Lutter contre les préjugés discriminatoires à l’égard de la femme rurale

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Mbuji-Mayi, 07 mars 2021 (ACP).- La situation de la femme rurale dans la province du Kasaï Oriental appelle un travail de fond en faveur de sa promotion culturelle, sociale et économique. Pour ce faire, l’un des défis à relever est celui de l’image et de la situation traditionnelle de la femme comme citoyenne de seconde zone, aux droits fort limités en fonction des intérêts égoïstes et de la violence de l’homme.

Certaines dispositions de la Constitution de la République Démocratique du Congo prévoient de tenir compte de certains droits catégoriels spécifiques garantis par cette loi fondamentale, tels que les droits de la femme, les droits de l’enfant, les droits de la personne vivant avec handicap et les droits des personnes du troisième âge. C’est dans ce cadre que mues par la volonté d’aider le gouvernement de la République, des structures partenaires et autres ONG prévoient d’amener la population rurale au respect des droits fondamentaux de l’homme (homme, femme et enfant) pour le développement harmonieux et intégral dans les milieux ruraux, avec ici une attention particulière sur les femmes et les filles.

Ces structures s’attèlent à rapporter, examiner et corriger les perceptions erronées que l’on a de la femme. Elles encouragent la communauté à revoir ses préjugés et à évoluer vers une réduction de l’idée rétrograde que l’on se fait de la femme.

Alors qu’elles constituent une majorité sociale (soit 52% de la population), les femmes rurales de la RDC, et particulièrement les Est-Kasaïennes, sont minorisées dans beaucoup de secteurs de la vie et du travail, avec des stéréotypes qui, du fait de certaines pesanteurs culturelles, contribuent au mépris de soi et à leur éloignement de la participation active et responsable dans la vie de la famille et de la communauté, alors qu’elles en ont le droit et les compétences.

Pour la majorité de femmes rurales, la vie sera marquée par l’analphabétisme, l’abandon scolaire, le mariage précoce, la violence de l’homme, la surcharge de tâches domestiques et sociales souvent dures et ingrates. Et cette discrimination n’est pas seulement le fait de la communauté rurale ; on la retrouve aussi chez les hommes d’un certain niveau d’instruction. Les femmes elles-mêmes ont intériorisé cette situation, au point d’être les piliers de leur souffrance dans la société, au nom d’une certaine fidélité à la tradition et aux coutumes ancestrales.

Pour faire face à cette situation, nous sommes convaincus que les médias audiovisuels communautaires et/ou ruraux,  ont un grand rôle à jouer, compte tenu de leur impact dans la formation des convictions et la transmission de la culture.

Pour atteindre ces objectifs, l’accompagnement des dames devra tenir compte de quelques domaines d’intervention : L’alphabétisation des adultes, afin de permettre de lire, écrire, conjuguer quelques verbes et calculer, étant donné que dans nos milieux ruraux, les femmes sont victimes de l’exclusion du système de l’éducation depuis des années, à cause des pesanteurs culturelles ; L’initiation à des petits métiers : fabrication du savon, du vin, bonne cuisine ; Droits avec une formation pour aider les femmes à connaître leur identité, leur statut, à prendre conscience de leurs potentialités et à les mettre en pratique pour leur épanouissement et pour un bon développement ; Santé maternelle : l’objectif consiste ici à assurer une action préventive par l’éducation sanitaire qui offre à la femme les connaissances sur les responsabilités qu’elle a sur la santé de la famille toute entière, sur les avantages de la famille en rapport avec la santé de la mère et sur le développement général de l’enfant.

Il est plus qu’impérieux pour les intervenants dans ce secteur, de poursuivre l’objectif principal qui consiste en l’amélioration, en partenariat avec tous les acteurs étatiques et non étatiques, des conditions de vie de la femme et de la fille par le développement participatif d’un environnement social, économique et culturel.

Le changement de mentalités n’est pas une affaire d’un jour, un mois, une année. C’est un processus qui exige beaucoup de patience pour réussir. La sensibilisation, le suivi sur terrain, la conscientisation de certains maris, sont autant d’actions qu’il faut mener progressivement, pour arriver à une amélioration des conditions de vie, à la récupération des dames pour un développement harmonieux. ACP/CL/May