La petite bourgade de N’sontin  « explose »  à l’arrivée de la dépouille Joseph N’singa Udjuu Ungwakebi Untube

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N’sontin (Mai-Ndombe).- 11 Mars 2021 (ACP).- Petite bourgade dans le territoire de Kutu, province du Mai-Ndombe, N’sontin  a accueilli jeudi, en fin de matinée, la dépouille de « son illustre fils », l’ancien Premier ministre, Joseph N’singa Udjuu Ungwakebi Untube, arrivée par route, après une veillée mortuaire à l’africaine dans la résidence de l’illustre disparu de la cité de Semendwa, située à l’Est du village ou une messe de suffrages avait été dite en sa mémoire.

Le   cortège funèbre de l’ancien  ministre d’État à l’Intérieur du  maréchal  Mobutu a atteint en fin d’après-midi cette bourgade, chef-lieu du territoire de Kutu, bien avant l’époque coloniale belge. Des milliers de personnes notamment  des chefs coutumiers et traditionnels, venus des groupements de Mbamoshe et de Mbantin ont  fait le déplacement d’abord, de  Semendwa-Cité,  quelques-uns de N’sontin,  pour rendre les deniers hommages  à  « l’homme de  N’sontin », cinquième fils d’une famille des sept enfants issus de l’union  de « Papa catéchiste » Albert N’singa et de maman  Monkaju Meji Florence,  tous décédés.

Représentant le Président de la République,  Antoine Tshisekedi Tshilombo, à ces obsèques,   le gouverneur de la jeune province du Mai-Ndombe, Paul Mputu a affrété  deux avions deux avions pour la circonstance. Sur ordre du gouvernement de la République, l’Office des routes, dirigé par  un « fils du coin », Mutima Sakrini, a mobilisé  ses engins  pour remettre en état cette route en terre battue qui mène de Semendwa à  N’sontin.

Mais que reste-t-il de ce village qui a connu la visite du deuxième Président de la République, « le général » Joseph Désiré Mobutu qui  a  pris  le pouvoir en 1965 et  crée en 1967  le  Mouvement populaire de la révolution (MPR), avec notamment  Joseph N’singa et Étienne Tshisekedi comme  co-fondateurs.

Rien, sinon l’ombre de lui-même. N’sontin a perdu son éclat des années 1960, bien  qu’il a vu naître le 29 septembre 1934, ce digne fils du pays, un homme d’État, intègre, rassembleur,  défenseur du « Grand Bandundu » dont il avait décidé le déplacement du chef-lieu  de la ville de Kikwit  à  celle de Banningville, devenue  à la faveur de  la politique de recours à l’authenticité « Bandundu ».

N’sontin, situé entre les rivières Kasaï et Lukenie, une terre ferme que  les Basakata appellent « Kekla », n’a pas arrêté de pleurer Joseph N’singa, un homme fidèle à l’idéal et à son humanisme chrétien appris au Grand séminaire de Kabwe, au Kasaï.

Pour les jeunes congolais, Joseph N’singa est une grande leçon de sobriété et d’humilité.

Au lieu de chercher à vite s’enrichir au détriment de l’État,  les jeunes devront plutôt  se préoccuper,  à l’instar de Joseph  N’singa, du bien-être  de la population en se concentrant sur le développement l’arrière-pays. Décédé le 24 février 2021 à Kinshasa, la dépouille de Joseph Nsinga sera inhumée ce vendredi, au cimetière familial N’sontin.

Courte biographie

Joseph N’singa est né le 29 septembre 1934 à Nsontin dans la province du Bandundu. Il fait ses études au Grand séminaire de Kabwe, au Kasaï, avant de les poursuivre  à l’Université Lovanium. Il contribua en 1967 avec Justin Bomboko et Étienne Tshisekedi à la création du Mouvement populaire de la révolution (MPR), le Parti-Etat qui consolida tous les pouvoirs à Mobutu.

En 1966, il devient ministre de la Justice, pour devenir ensuite ministre de l’Intérieur en 1969. De 1975 à 1980, il est PDG de l’INSS.

D’avril 1981 à novembre 1982, Il est Premier commissaire d’État (Premier ministre).

En 1986, il devient Commissaire d’État à la Justice, titre  équivalent à celui de ministre de la Justice. Il est de nouveau ministre de la Justice de 1995 à 1997.

En avril 1997, il fait partie du gouvernement de Likulia Bolongo en tant que ministre du Plan et de la Reconstruction nationale, avant de connaitre l’exil en Afrique du Sud.

Revenu d’exil sous les auspices de M’zée Laurent-Désiré Kabila, il sera élu député national en 2006.

Au sein de l’Assemblée nationale, il exercera les fonctions de rapporteur de la commission politico-judiciaire. ACP/Fng/Awa