Tchad : Le président Idriss Déby est mort de blessures reçues au front

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Kinshasa, 20 Avril 2021 (ACP).- Le président tchadien, Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans, est décédé mardi des suites de blessures reçues alors qu’il commandait son armée dans des combats contre des rebelles dans le nord durant le week-end, a annoncé le porte-parole de l’armée ,  le général Azem Bermandoa Agouna   sur la télévision d’Etat , cité par les médias internationaux.

« Le président de la République, chef de l’Etat, chef suprême des armées, Idriss Déby Itno, vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille. « C’est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès ce mardi 20 avril 2021, du maréchal du Tchad », a annoncé le porte-parole de l’armée, dans un communiqué lu à l’antenne de TV Tchad.

Son fils Mahamat Idriss Déby Itno, commandant en second des Forces armées tchadiennes  dirige le Conseil militaire tchadien (CMT), qui dirige le pays. Cependant, les frontières nationales sont fermées et un couvre-feu est instauré sur l’ensemble du territoire national.

Mahamat Idriss Déby Itno, l’actuel homme fort du Tchad

Plus de 300 rebelles et cinq militaires tués dans le Nord du pays

Par ailleurs, l’armée tchadienne a affirmé lundi avoir tué plus de 300 rebelles qui mènent une incursion, depuis huit jours, dans le nord du pays et perdu, samedi, cinq militaires dans des combats.

Un groupe rebelle, le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), a lancé une offensive depuis ses bases arrières  en Libye le 11 avril dernier, jour de l’élection présidentielle, pour laquelle le sortant Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans, est donné gagnant avec plus de 70% des suffrages exprimés.

« Côté ennemi, plus de 300 rebelles ont été neutralisés, samedi, avait déclaré  le général Azem Bermandoa Agouna, porte-parole de l’armée, déplorant « cinq martyres côté amis ». Le gouvernement avait affirmé, le même jour, que l’offensive rebelle, dans les provinces du Tibesti et du Kanem, avait « pris fin ».

Le général Bermandoa a également affirmé que 36 soldats ont été blessés dans lors de ces affrontements et que 150 rebelles avaient été faits prisonniers, « dont trois responsables ».

Par ailleurs, « 24 véhicules ont été récupérés », a-t-il ajouté. « Le ratissage continue », a  conclu le porte-parole de l’armée. Le FACT a,  pour sa part, affirmé dimanche dans un communiqué avoir « procédé à la libération de la région du Kanem », où se sont déroulés les combats de samedi.

Dans le massif du Tibesti, frontalier avec la Libye, des rebelles affrontent régulièrement l’armée tchadienne. En février 2019, venus de Libye pour tenter de renverser le président Idriss Déby Itno, ils avaient été stoppés par des bombardements d’avions de combat français sur demande de N’Djamena

 Idriss Déby réélu président pour un sixième mandat avec 79,32 %

 Le président   Idriss Déby Itno, qui dirigeait le pays depuis 30 ans, a  été réélu pour un sixième mandat avec 79,32 % des suffrages exprimés, selon des résultats officiels énoncés, lundi, peu après que l’armée eut affirmé avoir défait une rébellion lancée le jour du scrutin le 11 avril.

Le taux de participation a été d

e 64,81 % pour ce scrutin remporté sans surprise, dès le premier tour, par le chef de l’Etat sortant, a précisé le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Kodi Mahamat Bam, en livrant les chiffres officiels « provisoires ».  Les sources a indiqué que la Cour suprême devait encore les approuver après l’étude d’éventuels recours contentieux.

L’ancien et dernier Premier ministre de M. Déby, Albert Pahimi Padacké, était arrivé deuxième avec 10,32 % des suffrages exprimés. La première femme à se présenter à une élection présidentielle, Lydie Beassemda, a pris la troisième place avec 3,16 % des voix.

Neuf candidats concourraient officiellement contre M. Déby, mais trois avaient annoncé leur retrait et prôné le boycott du scrutin, invoquant la violente répression de toutes les « marches pacifiques » organisées depuis des mois pour réclamer « l’alternance au pouvoir ». La Cour suprême avait cependant maintenu leurs noms sur les bulletins de vote.

Aperçu biographique

 Idriss Déby est né le 18 juin 1952, à Berdoba (au sud-est de Fada) et mort le 20 avril 2021 au nord du pays. Il fut  un officier et homme d’Etat tchadien, président de la République du 4 décembre 1990 jusqu’à sa mort, le lendemain de sa réélection présidentielle, en avril 2021.

Le 2 décembre 1990, avec l’appui de la France, il chasse du pouvoir Hissène Habré et le remplace le 4 décembre avec le titre de président du Conseil d’Etat.

Il est ensuite désigné président de la République du Tchad le 28 février 1991, après l’adoption de la Charte nationale. Il remporte les élections présidentielles de 1996, 2001, 2006, 2011, 2016 et 2021.

Le 30 janvier 2016, il est élu président de l’Union africaine pour un mandat d’un an.

Il meurt au front face à une rébellion armée venue de Libye.

ACP/ Kayu/ Cfm