Plaidoyer pour  la participation de la femme dans les instances de prise des décisions au Sud-Kivu

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Bukavu, 07 mars 2021 (ACP).- L’Union pour l’émancipation de la femme autochtone (UEFA) plaide pour la promotion et la participation de la femme pygmée dans les instances de prise des décisions, a indiqué vendredi Me Amato Ntabala, chargé du projet «Droits humains, Bonne gouvernance et Accès à la terre» au sein de cette organisation basée à Bukavu.

«Actuellement, l’UEFA constate dans les résultats qu’il y a des filles pygmées diplômées et des femmes pygmées à la tête des cliniques juridiques », a souligné Me Ntabala, parlant des avancées enregistrées grâce au plaidoyer mené par son organisation.

En plus de ces indicateurs, il a également évoqué l’augmentation du nombre des femmes pygmées, membres des mutuelles de solidarité et des Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), ajoutant que la femme pygmée commence à fréquenter les soins de santé moderne, ce qui n’était pas le cas dans le temps.

Le chargé de projet de l’UEFA a aussi constaté que la femme pygmée commence à réclamer ses droits à travers les comités locaux de médiation, dans les ateliers et d’autres structures locales notamment celles de prise de décisions.

Pour l’heure, l’UEFA interpelle toutes les autres femmes à se liguer pour la défense et la promotion des droits de la femme pygmée, a mentionné Me Ntabala qui s’occupe également du projet « Appui à l’engagement de la femme pygmée dans la lutte contre les violences sexuelles et violences basées sur le genre » dans le Sud-Kivu et le Tanganyika.

L’UEFA, mène ses activités notamment au Sud-Kivu, au Nord-Kivu, en Ituri, dans le Tanganyika avec une antenne à Kinshasa, rappelle-t-on.

Créée depuis 1994 dans le but de promouvoir la dignité de la femme autochtone, son intégration socio-économique, l’UEFA entend mener une lutte pour la promotion des activités génératrices de revenus en faveur de la femme autochtone.

Le plaidoyer du mouvement ‘’Rien Sans les Femmes ‘’ se poursuit

La secrétaire exécutive du Caucus des femmes congolaises du Sud-Kivu pour la paix et porte-parole nationale du mouvement « Rien Sans les Femmes », Solange Lwashiga Furaha a,  en prélude de la journée du 8 mars, indiqué que son mouvement entend poursuivre le plaidoyer jusqu’à atteindre les résultats escomptés.

« La représentation égalitaire homme-femme  dans les instances de prise des décisions à tous les niveaux, sur base de l’article 14 de la Constitution demeure l’objectif poursuivi par le mouvement, a déclaré Mme Lwashiga ».

S’exprimant à la veille de la journée internationale des droits des femmes, elle est revenue sur des actions de plaidoyer mené par son mouvement depuis 2015, année de création de ce regroupement des organisations et individus défenseurs des droits des femmes en RDC.

Tant que l’objectif  n’est pas atteint, le mouvement va poursuivre son plaidoyer, a dit la porte-parole du mouvement « Rien Sans les Femmes », avant d’apprécier des résultats obtenus grâce à ce  plaidoyer, sur le plan national, provincial et local.

A titre indicatif, elle a noté que sur le plan national, la représentation de la femme au sein du gouvernement central sortant est évaluée à 17%, un score considéré comme le plus élevé depuis 2006 par rapport aux gouvernements précédents, a fait remarquer la porte-parole du mouvement qui a émis le vœu de voir ce pourcentage aller au-delà de l’indice de 30%, même si la Constitution consacre la parité. L’idéal étant la représentation égalitaire au sein du gouvernement, a-t-elle renchéri, avant de faire part de l’engagement des ONG membres dans la lutte du travail en synergie, de la relation de collaboration avec les autorités comme points forts du mouvement.

Cependant, l’un des défis à relever, reste notamment le financement et l’élargissement à travers l’ensemble du pays, considérant que le mouvement «Rien Sans les Femmes» est déjà opérationnel dans 9 provinces de la RDC.

L’évaluation des activités souhaitée

Le point focal du mouvement «Rien Sans les Femmes» au Sud-Kivu, Espérance Mawanzo, s’est prononcée pour le suivi et l’évaluation des activités menées au courant des années précédentes. Elle s’est déclarée favorable quant au suivi et évaluation des recommandations issues des assises organisées précédemment dans le cadre du plaidoyer en faveur de la femme.

Mme Nawanzo signale que le thème retenu au niveau national et même international pour cette année est  bien noté. Cependant pour le Sud Kivu, sa proposition est «la société égalitaire» où les femmes et les hommes doivent être considérés au même pied d’égalité. Elle a plaidé pour que la sensibilisation s’étende sur toute l’année, du 08 mars 2021 au 08 mars 2022.  Selon elle, la journée du 08 mars n’est pas une journée pour le port de pagne mais plutôt pour la  revendication des droits des femmes. ACP/CL/May