Le Parc National de l’Upemba dans le Haut-Lomami, une industrie touristique d’avenir

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Kinshasa, 20 mars 2021 (ACP).-  Le parc national de l’Upemba (PNU), créé par décret royal du 15 mai 1939 totalise en mai prochain 82 ans d’âge et fût le plus grand parc d’Afrique à l’époque avec 1.773.000 hectares, indique un document d’aspect bibliographique de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) parvenu à l’ACP. Ce parc a connu plusieurs tractations pour sa délimitation qui ont abouti à la signature, par le Président de la République, de l’ordonnance No75-241 du 22 juillet 1975 portant fixation définitive des limites du parc national de l’Upemba concentré sur une superficie de 17.730 km2, son étendue actuelle, souligne la source.

Le PNU, troisième parc à être créé et deuxième plus grand par sa superficie en RDC se situe entre 25° et 28° de longitude Est et entre 7° et 10° de latitude Sud et couvre une partie des territoires de Bukama et de Malemba Nkulu/province du Haut-Lomami, de Mitwaba/province du Haut-Katanga et de Lubudi/province du Lualaba, signale la source.

Upemba  fait  partie   d’un  vaste  réseau d’aires  protégées,  il est d’une  part  entouré   par la réserve de Mufufya  (21.000 hectares), le domaine de chasse de  Lubudi-Sampwe    287.000  hectares  et  le domaine de chasse de Bena-Mulumbu  avec 560.000 hectares, d’autre  part, il est contigu au Parc National de Kundelungu avec lequel, ils forment  le Complexe Upemba-Kundelungu.

L’un  des défis majeurs qui se pose au niveau du Parc National de l’Upemba  est l’installation  anarchique du village Mbwe à l’intérieur  de sa zone intégrale avec  comme  conséquences,  le braconnage  à grande  échelle  de  grands  et  petits mammifères  et la rupture  des mouvements  naturels des éléphants de l’Ouest vers l’Est du parc.

Ceci a entrainé la diminution  drastique d’éléphants au point  que  les quelques  reliques  que dispose  le parc affluent,  le plus souvent,  dans les territoires  de Manono,  Bukama et Malemba-Nkulu  avec des conséquences  sur  l’agriculture   de  la  région  mais aussi  en accentuant  les conflits  entre  le parc et les communautés    à   cause   de    la   divagation    des éléphants,   en  entrainant    même  la  perte   des  vies humaines.

Dans  le  but  de  trouver   une  solution   durable   au problème   de  conservation    des  mammifères    en particulier   les éléphants,  ainsi  qu’au  problème  de ravage des cultures  par ces pachydermes au niveau des villages riverains du parc, et la diminution  des conflits entre  parc et les communautés,  l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) représenté par le Directeur du Complexe Kundelungu-Upemba en collaboration  avec le pouvoir Central et les   leaders    de    la   province    du    Haut-Lomami entre autres le député provincial Paul Ngoy Nsenga Binthelu, président de la commission d’évaluation des dégâts multiformes causés par les éléphants en divagation dans le Haut-Lomami voudraient  bien joindre  leurs efforts  afin de trouver une solution    définitive  et durable  au problème  de ravage des champs et de protection  de ces derniers éléphants du Katanga.

Ladite  solution  pratique  devra aboutir  à la délocalisation  des occupants illégaux du village  de  Mbwe  vers  les terres  acquises dans  la chefferie  de Kayumba et Butumba,  en territoires   de Malemba-Nkulu       et   Bukama.

Une fois le couloir écologique  dégagé, les gardes parc avec l’appui des communautés  riveraines orienteront   les éléphants  vers  le parc.     Cette collaboration   sera  concrétisée  à travers  des structures   de  dialogue   parc-population    installées  dans chaque village. Dès que les éléphants sont concentrés dans leur milieu d’origine,   une clôture  électrique  sera érigée à la lisière Parc-Chefferie afin de les empêcher  de quitter le parc.

Quelques  conséquences  du village anarchique  de Mbwe  dans le parc

  1. Sur le plan  écologique Le  Village   Mbwe construit anarchiquement   dans le   parc Upemba  est localisé dans les couloirs écologiques des éléphants  et empêche  leur retour vers ce parc.

Ce village constitue  une source  principale   des  conflits   et  des  dégâts, multiformes     causés   par    les   éléphants    en divagation   dans  les  territoires    de  Malemba-Nkulu, Bukama et  Kamina, dans la province  du Haut-Lomami.         Cette        installation         est contradictoire    aux lois  de  la  conservation   de la nature en RDC.

 La délocalisation   du  village  Mbwe,   hors  du  parc Upemba, est d’une importance  capitale car ce village est  la source  des conflits  entre  les animaux  et  la population.   Les éléphants  sont  tués  lors  de  leur tentative  d’aller au-delà du village Mbwe et ceux qui s’échappent s’orientent en divagation dans les trois  territoires de Bukama,  Malemba-Nkulu   et  à Nkinda dans le territoire de Kamina Kamina où,  ils tuent  des humains, détruisent  sur leur passage des champs,  des maisons  et occasionnant des dégâts multiformes.

C’est  dans  ce  contexte   que  l’ICCN s’engage  à trouver  une solution  définitive  et durable aux problèmes de ravage de cultures des champs par les  éléphants   en  divagation      et   apporter    sa contribution à leur préservation  au niveau du  PNU dans le souci de promouvoir  une cohabitation pacifique entre  parc et communautés.

  1. Sur le Plan sécuritaire,

Partant des sources concordantes,  certains habitants du village Mbwe disposent des armes et seraient sécurisés par un groupe May May, les armes de guerre  présentent  aussi un danger et pour  le  braconnage  de  l’ivoire   ainsi  que  pour  la sécurité   des  populations   vivant   dans  les  villages voisins, indique le document parvenu à l’ACP.

L’instabilité politique des années 60 a entrainé une forte recrudescence du braconnage facilité depuis par la dispobilité d’armes de guerre automatiques et l’occupation illégale des portions importantes du PNU par les groupes armés. ACP/CL/KJI