Kinshasa, Kikwit, Mbuji-Mayi, Kananga, Kalemie… : les villes congolaises menacées par des érosions (Synthèse du desk provinces sous la coordination de Samy Kitabungi Luboya)

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Le problème des érosions en RDC est de plus en plus préoccupant et mobilise aussi bien les exécutifs provinciaux que le gouvernement central, sans oublier les populations elles-mêmes souvent à travers des organisations citoyennes.

Ce phénomène naturel se vit partout dans le pays notamment dans plusieurs territoires et grandes villes telles Mbuji-Mayi, Tshikapa, Kikwit, Lodja, Kananga, Kenge, Kalemie, Kisangani, Bunia, Kasumbalesa, Bukavu, Muanda…..

Les correspondants de l’ACP à travers le pays qui se sont intéressés à ce dossier en font l’amer constat tout en faisant parler différents experts tant du secteur de l’Environnement, de l’Agriculture, des Travaux publics et de l’Urbanisme et habitat sur les causes des érosions avant de proposer des solutions à même d’aider à combattre ces calamités naturelles hyper menaçantes.

Dans la capitale, des érosions apparemment invincibles engloutissent chaque année, souvent à l’occasion des grandes pluies, maisons et biens, provoquant des pertes en vies humaines et plongeant des familles et des quartiers entiers dans la détresse.

Les habitants des quartiers Ozone, Delvaux, UPN  et Badiadingi dans la commune de Mont Ngafula vivent dans la hantise à l’approche de chaque pluie.

Dans la commune de Lemba, d’innombrables têtes d’érosions progressent dangereusement vers le campus de l’Université de Kinshasa où est situé le Centre de recherche nucléaire de Kinshasa.

Kongo Central : plusieurs têtes d’érosions menacent les agglomérations

 Plusieurs agglomérations dans la province du Kongo Central sont menacées par les érosions. A Mbanza-Ngungu, notamment dans le quartier dénommé « Camp sénégalais », les têtes d’érosions progressent de manière inquiétante et menacent les maisons et avenues.

Ce quartier avait été touché lors des dernières pluies diluviennes qui se sont abattues dans la cité de Mbanza-Ngungu, causant plusieurs pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants. Il nécessite la mise en place d’un plan capable de lutter contre ces érosions qui ne cessent de s’arrêter. Entretemps, les jeunes tentent de planter quelques arbres pour empêcher que leurs avenues et maisons soient dévastées, mais les moyens utilisés paraissent insignifiants par rapport à l’ampleur de la situation.

A Mbanza-Ngungu aussi, quatre autres têtes érosions menaçaient de couper la Route nationale n° 1 Kinshasa-Matadi, mais la situation a semblé être sauvée par l’alerte lancée par deux députés nationaux élus de ce coin du pays. Et avec l’appui de la Société congolaise de péage (SOCOPE), des travaux anti érosifs ont été menés pour sauver la Nationale n° 1 contre ces érosions qui étaient déjà à quelques mètres de cette voie d’une importance capitale pour l’économie du pays.

La situation des érosions dans le Kongo Central est aussi alarmante à la zone côtière (une côte d’environ 40 km) à Muanda, qui fait face à une érosion due à un effet combiné de la topographie, de la nature sableuse du sol et de la dynamique océanique.

Avec l’appui du PNUD, un projet dénommé PANA-Zone côtière a été mis en place pour renforcer la résilience climatique des communautés de Muanda, articulé autour de l’intégration des informations sur les risques climatiques dans les politiques de planification pertinentes et de d’investissement dans la protection et la surveillance de la zone côtière contre ces risques.

L’agglomération de Kasangulu fait face à plusieurs têtes d’érosions, notamment celle qui menace l’avenue Mandrandele au quartier Mvula Nene, où les habitants craignent les dégâts éventuels pendant la période de fortes pluies du mois d’avril.

Matadi n’est pas propice aux érosions, ont laissé entendre des experts, compte tenu de son relief ainsi que sa terre rocailleuse, comparativement à Muanda( Baki , Pika Pende, Vista, Côte maritime) où les érosions sont favorisées par une terre sablonneuse.

Quelques coins de Matadi, notamment Epom et Atezam, accusent cependant un déficit des normes d’urbanisation décrié.

Les divisions provinciales des Infrastructures, travaux publics et reconstruction (ITPR) et de l’urbanisme et habitat contactées par l’ACP, notent parmi les principales causes des érosions la mauvaise canalisation des eaux des pluies, le manque de service d’assainissement pour le curage des caniveaux et la mauvaise politique d’urbanisation.

Au nombre des solutions idoines préconisées, une politique pour la mise des moyens, des solutions palliatives pour faire face aux érosions et l’interdiction des constructions anarchiques.

Le phénomène érosif, un frein au développement à Kisangani

Le phénomène érosif  constitue un  véritable frein du développement urbain et affecte négativement la production agricole dans les milieux ruraux dans la province de la Tshopo, soutient le  Pr Sylvain AlongoLongomba, docteur en sciences agronomiques et ingénierie biologique à l’Université libre de Bruxelles et enseignant  à l’Institut facultaire des sciences agronomiques de Yangambi( IFA/ Yangambi).

Ce dernier plaide pour la mise en place d’une synergie d’action concertée  de l’environnement,  de l’Office des voiries et drainage(OVD), de l’Urbanisme et habit pour résoudre l’épineux problème des érosions dans la Tshopo et particulièrement à Kisangani.

S’agissant des formes d’érosions et de leur cartographie dans la ville de Kisangani,  Sylvain Alongo  affirme qu’il s’observe trois formes d’érosions qui sont quasiment  causées par l’eau. Ainsi il cite en premier l’érosion à nappe, très visible dans  la commune de Mangobo et une partie de la commune de la Tshopo.

Très dévastatrice, cette forme d’érosion est causée par des grandes quantités  d’eaux de pluie qui coulent le long des artères  en forme des rivières artificielles, emportant sur  leur passage des grandes portions de sol. Comme conséquence, elle dénude les fondations des maisons, elle laisse à nu les racines des plantes.

La deuxième forme, c’est l’érosion en rigole, remarquable dans la commune de Kabondo. Ici, faute d’un bon mécanisme d’évacuation des eaux de pluie, les rigoles sont créées au milieu des chaussées, gênant ainsi la circulation des engins.

Et enfin, il cite l’érosion ravinante. Ici, les eaux de pluie créent de grands  ravins à proximité des routes ou habitations. Le professeur Alongo Longompba déplore qu’à ce jour qu’aucune action ne soit menée pour limiter les dégâts au regard de ce phénomène qu’il attribue notamment à la démographie galopante, à l’absence d’un plan cohérent d’aménagement du territoire, aux constructions anarchiques et au phénomène d’entretien des voies d’évacuation des eaux.

Aussi, il propose  la convocation des États généraux de dégradation du sol par le phénomène érosif  pour que cette question soit traitée d’une manière holistique.

Les érosions mettent en mal la production agricole au Nord Kivu

 De Masisi à Rutshuru, la population victime du phénomène érosif ne cesse de crier haut et fort pour condamner avec la toute dernière énergie, ces calamités naturelles à l’origine de la faible production agricole dans leurs entités touchées par des érosions, a appris l’ACP, de M. César Shamitambu, agent de l’environnement en chefferie de Bwito en territoire de Rutshuru.

Joint au téléphone par l’ACP le jeudi 18 février, César Shamitambu signale notamment le cas de la forte pluie du 14 février  à Bilundule et   Nderema, groupement Mutanda en chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, qui a provoqué des éboulements du sol, détruisant méchamment les boutures de manioc et les plantes de mais à maturation, avec comme conséquence une faible production agricole pour cette saison culturale.

A l’origine de cette calamité naturelle, l’abattage désordonné des arbres sans y replanter d’autres. Donc l’homme, lui-même, devient un facteur aggravant ce phénomène érosif.

L’homme étant l’une des causes d’érosion, serait également, une solution aux dégâts qu’il aurait occasionnés,  par le degré de son implication dans la lutte contre l’érosion en plantant des jeunes plants d’arbres.

Dans les territoires de Rutshuru et de Nyiragongo, les érosions affectent la production agricole surtout en saison pluvieuse, et n’épargnent pas non plus l’élevage des bovins, faute d’herbes à brouter. Une situation analogue a été vécue dans la cité de Sake, dans le territoire de Masisi.

Planter un million d’arbres, solution idoine

 Le ministre de l’Environnement Claude Nyamugabo, accompagné du gouverneur de la  province du Nord-Kivu, Carly NzanzuKasivita, du directeur général du Fonds forestier national(FFN ),  Honoré  Mulumba,   a mis en terre, le 15 février,  18 plantules à essence grevelia dans un site en proie aux érosions et calamités de tous genres au village Rutoboko/Sake où l’on doit planter  des arbres sur 44 hectares, pour matérialiser la vision du Chef de l’Etat « avoir planté un million d’arbres a l’horizon 2023 » afin de conserver un environnement sain.

Par ailleurs, le gouverneur  du Nord-Kivu  s’est dit  satisfait par la  matérialisation de ce programme dans sa province et a confirmé que désormais l’espoir est permis  pour  lutter contre toutes ses érosions et éboulements des terres  dans le Masisi.

Le Chef de l’Exécutif Provincial a tenu à remercier,  séance tenante,  et de vive voix, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo,   pour le souci qu’il ne cesse de montrer en faveur de la population de sa province, particulièrement celle de Masisi,  victime à répétition des catastrophes naturelles causées par les pluies diluviennes.

Kasaï oriental : Mbuji-Mayi ville hautement sinistrée par des érosions

 La ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu  du Kasaï Oriental, est de plus en plus menacée par plus de six cents(600) têtes d’érosion qui progressent et  engloutissent  des quartiers résidentiels, des maisons d’habitation faisant ainsi des milliers de familles sans abris dans les cinq communes de la ville.

Des artères et avenues de la capitale mondiale du diamant industriel ont été érodées lors de ces dernières pluies torrentielles,  signale-t-on.

Des ravins existants et célèbres  tels que « Mbala wa Tshitolo », « Hollandais » et « Tshiambase » se sont davantage élargis et d’autres nouvelles érosions sont perceptibles à travers la ville de Mbuji-Mayi en dépit du fait que le gouvernement provincial qui est appuyé par le gouvernement central, a lancé des travaux de lutte antiérosive en vue de freiner leur progression.

Le directeur provincial de l’OVD Kasaï oriental, Trésor Kashala, préconise des solutions exceptionnelles pour limiter les désastres causés par la pluie,  constituant un vrai inspecteur des ouvrages dans la lutte antiérosive.

En ce qui concerne  « Mbala wa Tshitolo » séparant  la commune de Diulu à celle de Bipemba, ce ravin  engloutit des maisons en dépit de la construction d’un pont dont la structure est également menacée suite à l’arrêt des travaux.

Le danger demeure permanent pour la population riveraine dont la plupart  ont abandonné leurs terrains transformés en étang.

En outre, l’avenue Lusambo, l’une des deux principales artères menant vers l’aéroport de Mbuji-Mayi à partir de la commune de Dibindi et traversant celle de la Kanshi, se détériore de plus en plus depuis le début de l’année en cours, suite aux pluies qui tombent fréquemment dans cette partie de la province du Kasaï Oriental.

L’absence de construction de grandes conduites d’eau est à la base de cette détérioration qui présente une route défoncée et menacée de coupure par des érosions. Cette voie  est longée par des bâtisses touristiques importantes, fréquentées par des visiteurs de marque qui découvrent la ville diamantifère.

Le géologue Albert Kabongo déplore le lotissement des zones sinistrées à Mbuji-Mayi

 Le géologue Albert Kabongo Tshinsangana, ancien chef de division études, recherches et développement de la société Minière de Bakwanga (MIBA), a déploré lors d’un entretien avec l’ACP, le lotissement des zones sinistrées jadis déclarées non autorisées à l’urbanisation.

C’est dans ces espaces que beaucoup de sinistrés ont été dénombrés au cours des dernières pluies diluviennes enregistrées à Mbuji-Mayi, a-t-il fait savoir. Albert Kabongo a, à cet effet, précisé que ces zones parmi plusieurs autres localisées sur la carte du plan d’aménagement de la ville de Mbuji-Mayi de 1978, sont notamment la concession débaptisée Ngalula, le quartier compris entre l’hôtel Nkumbi Kumbi et la concession des frères franciscains dans la commune de la Muya.

Le géologue a épinglé aussi le quartier Nkonga dans la commune de la Muya, le quartier Bobo à Diulu aux alentours du ravin Mbala wa Tshitolo, de la plaine et Kalundu à Bipemba et le quartier Mintembela à la Kanshi où déjà des grandes maisons sont construites.

Concernant spécifiquement des érosions qui déchirent le tissu écologique et environnemental de cette métropole, Albert Kabongo a expliqué que la géologie de la ville de Mbuji-Mayi est constituée d’une succession de sable, sable argileux, argile sableuse, argile et substrat constituée de la roche calcaire.

Pour lui, lorsque le drainage des eaux n’est pas assuré jusqu’à l’exutoire, en principe la rivière, des accumulations des eaux se créent dans des zones basses de la ville de sorte que leurs infiltrations vont favoriser le phénomène Karstique (corrosion du calcaire) et ces eaux de pluie chargées du gaz carbonique en contact avec ce calcaire provoque sa dissolution. D’où, des vides qui sont créés à l’intérieur du sous-sol qui, à la suite de la pesanteur, favorise des effondrements ou des érosions.

Kasaï : 50 têtes d’érosion dénombrées dans la ville de Tshikapa

  La ville de Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, compte à ce jour 50 têtes d’érosions qui menacent de détruire plusieurs quartiers de cette agglomération, a constaté l’ACP.

La commune de Kanzala en compte 19, Mabondo 5, Mbumba 9, Dibumba 1 (11) et Dibumba 2 (6). Le directeur provincial de l’Office des voiries et drainages (OVD) pour le Kasaï,  l’Ir. David Tuluenga, a attribué cette situation au manque d’ouvrages d’assainissement et à la gestion irresponsable des eaux de ruissellement de pluie.

Les constructions anarchiques et l’absence de l’outil de travail à l’OVD/Kasaï ont accentué également l’ampleur de ce phénomène naturel qui appelle l’implication de l’exécutif provincial.

L’OVD/Kasaï a stabilisé un certain nombre de têtes d’érosions en 2020 dont celle de la place « SOCAGI » grâce à la construction d’un collecteur de 1.522 mètres.

 Kananga menacée par 45 têtes d’érosions

 Quarante-cinq 45 têtes d’érosion parmi les 53 recensées au Kasaï Central menacent de faire disparaitre la ville de Kananga, traduisant ainsi l’ampleur du danger qui guette cette province.

Sans pour autant épargner des maisons d’habitations, des infrastructures scolaires, ferroviaires,  aéroportuaires et autres édifices public de l’Etat, leur progression inquiétante constitue un véritable casse-tête pour la collectivité locale.

La nature argilo-sablonneuse du  sol figure parmi les facteurs favorisant ce problème préoccupant de l’environnement à Kananga. Parallèlement à la croissance démographique galopante de la population passée en 60 ans de 100.000 habitants ( en 1960) à près de 2 millions d’âmes à ce jour, ce fléau naturel est amplifié aussi par l’inexistence d’un  plan directeur et d’aménagement actualisé de cette agglomération urbaine.

L’invasion des sites impropres à l’habitat, le non-respect des textes relatifs à l’aménagement et à l’urbanisme et le manque de collaboration entre les services techniques et l’autorité publique pour la réalisation de certaines infrastructures expliquent aussi ce phénomène. Bien plus, l’insuffisance des techniciens du domaine et la spoliation des espaces classés du domaine public de l’Etat amplifient également l’équation.

Travaux antiérosifs et de sauvegarde dans la ville

 Face au mal, le gouvernement congolais a financé certains travaux antiérosifs et de sauvegarde pour combattre les têtes d’érosions emblématiques sur les sites de Kamulumba, des installations de la SNCC, de l’ex avenue Macar, Bena Mande,BenaMukangala, Kele-Kele, etc.

Il s’est agi dans le même contexte de la réfection et de la reconstruction des caniveaux et égouts pour évacuer des eaux usées et de pluie. D’entre tous, le lancement d’une campagne de sensibilisation contre des pratiques érosives sur les constructions anarchiques et le renforcement des capacités techniques de l’OVD et de l’Office des Routes pour l’acquisition d’un outil de travail approprié sont les plus impérieux dans cette lutte.

Kwango : juchée sur une colline, la ville de Kenge exposée à la menace des érosions

 Située à 275 km de Kinshasa, la ville de Kenge, chef-lieu du Kwango, est construite sur une colline avec des versants savanicoles débouchant sur des sources d’eaux aux alentours l’exposant à des érosions ou à des têtes d’érosions de tous les côtés, a constaté l’ACP.

L’absence d’une politique de canalisation des eaux de pluie,  les constructions anarchiques ainsi que le manque de reboisement des espaces savanicoles sont à la base des érosions  dans plusieurs quartiers qui rendent la ville inaccessible à certains endroits où les avenues sont coupées, a-t-on constaté.

La lutte antiérosive à Kenge nécessite de travailler en synergie par tous les services de l’Etat concernés, au moment où aucune ligne budgétaire ne leur est accessible.

L’OVD intervient essentiellement pour les cas d’érosions qui menacent la voirie ou la chaussée, d’où la nécessité d’une mise en commun de tous les acteurs qui interviennent dans le lotissement, a expliqué cette source à l’ACP.

Cependant, la vraie lutte à Kenge consiste à creuser des bassins de rétention d’eaux ainsi que la construction des collecteurs pour canaliser les eaux jusqu’au lit des rivières.

 Kwilu : 325 têtes d’érosions identifiées à Kikwit

 La ville de Kikwit au Kwilu située à plus de 500 km de Kinshasa compte 325 têtes d’érosions identifiées à travers les 4 communes de cette entité, à savoir Lukolela, Lukemi, Nzinda et Kazamba, selon les études sur l’assainissement et drainage de la ville de Kikwit présenté par Ir Abarama coordonnateur provincial de l’OVDA Kwilu.

Ces érosions freinent le développement de la ville de Kikwit car elles détruisent des quartiers, les avenues ainsi que plusieurs maisons. A la base de cette situation, on note en premier lieu la situation géographique de la ville, construite sur un relief accidenté créant ainsi le ruissèlement des eaux de pluie mal gérées suite au manque de la canalisation.

La  deuxième cause est liée au facteur humain notamment aux constructions anarchiques, favorisées par la complaisance des certains

services publics de l’Etat,  dans les endroits jadis réservés à la végétation.

Grâce aux efforts consentis par les gouvernements central et  provincial pour arriver à remédier à cette situation qui nécessite des gros moyens financiers et matériels, quelques têtes d’érosions ont été maitrisées notamment le ravin de la vallée dans la commune de Lukolela, Kaggwa dans la commune de Lukemi,  celle de la carrière qui avait coupé en deux la Route nationale n° 1 Kinshasa-Kikwit.

Les autres continuent leur progression normale notamment celle du site de Mumene, Pasasi et Luhemba dans la commune de Kazamba ainsi que celle de Kanzombi qui risque même d’effacer ce quartier sur la carte de Kikwit.

Lomami : une vingtaine de ravins menacent le tissu écologique de Mwene Ditu

 Une vingtaine de ravins répertoriés dans la ville ferroviaire de MweneDitu dans la  province de Lomami parmi lesquels six réputés  dangereux, à savoir, Kamush, Macici, Kayoka, Université de MweneDitu et  Saint-Martin, menacent le tissu écologique et la structure physique de cette contrée.

Cette situation catastrophique est causée notamment par l’absence des caniveaux devant acheminer dans les exécutoires, les eaux de ruissellement des pluies intermittentes qui s’abattent régulièrement sur l’ensemble de cette contrée, a révélé l’Ir Adolphe Kalenga Odia, chef de bureau urbain de l’Urbanisme.

M. Jacques Simon NtambueLuabeya, coordonnateur urbain de la Nouvelle société civile congolaise, a, pour sa part, soutenu que le sol de MweneDitu où le phénomène ravinement a déjà détruit plusieurs infrastructures tant scolaires que les parcelles résidentielles, tend à ronger la voie ferrée de la SNCC.

Il demande au gouvernement qui sera mis en place d’inscrire la question de  la lutte anti érosive  parmi ses priorités, en octroyant à l’OVD et à l’OR des moyens suffisants pour la construction des routes et leur entretien.

Sud-Kivu : la ville de Bukavu en proie au phénomène érosif

Deux facteurs majeurs d’ordre naturel et anthropique expliquent l’ampleur de l’érosion dans la région des grands lacs en général et à Bukavu en particulier, selon les conclusions de différentes recherches réalisées par des experts sur la thématique évoquée.

Tel est le cas de la publication intitulée « le fantôme de l’érosion hante la ville de Bukavu », réalisée par Vincent MukwegeBuhendwa, qui sonne comme un cri d’alarme complémentaire à d’autres qui alertent davantage sur les effets néfastes de l’érosion.

Au sujet des facteurs naturels à l’origine du glissement de terrain et de l’érosion, la publication cite entre autres la tectonique, la lithologie, l’érosion régressive et le climat comme facteur déclencheur de l’instabilité.

 De tous ces facteurs, le climat est considéré comme facteur déclencheur d’instabilité avec une forte influence sur l’érosion dans la ville de Bukavu et ses environs.

Les chercheurs s’accordent à dire que l’alternance en saisons sèche et humide favorise grandement l’érosion et les mouvements de terrain. Les pluies abondantes et répétées contribuent à modifier les propriétés géotectoniques des sols, ce qui augmente la pression statique de l’eau dans les massifs perméables et cela favorise ou provoque les glissements de terrain.

S’agissant des facteurs liés aux activités de l’homme, les résultats de recherches menées par P. Mweze et al., attestent que la ville de Bukavu est d’une superficie de 62Km2 dont 43Km2 de terre ferme et 19Km2 couvrant les eaux du Lac-Kivu.

Pendant que la population ne cesse de s’accroître sur cet espace demeuré immuable, les problèmes environnementaux de cette croissance démographique ne sont alors qu’une conséquence à laquelle tout le monde pouvait s’attendre.

Sur le plan spatial, d’après les données fournies par les chercheurs, le bâti était de 3,39Km2 en 1960 contre 18,73Km2 couvrant la forêt tandis qu’à leur tour, les champs s’étendaient déjà sur 20,88Km2.

Pendant ce temps, une croissance démographique presqu’exponentielle ne faisait que rétrécir cet espace en proie à une érosion régressive. Les recherches ont  démontré que le gros de sites à haut risque est situé dans la commune de Kadutu où plus de dix sites ont été identifiés. Mais les communes de Bagira et d’Ibanda sont également touchées. Face à l’agressivité de l’érosion, les initiatives sont nombreuses mais presqu’inefficaces à Bukavu, soulignent les chercheurs.

La principale lutte antiérosive consiste à planter des arbres qui, aux dires des chercheurs, ont un effet reconnu mais toujours limité quant à la stabilisation du sol et des sites. Dans des conditions de ravinement, glissement et affaissement, ces arbres plantés pour barrer la route à l’érosion finissent par s’écrouler dans le temps.

Une autre pratique antiérosive constatée est l’empaquetage de la terre dans des sacs plastiques transpercés des piquets qui les maintiennent dans le sol. Au demeurant, d’autres stratégies sont formulées, entre autres, réhabiliter les infrastructures routières. L’Etat congolais se doit d’inscrire le développement des infrastructures de la ville de Bukavu dans ses actions prioritaires.

Les chercheurs ont par ailleurs suggéré la construction d’une autre/nouvelle ville comme solution ultime à cette problématique.

La Route nationale numéro 5 menacée par des érosions à Uvira et  Fizi

 Plusieurs têtes d’érosions observées dans les territoires d’Uvira et Fizi,  perceptibles à partir des escarpements de Ngomo entre Bukavu et Kamanyola en passant par Luvungi,Luberizi, Sange,Runingu,Kiliba,Uvira,Makobola,Mboko,Nundu ,Baraka,Fizi et Lulimba,  menacent de coupure totale de la Route nationale (RN5) pour les véhicules de petit et gros tonnage .

Les inondations, le glissement de terre, la montée des eaux du lac Tanganyika sont les principales causes de ce phénomène. Les plus redoutables sur ce tronçon entre Uvira et Fizi sont celles observées à Ngomo, Sange, Runingu, Luhanga, Mboko et Nundu ,qui souvent bloquent la libre circulation des engins pendant plusieurs heures voire des jours pour atteindre l’autre côté. Les usagers de cette route plaident pour la réhabilitation de ces têtes d’érosions pour éviter  le pire avant les  pluies des mois de mars et d’avril 2021.

Tanganyika : tous les 16 quartiers de Kalemie à la merci des érosions

 Plusieurs têtes d’érosions, dont la plupart datent depuis de nombreuses années,  menacent les seize quartiers de la ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika.

La plus grande tête d’érosion de la ville se trouve entre la prison centrale et l’ancien bureau de cité de Kalemie. Cette érosion a englouti totalement l’avenue appelée Route Makala qui, du  jour au lendemain, a été envahie par une petite brousse.

Une autre érosion  est perceptible sur  l’avenue Sendwe vers le quartier Mateo où elle  menace la Route nationale 5 qui traverse la ville de Kalemie. Par ailleurs, les autres grandes artères de la ville de Kalemie sont dans un état piteux, car rongées par des têtes d’érosions.

Avec sa terre sablonneuse, Kalemie connaît un problème considérable de têtes d’érosion. Les creusages des collines, de nombreuses  constructions anarchiques, les eaux qui suintent des tuyaux défectueux de la Regideso, les ruissellements des eaux des pluies non canalisées constituent autant des causes de ces têtes d’érosion dans les plusieurs quartiers du chef-lieu de Tanganyika.

Haut Lomami : les avenues de Kamina rongées par les érosions

 La plupart des avenues de la ville de Kamina, chef-lieu de la province du Haut Lomami, sont rongées par des érosions dues à l’absence des travaux d’assainissement appropriés, a constaté l’ACP à Kamina.

Certaines de ces avenues qui portent pourtant des noms prestigieux de certaines personnalités congolaises telles que KasaVubu, Sendwe sont parsemées des larges trous qui recueillent des eaux de pluies y rendant impraticable la circulation non seulement aux véhicules mais aussi aux motards et aux piétons.

En 2018 l’autorité provinciale avait créé une brigade d’aménagement pour l’entretien des avenues, mais cette brigade n’avait pas duré plus de six mois faute de paiement des agents commis à l’exécution des travaux.

Haut Katanga : des têtes d’érosions en plein centre-ville de Kasumbalesa

 Deux têtes d’érosions se sont manifestées en plein centre-ville de Kasumbalesa et menacent de couper la Route nationale no1. La première se situe à la hauteur du temple de l’Eglise des Témoins de Jéhovah et la seconde face au temple de l’Eglise Kimbanguiste.

Ces érosions ont englouti, l’année dernière, une dizaine de maisons d’habitation dans cette ville qui ne dispose d’aucun de lutte contre ce genre de catastrophes naturelles.

Outre ces deux têtes d’érosions, d’autres encore sont signalées dans certains quartiers de Kasumbalesa.

Selon les experts en matière d’environnement, ces érosions sont provoquées par la construction des maisons d’habitation et autres bâtisses au mépris des normes urbanistiques.

Kasumbalesa est une ville frontalière de la province du Haut Katanga à 90 km de Lubumbashi et constitue la porte d’entrée et de sortie de la République Démocratique du Congo vers l’Afrique Australe.

Ituri : des têtes d’érosion dans certains quartiers de Bunia

 La ronde qui a été effectué par l’ACP, a révélé que plusieurs maisons sont menacées par des têtes d’érosion dans certains quartiers de la ville de Bunia notamment dans les quartiers Lumumba et Sukisadans la commune de Mbunya, a constaté l’ACP après une ronde à travers la ville.

A niveau du quartier Lumumba plus particulièrement sur l’avenue Ituri, plusieurs maisons d’habitation sont actuellement en danger du fait qu’elles sont traversées par le sillon d’une érosion,  au grand dam de leurs propriétaires qui observent impuissamment la lente et inexorable disparition de leurs maisons.

Même décor de l’autre côté de la rivière Nyamukauau quartier « Sukisa » où plusieurs maisons sont menacées par des têtes d’érosion qui arrachent à chaque pluie une bonne partie de terre.

Interrogé dans son bureau de travail,  le directeur provincial de l’Office des voiries et drainage (OVD, Raphaël Lobo Mpumbu, a déclaré que la situation des érosions dans la ville de Bunia est « maîtrisable » si les moyens sont débloqués au moment opportun.

En guise de solutions face à ces menaces, il préconise deux schémas pour contrer les érosions. D’abord construire un collecteur de part et d’autre du sillon pour acheminer de l’eau jusqu’à dans un bassin de rétention préalablement aménagé.

Ensuite, selon Raphaël Lobo Lobo, la seconde possibilité qui qui ne peut être que provisoire faute d’un budget conséquent présente le danger permanent lorsque le bassin de rétention appelée par les initiés « bombe à retardement » peut provoquer d’énormes dégâts matériels et humains lorsque qu’elle n’est  pas vidée à temps à la fin de chaque pluie.

Ce responsable de l’OVD souligne enfin que les causes des érosions à Bunia sont notamment les constructions anarchiques, la mauvaise canalisation des eaux usées ou de pluie et l’état fragile du sol. ACP/Kayu/KJI/JLL