Somalie : le président Farmajo prolonge son mandat

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Kinshasa, 14 avril 2021 (ACP).- Le président somalien a promulgué mardi la loi prolongeant son mandat de deux années, alors qu’il est arrivé à échéance depuis le 8 février, ont rapporté mercredi, les médias internationaux.

Ce geste, selon les sources, intervient après le feu vert de la chambre basse du parlement. La mesure est dénoncée par le Sénat et l’opposition. C’est un développement qui est loin d’apaiser le climat politique déjà tendu dans le pays.  , ayant empêché la tenue de la présidentielle.

La communauté internationale a mis en garde contre une décision « constituerait une grave menace pour la paix et la stabilité de la Somalie et de ses voisins » et n’exclut pas de sévir. Tout en appelant à la reprise du dialogue en vue de l’organisation des élections démocratiques.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken a annoncé que les États-Unis allaient réévaluer leur relation avec la Somalie, notamment leur assistance et leur engagement diplomatique suite à la prolongation du mandat présidentiel, ont rapporté mercredi, les médias internationaux.

Le secrétaire d’État américain a cité ainsi de possibles sanctions et restrictions de visa.

De son côté, le Haut Représentant européen pour les Affaires étrangères, Josep Borrel a estimé qu’il ne pouvait pas accepter cette prolongation en l’absence d’un consensus politique.

Josep Borrel  a parlé d’une «grave menace pour la paix et la stabilité». Sans retour au dialogue, l’Union européenne «examinera d’autres mesures concrètes», a-t-il. Pour sa part, Londres  a annoncé que sans consensus politique, la relation avec Mogadiscio sera réévaluée.

Crainte d’une période d’instabilité

Mais ces propos de la communauté internationale n’ont pas fait reculer le président somalien, Farmajo. Mardi, le chef de l’État a entériné la résolution de la chambre basse, lui donnant force de loi. Il a également déchu le chef de la police de Mogadiscio. Le brigadier général Sadik Omar, qui avait voulu bloquer le vote de lundi, s’est vu retirer ses grades et son salaire. Après des semaines passés à Mogadiscio, les présidents du Puntland et du Jubbaland eux sont repartis, mettant fin, de facto, au dialogue.

Le Somali National Salvation Forum, qui rassemble plusieurs hauts responsables d’opposition a  décrié la résolution comme illégale et a promis des mesures pour empêcher son application. Beaucoup craignent désormais une grave période d’instabilité, voire une reprise de la guerre civile.

Le mandat du chef de l’État a expiré début février. Depuis des mois, il négocie avec l’opposition et les régions fédérales somaliennes, sans parvenir à un accord permettant l’organisation d’élections. Lundi, la chambre basse du Parlement a voté une prolongation de deux ans du mandat présidentiel, entraînant un tollé au sein de la communauté internationale. ACP/Kayu/FMB