La croissance économique de la RDC clôturée à 0,8 %, selon la BCC

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Kinshasa, 11 mars 2021 (ACP).- Le rapport de la Banque Centrale du Congo (BCC) sur la politique monétaire indique que la croissance économique de la République démocratique du Congo (RDC) en 2020 s’est clôturée à 0,8%.

Ce rapport reçu jeudi à l’ACP indique que la BCC entend poursuivre des efforts  pour  pérenniser la stabilité macroéconomique en 2021 bien que cette croissance soit faible. Cette dernière a été la conséquence de la crise de COVID-19 qui a frappé l’économie congolaise dès mars 2020, précise le rapport.

«La conduite de la politique monétaire, en période de crise économique majeure est à la fois une tâche délicate et ardue ». Dans un tel contexte, les contraintes structurelles qui pèsent sur les canaux de transmission des impulsions monétaires se trouvent parfois renforcées.

D’où la complexité de la mise en œuvre d’une politique monétaire efficace en pareille situation, laquelle requiert des analyses minutieuses et un processus décisionnel cohérent », selon le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Déogratias Mutombo.

Il a  également fait savoir que le rapport sur la Politique monétaire planche globalement sur cette réalité de crise sanitaire qui a perturbé les agrégats économiques en 2020.

« La crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19, déclenchée dès le mois de mars en RDC, a perduré sur l’année, même si elle a progressivement décliné en intensité. Si les mesures sanitaires de riposte à cette pandémie ont eu le mérite de ralentir sa propagation, elles ont néanmoins entraîné des répercussions négatives sur l’économie, en particulier dans les secteurs où les activités avaient été momentanément suspendues. A l’inverse de nombreux pays à travers le monde, l’économie congolaise ne devrait pas sombrer dans la récession. Elle devrait se tirer grâce au dynamisme de son secteur extractif, en clôturant l’année avec une croissance positive, quoique faible, estimée à 0,8 % », a-t-il expliqué.

 Pendant cette période, a dit le gouverneur de la BCC, son institution  s’est retrouvée devant un dilemme dans l’orientation de sa politique monétaire frappée par la crise dès le début du trimestre.

Ce dilemme a consisté pour la BCC d’adopter une politique visant à assouplir son dispositif, en abaisser son taux directeur et le coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts à vue en monnaie nationale, afin de fournir de la liquidité aux banques à moindre coût et de leur permettre de soutenir l’activité économique. Plus tard, au second semestre, elle a été amenée à durcir sa politique monétaire en relevant son taux de base dans un contexte d’accélération de la dépréciation monétaire et des poussées inflationnistes.

Ces deux orientations en apparence contradictoires, reflètent plutôt, selon Déogratias Mutombo, la flexibilité et la capacité de la politique monétaire de la BCC  à s’ajuster aux évolutions de la conjoncture, surtout en période de crise, tout en restant conforme à la hiérarchie de ses objectifs.

« L’Institut d’Emission a poursuivi prioritairement l’objectif de stabilité du niveau général des prix. Toutefois, sans préjudice de cet objectif principal, il soutient la politique économique générale du gouvernement », a dit le gouverneur.

En conséquence, il a fait remarquer que l’action de la politique monétaire, couplée à celle de la politique budgétaire, a permis de ralentir l’inflation et de contenir la dépréciation monétaire dans des limites inférieures à celles postulées dans les scénarios les plus pessimistes.

M. Déogratias Mutombo a, par ailleurs, souligné l’importance d’une bonne coordination des politiques macroéconomiques, surtout en période de crise qui se sont organisées autour du dispositif de gestion des finances publiques sur « base caisse » et, dans son prolongement, autour du « pacte de stabilité » signé entre le gouvernement et la Banque centrale.

Avec ce pacte, le principe de non recours au financement monétaire des déficits publics, lequel a longtemps été le facteur principal à la base de l’instabilité du cadre macroéconomique, a été respecté scrupuleusement dès mai 2020.

N’eut été ce dispositif, a dit Déogratias Mutombo, la situation économique du pays se serait davantage détériorée. ACP/Fng/Awa