Une monographie du MRAC consacrée à la province de la Tshopo

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Bruxelles, 24 fev (APA) – Le Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC) vient de publier une nouvelle monographie consacrée cette fois à la Tshopo, l’une des vingt-six nouvelles entités provinciales de la RDC.

Sous le titre « Tshopo – Laborieuse construction politico-administrative coloniale muée en bastion du nationalisme congolais », cet ouvrage de 663 pages, abondamment illustré, traite largement du peuplement, de l’organisation administrative et de la gestion sociopolitique de cette province, qui est la plus grande du pays par la superficie et dont un des territoires, Bafwasende, est aussi le plus grand de la RDC.

Le fleuve Congo et les rivières qui s’y jettent font de la Tshopo une région de contacts, de cultures et de peuples. Il s’agit d’une « région au peuplement très diversifié et au territoire composite, qui a subi des dominations étrangères violentes avant de constituer le bastion du nationalisme congolais », écrit Guido Gryseels, le directeur général du MRAC, dans la préface.

Trois grandes familles linguistiques s’y côtoient : bantu, soudanaise et pygmée. Parmi les populations autochtones, « au sens où celles-ci furent établies par les Européens à la fin du XIXè siècle », on dénombre les Bali, Mba, Lombi, Basoo, Enya, Komo, Lengola, Mbole, Likile, Lokele, Mituku, Mwingi, Ngando, Ngelema, Olombo, Popoi, Mbuti, Topoke, Turumbu, Babango, Ababoa, etc.

Sur le plan économique, la province est bien lotie : outre les activités de chasse, de culture en forêt et en savane, de pêche et de cueillette et d’élevage, il y a aussi plusieurs activités agricoles, avec des cultures pérennes avec de vastes plantations (café, cacao, riz, etc.), sans oublier les activités commerciales et industrielles, ainsi que les infrastructures de transport.

L’ouvrage insiste sur la place et le rôle de la ville principale, Kisangani, « qui constitue l’affiche dominante de l’identité de la province dont l’Histoire est marquée par de nombreux événements majeurs », peut-on lire dans la préface qui rappelle qu’il y a eu « les conquêtes arabo-swahili et européennes de la fin du XlXe siècle, la tutelle de la ville nommée Stanleyville comme chef-lieu d’abord du district sous l’Etat indépendant du Congo (EIC), puis de la deuxième province coloniale créée en 1913, après celle du Katanga, dans l’expérimentation de l’organisation politico-administrative du pays ».

La préface souligne par ailleurs « l’implication sociopolitique de Kisangani et de sa région dans les événements de la fin du Congo colonial et dans l’évolution qui s’en suivit ». Cependant, c’est au « bastion du lumumbisme » que s’intéresse, dans l’avant-propos,  Jean Omasombo Tshonda, professeur à l’Université de Kinshasa et chercheur au MRAC, qui comme à l’accoutumée, a dirigé l’élaboration de cet ouvrage.

Le Pr Omasombo relève le fait que ni Lumumba ni ses lieutenants « n’étaient issus des peuples dits autochtones de la Tshopo ». Selon lui, c’est « une réalité différente de celle qui se passait ailleurs dans tout le pays où chaque province portait généralement des mouvements politiques animés par des acteurs originaires ».

 «  C’est le sens du nationalisme congolais qui s’établit à Stanleyville et dans la province Orientale.  C’est à partir de la ville de Kisangani comme foyer que le mouvement essaima rapidement dans l’ensemble de la province. », Explique-t-il.

Tshopo est la quatorzième province à laquelle le MARC  consacre une monographie, la première ayant été le Maniema et la treizième le Nord-Ubangi. L’équipe du musée a également publié un ouvrage sur la décentralisation en RDC, rappelle-t-on. ACP/Kayu/KJI/JLL