Le leadership féminin vu par une ophtalmologiste

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(Par MUSUSA Kitenge K.)Kinshasa, 07 mars 2021(ACP).- A chaque 8 mars,  son thème. Le troisième mois de l’année 2021 ne déroge pas à la règle. En plus, il se drape des couleurs à l’air du temps : «Leadership féminin pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19».

L’égalité entre homme et femme ; comme un refrain, revient à chaque célébration de la Journée internationale des droits de la femme. Même si, pour l’anecdote, certaines Congolaises boudent la féminisation des titres officiels et même si une scientifique européenne de renom soutient que «l’égalité éteint le désir».

Voilà qu’en 2021, les Nations Unies évoquent le leadership féminin face à la Covid-19. Eve serait-elle plus apte qu’Adam contre la pandémie.  Et voici ce qu’en dit la docteure Annick Mwilambwe pour motiver ses congénères. Cette directrice d’une clinique d’ophtalmologie à Kinshasa,  dont le leadership s’est corsé avec les défis relevés, prévient et conseille. A  la jeune fille, elle prévient que «ton diplôme et tes études, c’est ton mari qui ne va jamais te répudier». A l’adulte, elle concède qu’ «il n’y a des limites que celles qu’on s’impose soi-même».

En ce 8 mars 2021, en s’adressant aux unes et aux autres, elle insiste : «La femme doit se dire qu’elle a les mêmes droits que les hommes, droit aux études, droit à s’épanouir, droit à aller le plus loin possible, droit de rêver». Elle martèle : «Femme, considérez que vous êtes fortes, que vous êtes capables, que vous pouvez aller le plus loin possible. Il n’y a personne, même la personne que vous aimez le plus au monde, personne ne peut vous empêcher de devenir ce que vous voulez être. Sachez d’abord qui vous êtes avant de demander à d’autres de vous considérer. Si vous ne savez pas ce que vous êtes, vous êtes comme une feuille  qui est ballotée à gauche et à droite ».

Dre Annick Mwilambwe sait pourquoi elle insiste sur ces mises en gardes.  Elle-même a obtenu son diplôme en médecine en 1987 et celui de spécialisation en ophtalmologie en 1994 à l’Université de Kinshasa malgré des prédictions décourageantes de son entourage. Elle fit preuve d’une grande humilité en allant tout reprendre à zéro en ophtalmologie dans une université canadienne, pour décrocher finalement son doctorat et son poste de professeure chargée d’enseignement clinique.

Elle revient au pays où elle implante une clinique d’ophtalmologie en septembre 2019 au centre de Kinshasa et crée une fondation en 2020.

Les deux structures  ont pour missions d’offrir à la RDC les meilleures connaissances et informations en soins oculaires avec des équipements modernes. Elles visent également l’implantation d’un réseau de cliniques  d’ophtalmologie modernes à l’échelle nationale et la formation des spécialistes compétents aux standards internationaux. ACP/CL/May