La BCC projette une augmentation de la base monétaire à 30,4% au cours de cet exercice 2021

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Kinshasa, 16 mars 2021 (ACP).-  Le directeur général de la politique monétaire et des opérations bancaires de la Banque centrale du Congo (BCC) Jean-Louis Kayembe, a indiqué que son institution d’émission projette une augmentation de la base monétaire au sens strict à 30,4% et la masse monétaire à 33,8% au sens large au cours de  l’exercice 2021.

Selon un document de restitution d’information de la BCC  parvenu mardi à l’ACP, le directeur général Kayembe qui réagissait à une question sur le rapport sur la politique monétaire en 2020 présenté par le gouverneur de la BCC Deogratias Mutombo, a fait savoir que cette initiative permettra de poursuivre avec une politique monétaire prudente, dans le but de veiller à la stabilité du cadre  macro-économique.

Il a ajouté dans  ce cadre que le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC)  et la BCC devraient veiller au respect du pacte de stabilité, en alignant les dépenses en fonction des recettes, écartant ainsi tout risque de retour du financement monétaire.

 « Le contrôle des objectifs opératoire et intermédiaire de la politique monétaire devrait permettre le maintien de la stabilité de la monnaie nationale. Aussi, dans l’hypothèse de la maîtrise de la pandémie au second semestre de l’année 2021, du raffermissement de la croissance économique et du respect du pacte de stabilité, le rythme de formation des prix devrait-il progressivement baisser tout au long de l’année 2021 et se situer à 5,54% à fin décembre 2021, en deçà de l’objectif à moyen terme de 7,0 % », a souligné le directeur Kayembe.

 La covid-19, un coup d’arrêt à l’élan amorcé par l’économie mondiale en 2019

Répondant à la question sur l’impact de la covid-19 sur la politique monétaire  en RDC, le directeur général a indiqué que bien que la politique monétaire et de change de la BCC est demeurée globalement prudente face aux effets néfastes de cette pandémie, cette dernière a toutefois perturbé les chaines de valeurs mondiales à travers, notamment les mesures de confinement et de fermetures des frontières, en paralysant plusieurs secteurs d’activités économiques.

Ainsi, a-t-il ajouté, en se rapportant avec les perspectives de l’économie mondiale publiées en janvier 2021, le Fonds monétaire international (FMI) table sur une contraction de l’économie mondiale de 3,5 % en 2020, après une croissance de 2,8 % réalisée l’année précédente.

 Quant aux effets négatifs de la covid-19 sur la production des biens et services ainsi que de leurs prix au niveau national en tenant compte de la dépense extérieur de l’économie congolaise, il a fait noter que ces effets se sont transmis à l’économie par les canaux du commerce extérieur, des investissements directs étrangers et des donations extérieures. Ils ont induit un ralentissement significatif de l’activité économique.

« En effet, sur la base des réalisations de production à fin septembre 2020, le taux de croissance s’est situé à 0,8 % contre 4,4% en 2019. Au niveau sectoriel, le secteur primaire a connu une progression de 5,2%, tandis que les secteurs secondaire et tertiaire se sont contractés respectivement de 4,0% et 0,5%. Sur le marché des biens et services, il a été noté l’accélération du rythme de formation des prix. En effet, le taux d’inflation s’est établi à 15,76% en 2020, face à un objectif de moyen terme de 7,0 %, et une réalisation de 4,59% en 2019 », a déclaré le directeur de la politique monétaire.

  1. Kayembe a précisé dans le même cadre, que la gestion des finances publiques a été marquée par des déficits mensuels successifs, en raison de la faible mobilisation des recettes induite par le choc lié à la pandémie de Covid-19 ce, face à une expansion des dépenses publiques. Ainsi, la loi des Finances pour l’exercice 2020, chiffrée à 18.545,2 milliards de CDF, a été révisée à 9.272,6 milliards au second semestre, dans le cadre du collectif budgétaire. Toutefois, lesdits déficits ont été couverts, outre le recours au financement monétaire de janvier à avril, par des financements sains, principalement les appuis budgétaires du FMI et de la BAD mais également par le guichet spécial de refinancement d’une maturité de 3 à 24 mois mise en place pour augmenter les ressources des banques.

Les stratégies mises en place

Répondant à la question sur les stratégies mise en place par la BCC pour sauvegarder les grands équilibres, le Directeur Kayembe a relevé qu’un guichet spécial de refinancement d’une maturité allant de 3 à 24 mois a été mis en place afin d’augmenter les ressources des banques pour soutenir l’activité économique en période de crise sanitaire de la Covid-19.

« Il convient de relever qu’au moment où s’opéraient ces ajustements baissiers, le taux d’inflation était encore en dessous de 4 % et le franc congolais stable. Cependant, à la suite du dérapage observé dans l’évolution des principaux indicateurs de la conjoncture, entre les mois d’avril et juillet, il a été procédé au durcissement de la politique monétaire, essentiellement à travers le relèvement du taux directeur, en date du 03 août 2020, de 7,5 % à 18,5%, et à la mise en œuvre d’un certain nombre de mesures, pour contenir les pressions sur les marchés. La principale de ces mesures a été la signature du pacte de stabilité entre le gouvernement et la Banque centrale du Congo. Ces mesures ont permis le retour de la stabilité interne et externe du franc congolais entre les mois d’août et de décembre 2020 », a déclaré le directeur général.

 Il a par ailleurs rappelé  l’action entreprise par  l’autorité monétaire, telle que évoquée par le gouverneur de la BCC à la première réunion ordinaire de la CPM. Celle-ci est orientée  dans un premier temps dans le sens de l’injection de la liquidité pour atténuer l’impact négatif de la pandémie de la Covid-19 sur l’économie. Ainsi, le taux directeur avait été abaissé de 1,5 point de pourcentage au mois de mars 2020, passant de 9,0 % à 7,5 %. Le coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts à vue en monnaie nationale avait été revu à la baisse, passant de 2,0 à 0,0 %. Pour ce qui est des coefficients sur les dépôts à terme et à vue en devises ainsi que les dépôts à terme en monnaie nationale, ils ont été maintenus inchangés, soit respectivement    12,0 %, 13,0 % et 0,0%.ACP/