Remise à Matadi d’actes de naissance à 500 enfants hors délai légal

0
209

Matadi, 20 avril 2021 (ACP).- Le ministre provincial en charge de l’intérieur du Kongo Central, Serge Kuebena Ntanda a procédé à la remise des actes de naissance à 500 enfants hors délai légal, lors d’une cérémonie organisée le week-end dans les installations de l’Institut national de la statistique (INS) à Matadi.

 Cette cérémonie s’est déroulée en présence du premier président de la cour d’appel de cette province, Célestin Sibutumba Wilondja, de la présidente du tribunal pour enfant, Arlette Nzati, du coordonnateur du projet de prévention de l’apatridie du comité technique interinstitutionnel de lutte contre l’apatridie (CTLA) en RDC, Jean Raphaël Liema Imenga, du directeur provincial de l’INS, Guylain Mpanya Mitshini, des trois bourgmestres de Matadi et des délégués des divisions provinciales de l’intérieur, de la justice et des affaires sociales ainsi que de plusieurs parents ayant accompagné leurs enfants.

Serge Kuebena Ntanda a demandé aux communautés,  aux familles ainsi qu’aux parents dont les enfants sont exposés à des conséquences dramatiques du défaut d’enregistrement à l’état civil de se prendre conscience de la gravité du problème.

Il a exhorté la population du Kongo Central et d’ailleurs à faire enregistrer les enfants à l’état-civil dans le délai légal, avant de rassurer le CTLA que le gouvernement provincial ne ménagera aucun effort pour combattre le fléau des enfants sans identité juridique, conformément à la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Le directeur provincial de l’INS, Guylain Mpanya Mitshini a indiqué que cette cérémonie de remise d’actes de naissance est le résultat d’une enquête sur la documentation civile et risque d’apatridie en RDC (EDCRA-RDC 2020) lancée et réalisée l’année passée et dont l’étude a démontré qu’il existe un taux élevé des personnes, y compris des enfants, à risque d’apatridie dans le Kongo Central, une province ayant des frontières très poreuses.

C’est dans ce contexte, a-t-il poursuivi, que le CTLA, après la province de Tanganyika, a lancé dans la province du Kongo Central la campagne de rattrapage de l’enregistrement des naissances des enfants hors délai légal afin de les mettre à l’abri des risques d’apatridie qui pèsent sur eux, car ils sont jusqu’alors juridiquement invisibles.

Le directeur provincial de l’INS a remercié l’autorité du CTLA  pour cette action combien louable, tout en l’encourageant à continuer avec le même élan à travers toute la province jusqu’à sa couverture totale, avant de demander aux parents présents à cette cérémonie de sensibiliser également les autres sur l’importance de l’enregistrement des naissances des enfants à l’état civil, non seulement parce que l’identité juridique de ces derniers en dépend mais aussi parce qu’ils seront mis à l’abri de l’apatridie.

Appel à la mise en place d’un mécanisme pour l’enregistrement des enfants hors délai légal

A cette même occasion, le coordonnateur du Projet de prévention de l’apatridie en RDC, Jean Raphaël Liema Imenga a appelé le gouvernement de la province du Kongo Central à mettre en place des mécanismes pouvant faciliter l’enregistrement des enfants ayant dépassé le délai légal.

C’est par l’enregistrement des naissances que l’Etat reconnaît l’existence des personnes qui naissent sur son territoire, a-t-il noté, soulignant qu’un enfant non enregistré court dangereusement le risque d’être exclu de la société et de se voir refuser le droit à une identité juridique, et dès lors à une nationalité.

 Jean Raphaël Liema Imenga a ainsi appelé à l’implication de tous les acteurs institutionnels, notamment de la société civile pour la multiplication des activités similaires ainsi que la population sur la nécessité d’enregistrer les enfants à l’état civil.

Cette cérémonie de remise d’actes de naissance a été organisée par le comité interinstitutionnel de lutte contre l’apatridie en RDC, avec le financement de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). ACP/Kayu/Cfm