La FIFA impose le Sud-africain Patrice Motsepe au Comité exécutif de la CAF

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Kinshasa, 09 mars 2021 (ACP).- La Fédération internationale de football association (FIFA) a réussi à imposer le milliardaire sud-africain Patrice Motsepe comme le prochain président à élire, le 12 mars 2021 à Rabat, au Maroc, à l’occasion de l’assemblée générale élective de la Confédération africaine de football (CAF).

Candidat de la FIFA, Patrice Motsepe a été porté à bout des bras par le président de cette instance faitière du football mondial, l’Italo-suisse Gianni Infatino, qui a remué ciel et terre pour convaincre les Africains, particulièrement les trois concurrents du Sud-africain au poste de président de la CAF à  retirer leurs candidatures et à accepter les nouveaux postes proposés ou imposés par le distributeur des cartes de la FIFA.

La messe de Nouakchott, qui a été dite sous l’impulsion de Gianni Infatino, présent lui-même en personne dans la capitale mauritanienne, a eu l’avantage de dissiper toutes les résistances dans le chef des candidats Ahmed Yahya, président de la Fédération mauritanienne de football, Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football et l’Ivoirien Jacques Anouma, président honoraire de la Fédération ivoirienne, et de sceller l’accord proposé par la FIFA autour de la candidature unique de Patrice Motsepe.

La démarche de la FIFA est justifiée par sa vision de voir le football africain se développer sous un nouveau leadership et sans le Malgache Ahmad Ahmad, président en fonction, qui a été proposé à la radiation par la Fédération internationale pour mégestion, laquelle a été décidée après le refus de la CAF de reconduire la mission chargée d’un audit général de la CAF, conduite par la secrétaire générale, la Sénégalaise Fatma Samoura. La FIFA voudrait d’ailleurs faire table rase en mettant hors d’état de nuire tous les anciens membres des équipes dirigeantes de la CAF, qui ont eu à gérer les fonds alloués par cette institution mondiale de football pour assurer le développement du football africain.

Patrice Motsepe a la préférence de la FIFA du fait qu’elle souhaite quelqu’un de nouveau pour attirer les nouveaux sponsors, les investisseurs et donner une plus belle image de la CAF après tout ce qui s’est passé, notamment les scandales financiers.

Il est relevé que durant la dernière décennie toutes les associations nationales sans exception ont reçu chacune une enveloppe chiffrée à 6.000.000 $US. Lors du dernier séjour du président de la FIFA en RD Congo, celui-ci se serait indigné en voyant le siège de la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Et il aurait même boudé sa visite programmée au Centre technique Patient Baudouin Kurara Mpova à Mikala, dans la commune de la N’sele, dans la banlieue de Kinshasa.

Mauvais exemple de la FIFA

Qu’à cela ne tienne, les opérateurs du football africain estiment que la FIFA, par son président Infantino interposé, ne se serait pas affichée ostensiblement comme elle l’a fait dans le dossier des élections à la CAF. Elle aurait dû jouer dans les couloirs et, surtout, laisser la démocratie s’exprimer parmi les associations nationales, ce qui aurait été comme une leçon administrée à ces dernières, dont on connait le mode d’accession et de maintien dans les Exécutifs des fédérations. Il est à croire que ce qui se passe aujourd’hui à la CAF doit servir d’inspiration au président de la FECOFA, Constant Omari Selemani, qui a eu à gérer cette association nationale comme sa poche, en plaçant les gens qu’il voulait à des postes indiqués par lui.

Il saute dès lors aux yeux que Patrice Motsepe prendra la présidence de la CAF, assisté des vice-présidents Ahmed Yahya et Augustin Senghor, l’Ivoirien Jacques Anouma devant prendre le poste de conseiller spécial du président.

La question que se posent d’aucun à partir de cet instant est de savoir quel est le programme d’action qui sera mis en avant car, chacun des quatre candidats avaient le sien, tout comme la FIFA. L’instance mondiale du football voudrait notamment porter les échéances de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) à quatre ans, à l’instar de la Coupe du monde. Position ou point de vue auquel la plupart des candidats n’ont pas adhéré.

Pourquoi la FIFA n’affiche pas la même attitude vis-à-vis d’autres confédérations, en leur imposant des candidats ou des politiques à suivre ? L’avenir immédiat ou lointain ne manquera pas de donner des réponses. ACP/Fng/Cfm/GGK