Près de 90 morts en marge de la « journée des forces armées en Birmanie

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Kinshasa, 28 mars 2021 (ACP).- Au moins cinquante personnes ont été tuées  dans la répression de nouvelles manifestations pro-démocratie en Birmanie, a-t-on appris des médias internationaux. Alors que l’armée birmane organisait un important défilé militaire samedi dans la capitale à l’occasion de la « journée des forcées armées« , de nouvelles manifestations ont été durement réprimées faisant près de 90 morts, soit la journée la plus meurtrière depuis le début de la contestation, ont précisé ces sources.

Les militants pro-démocratie avaient appelé à une nouvelle série de manifestations, samedi, jour où l’armée organise tous les ans un gigantesque défilé militaire dans la capitale Naypyidaw, devant le chef de l’armée désormais chef de la junte au pouvoir, le général Min Aung Hlaing.

Aux premières heures du jour, des milliers de soldats, des chars, des missiles et des hélicoptères se sont succédé sur une immense esplanade où était réuni un parterre de généraux et leurs invités, parmi lesquels des délégations russe et chinoise, ont fait savoir ces mêmes sources.

Le général Min Aung Hlaing a de nouveau défendu l’organisation du coup d’État en raison de la fraude électorale présumée lors des élections de novembre, remportées par le parti d’Aung San Suu Kyi, et a juré qu’un « transfert de responsabilité de l’État » se produirait après des élections.  « Le Tatmadaw [l’armée birmane] recherche l’engagement de toute la nation », a-t-il déclaré dans un discours, ajoutant que les actes de terrorisme qui peuvent nuire à la tranquillité et à la sécurité de l’État sont inacceptables.

« La démocratie que nous souhaitons serait une démocratie indisciplinée si la loi était violée et n’était pas respectée », a-t-il ajouté. Par ailleurs, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont condamné samedi ces « meurtres » commis par l’armée. « Cette soixante-seizième journée des forces armées restera gravée comme un jour de terreur et de déshonneur. Les meurtres de civils non armés, dont des enfants, sont des actes indéfendables », a annoncé l’ambassade de l’UE à Rangoun sur Twitter et Facebook, tandis que l’ambassadeur de du Royaume-Uni a estimé dans un communiqué que « les meurtres extrajudiciaires en disent long sur les priorités de la junte militaire ».

Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères britannique Dominic Raab a estimé que la junte militaire birmane avait franchi un nouveau palier dans la répression des manifestations. « Le meurtre de civils non armés, y compris d’enfants, perpétré aujourd’hui constitue un nouveau palier », a-t-il déclaré sur Twitter, appelant à « mettre fin à cette violence insensée. L’ambassade américaine en Birmanie a, elle aussi, condamné la junte militaire au pouvoir pour le « meurtre de civils non armés« .

L’ONU a quant à elle déploré plusieurs dizaines de morts. « Nous recevons des rapports faisant état de dizaines de morts, dont des enfants, de centaines de blessés, dans 40 localités, et d’arrestations massives. Cette violence aggrave l’illégitimité du coup d’État et la culpabilité de ses dirigeants », a indiqué le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme dans un tweet. ACP/CL/May