L’Érythrée reconnaît à son tour la présence de ses soldats au Tigré et promet de les retirer

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Kinshasa, 18 avril 2021(ACP).- Le gouvernement érythréen a reconnu pour la première fois dans une lettre adressée dans la nuit de vendredi à samedi au Conseil de sécurité de l’ONU, la présence de ses troupes dans la région éthiopienne du Tigré et a promis de les retirer, ont rapporté dimanche, les médias internationaux.

L’Éthiopie, selon les sources,  s’était déjà résolue à l’admettre, mais pas son voisin.  L’Érythrée a bien envoyé des troupes dans la région éthiopienne du Tigré pour soutenir l’armée fédérale dans son conflit contre les rebelles tigréens. Pour la première fois, Asmara a reconnu cette intervention militaire dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l’ONU, dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 avril.

La missive précise que le gouvernement érythréen a entamé le rapatriement de ces troupes. Début novembre 2020, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait annoncé l’envoi de l’armée fédérale au Tigré pour arrêter et désarmer les dirigeants locaux du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dont les forces sont accusées par Addis Abeba d’avoir mené des attaques contre des camps militaires des forces fédérales.

L’armée éthiopienne a reçu l’appui de forces venues d’Érythrée, pays frontalier du Tigré au nord, et de la région éthiopienne de l’Amhara, qui borde le Tigré au sud, et Abiy Ahmed a proclamé la victoire le 28 novembre, après la prise de la capitale régionale, Mekele.

Mais les combats se sont poursuivis depuis et l’armée érythréenne a été accusée d’avoir perpétré plusieurs massacres et de s’être livrée à des violences sexuelles.

Addis Abeba et Asmara , selon les sources, ont longtemps nié que les Érythréens étaient actifs dans la région, malgré les témoignages de résidents, de groupes de défense des droits humains, de diplomates et même de certains responsables civils et militaires éthiopiens.

Fin mars, Abiy Ahmed avait finalement reconnu leur présence, avant d’annoncer que leur retrait était en cours.

Mais le courrier écrit par l’ambassadrice érythréenne à l’ONU, Sophia Tesfamariam, et rendu public dans la nuit par le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, est la première reconnaissance officielle par Asmara de la présence de ses soldats.

Les forces du TPLF ayant été « largement repoussées« , Asmara et Addis Abeba « ont pris la décision commune, au plus haut niveau, d’entamer le retrait des troupes érythréennes et le redéploiement simultané des soldats éthiopiens le long de la frontière » entre les deux pays. ACP/Yoh/May