé par la présence des bourbiers et têtes d’érosions à Tubimbi et dans les escarpements de Mufa et Muzangala rendant le trafic difficile.

Shabunda pratiquement enclavé

L’Office des routes reste en attente des financements capables de permettre la poursuite des travaux de réhabilitation de la route Burhale-Kigulube qui va jusqu’à Shabunda-Lubile sur la route d’intérêt provincial RP1/503.

La réalisation de ce projet permettra de soulager un tant soit peu les usagers de cette route d’importance capitale pour le désenclavement du territoire de Shabunda dont le chef-lieu est situé à près de 350 Km de Bukavu.

Globalement, le Sud-Kivu est relié d’une part à Goma et Kisangani, au Nord de Bukavu respectivement par la RN2 et la RN3, à l’Ouest par la RN2 qui se prolonge jusqu’à au Kasaï en passant par Namoya- Wamaza et Kasongo dans le Maniema. Tandis qu’au Sud, la province est reliée par la RN5 qui débouche sur le Tanganyika et le Haut Katanga.

La RN 3 qui traverse les localités de Bunyakiri et Hombo dans le territoire de Kalehe au Sud se dégrade au jour le jour à tel point que les véhicules sont bloqués en route pendant plus de deux ou trois jours pour couvrir une distance de moins de 100 kms.

Démarrage le 22 février des travaux de dynamitage de la RN5 au niveau de Luhanga

Les travaux de dynamitage de la Route nationale numéro 5 au niveau des escarpements de Luhanga vont bientôt commencer avec l’Office des routes et les autres parties prenantes au processus.

 L’Office des routes et les transporteurs ont convenu de démarrer les travaux le lundi 22 février en cours.

Selon le coordinateur de l’Union des associations des transporteurs du Congo (UATC), Simba Twaha, chaque partie fera sa part dans l’exécution de ces travaux à Luhanga : les transporteurs seront chargés des dynamiteurs et des outils manuels, l’Office des routes sera chargée des matériels et de la réparation  des pannes, l’achat du carburant et la prise en charge de son personnel durant la période des travaux tandis que le gouvernement provincial du Sud-Kivu prendra en charge la sécurité et toutes les activités d’urgence.

RN4 : état piteux de routes nationales en Ituri

Les routes nationales qui traversent la province de l’Ituri se trouvent actuellement dans un état piteux qui empêche la fluidité de circulation des engins roulants sur les différents axes routiers.

Le voyage sur la Route nationale numéro 5 (RN 5) reliant Bunia(Ituri) à Kisangani(Tshopo) sur près de 725 km, est devenu un véritable chemin de la croix pour les usagers en raison de la présence de gros bourbiers précisément dans la localité de Niania du côté de l’Ituri où de centaines de véhicules et camions sont bloqués de part et d’autre sur une distance de près de 5kms,  témoignent plusieurs usagers.

Selon certains chauffeurs, il faut au minimum dix jours pour atteindre la ville de Kisangani, alors qu’il y a peu, il suffisait seulement de 48 heures.

Devant l’ampleur de la dégradation de cette route d’intérêt national faute de sa maintenance depuis plusieurs mois, le gouvernement provincial s’est investi dans les travaux de traitement des points chauds à travers l’entreprise privée « Premedis » grâce aux recettes issues du péage route.

Sur le même tronçon routier,  l’Office de routes s’active également  à faciliter la circulation avec l’appui financier du gouvernement de la République, a confié le directeur provincial de cette entreprise publique,  Ir Roger Dikongo.

Même décor cauchemardesque du côté de la RN 27 Komanda-Mahagi-Golilongue de près de 300 km où les grands bourbiers rendent impraticables cette route qui relie la province de l’Ituri avec l’Ouganda et d’autres pays de l’Afrique de l’est.

En définitive, la dégradation de ces différentes routes a un impact néfaste sur les prix et l’approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits de première nécessité de la ville de Bunia.

Routes nationales : l’exception du Nord-Kivu

La province du Nord-Kivu fait exception en ce qui concerne la situation des routes nationales. En effet, bien qu’en terre battue, les Routes d’intérêt national (RN2-4) « sont carrossables », affirme le gouvernement provincial qui rassure que les routes d’intérêt national dans cette province ne présentent aucune inquiétude majeure en dépit du fait qu’elles sont en terre battue.

La bonne maintenance des routes par « des efforts réalisés par les attributaires »  permet qu’à ce jour,  « il n’y a aucun véhicule qui peut passer nuit sur la chaussée par ce qu’il a été embourbé », affirme la même source.

De Bweremana (limite sud du Nord-Kivu avec le Sud-Kivu) jusqu’à Eringeti (limite Nord avec la province de l’Ituri) en passant par Sake, Goma, Kiwanja, Kanyabayonga, Lubero, Butembo et Beni,  « la route est carrossable, il n’y a pas d’obstacle ». Le même satisfecit est remarquable sur la RN4 (de Kasindi jusqu’à Eringeti) qui ne présente aucune inquiétude en dépit du fait que seuls 60 km sont bitumés sur une longueur linéaire de 144 km.

« D’une manière générale, au Nord-Kivu, les routes qui sont carrossables facilitent les déplacements des personnes ainsi que leurs biens vers leurs destinations respectives, qu’à cela ne tienne il y a des efforts à fournir », a résumé Roger Malinga qui en appelle ainsi aux usagers au paiement sans inquiétude de la taxe du péage route qui, au finish, leur revient d’une manière ou d’une autre.

Plus d’efforts à fournir pour les routes d’intérêt  provincial

Par contre, le commissaire général en charge de la Reconstruction au Nord-Kivu ne cache pas ses soucis au sujet des routes d’intérêt provincial au vu de leur importance surtout qu’elles assurent la jonction entre les localités rurales de production agricole avec les centres de consommation.

Il s’agit essentiellement des routes Butembo-Manguredjipa (100 km), Beni-Mangina (45km), Butembo-Luoto, Goma-Masisi-Nyabiondo (73km), Sake-Kichanga-Mwesso-Nyanzale-Kibirizi (125kms), Kiwanja-Ishasha (63km).

Maintenir praticable le tronçon routier Beni-Butembo-Vutsorovya

L’Ir en chef de l’entreprise Jerysson Construction, Safari Matsoro, s’est félicité, au cours d’un entretien avec l’ACP, des travaux de compactage du sol pour la maintenance de la route Beni-Butembo-Lubero en cours d’exécution par l’équipe d’ingénieurs sous son leadership.

L’entretien des routes d’intérêt provincial au Nord-Kivu a été confié à cinq principaux attributaires qui perçoivent et affectent les recettes à la maintenance de leurs axes respectifs. Le grand défi consiste à la maintenance de la route Sake-Masisi-Walikale (243) qui, en dépit des efforts déployés en 2016, a sombré dans l’impraticabilité enclavant ainsi cette partie du Nord-Kivu réputée pour ses potentialités minières et agricoles.

Les routes du Sankuru, un casse-tête

Selon le chef de la direction technique de l’Office des routes, Serge Mukamba,  les routes nationales  RN7 et  RN 42 sont dans un état de délabrement avancé.
Il en est par ailleurs de même des routes provinciales primaires  qui sont également dans un état total de délabrement.

Suspension momentanée du transport en commun sur la RN5 Kalemie-Lubumbashi

 La Route nationale 5 (RN 5) sur son  tronçon de Kalemie vers la ville de Lubumbashi de plus de mille kilomètres est bien dégradée.

Cette situation est décriée par les passagers et les agences de transport en commun qui sollicitent sa réhabilitation rapide par le gouvernement central.

En effet, les gros bus de la société Classique Coach, de l’Université de Lubumbashi et d’autres usagers des agences basées à Kalemie ont jugé bon d’arrêter  momentanément leurs activités sur la Route nationale numéro 5 à cause de son état avancé de dégradation, trop des gros trous sur la chaussée y compris les eaux de pluies abondantes qui s’abattent pendant cette période.

Actuellement le voyage dure deux à trois semaines au lieu de deux jours par le passé, s’indignent les clients à bord de ces bus de transport en commun contactés à Kalemie, qui dénoncent le calvaire qu’ils vivent tout au long du voyage au cours duquel ils sont également à cours des réserves de nourriture épuisée longtemps avant terme.

Cette RN 5 connait aussi le problème de détérioration du pont Kituku à la sortie de Kalemie, avant de cheminer vers la localité de Bendera située à 120 km, ainsi que vers les territoires de Fizi et d’Uvira dans le Sud-Kivu.

S’agissant d’autres routes d’intérêt provincial du Tanganyika, l’on note que  la route Kalemie -Nyembalongue de 135 Km est en  réhabilitation par l’entreprise Malta Forest qui y a déjà travaillé sur 102 km.

Cette route relie les territoires de Nyunzu à 180 Km, Kongolo à 350 Km, Kabalo à 300 Km et Manono à 480 Km de Kalemie.

Dégradation de la route de desserte agricole Mongata – Bandundu  au Kwilu

 La route de desserte agricole Mongata – Bandundu-ville, partant de la RN 1 et longue de 240 km,  est dans un état de délabrement très avancé.

Selon l’Office des routes,  les tronçons Mongata – Masambio (115 km) et Masambio – Bisiala (80 km) partant de la RN1 pour atteindre la ville de Bandundu, chef-lieu de province, sont les parties les plus dégradées, mettant les usagers en équation.

Des bus et des grands cars en provenance de Bandundu pour Kinshasa distant de 450 km et vice-versa, qui parcouraient cette route à moins de deux jours, mettent pour le moment une semaine ou plus avec tout ce que cela entraine comme frais et désagréments pour les usagers.

Dans cette même province du Kwilu, tronçon  Mongata-Bisiala-Bandundu de la Route nationale 17 est dans un état de délabrement très avancé tandis que  tronçon Bandundu-Bagatalong de 135 km est en pleine réhabilitation. Le lancement de ces travaux a eu lieu au mois de janvier dernier, sur l’exécution de l’OR avec l’appui de Fonds national d’entretien routier(FONER).  ACP/ FNG/Cfm/GGK/Thd