L’avortement clandestin représente la 2eme cause de mortalité maternelle en RDC, selon le Dr Rachel Yodi

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Kinshasa, 1er avril 2021 (ACP).- La conseillère en matière de planification familiale et de lutte contre les violences sexuelles faites à la femme au Programme national de santé de la reproduction (PNSR), le Dr Rachel Yodi, a déclaré mercredi que l’avortement clandestin représente la deuxième cause de mortalité maternelle en RDC.

Elle l’a dit au cours d’un atelier centré sur le thème «Les avortements clandestins» organisé par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’Environnement (REMAPSEN/RDC) à l’intention de ses membres.

Selon le Dr Rachel Yodi, l’avortement est un problème sérieux, car chaque année 22 millions de grossesses non désirées aboutissent à un avortement non sécurisé dans  le monde.

En RDC, les services d’avortement qui puissent permettre à la femme d’avorter dans des conditions sécurisées ne sont pas autorisés. Néanmoins, la RDC a ratifié le protocole de «Maputo» qui est un des  instruments de protection des droits de la femme, notamment celui relatif à l’accès au service de santé sexuelle et reproductive, y compris le service d’avortement très spécifique.

Le protocole de Maputo, dans son article 14, stipule que le service d’avortement est réservé pour des femmes victimes des violences sexuelles, en cas d’inceste et lorsque la vie ou la santé de la mère est menacée, a-t-elle dit.

Le Dr Rachel Yodi a souligné que la RDC a besoin de l’accompagnement des professionnels des médias pour publier et vulgariser ce protocole de Maputo, tout en rappelant que le ministère de la Santé et ses partenaires techniques et financiers n’ont pas baissé les bras pour la matérialisation de l’application dudit protocole en vue de l’expliquer dans les structures sanitaires.

Les professionnels des  médias appelés à vulgariser le protocole de Maputo

De son côté, le président du REMAPSEN/RDC, Prince Yassa, a fait savoir  que l’interruption volontaire des grossesses en RDC est punie d’un emprisonnement de 5 à 10 ans pour la femme, et entre 5 et 15 ans pour celui ou celle qui l’a aidée. Il a souligné qu’entre la publication en mars 2018 dans le journal officiel de ce protocole et son applicabilité, le fossé est grand. Il y a donc nécessité pour les journalistes de rappeler aux décideurs le respect de leur engagement pris au niveau international.

Le président du REMAPSEN/RDC a invité les journalistes à  informer la population sur les risques des avortements hors clinique en vue d’amener le changement et d’éviter les décès y relatifs. ACP/CL/Awa