Tchad:   Une charte de transition pour la gestion du pays durant 18 mois

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Kinshasa, 22 avril 2021 (ACP).- Le conseil militaire de transition dirigé par Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président, a publié mercredi soir la version définitive de sa charte de gestion du pays durant de 18 mois, ont rapporté jeudi, les médias internationaux.

Avec cette charte, le Conseil  définit les modalités de la transition qu’il prévoit sur une période de 18 mois et révèle les trois grandes institutions qui mèneront les affaires courantes.

Le conseil militaire de transition, le conseil national de transition et le gouvernement de transition sont les trois organes définis par la charte pour gérer le pays.

 Le conseil militaire, composé de quatorze généraux et présidé par Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président, représente le pouvoir exécutif. Il définit les grandes orientations de la politique générale et promulgue les lois.

Composé de 93 membres « issus de toutes les classes de la société », selon le texte, le conseil national de transition, assurera le pouvoir législatif. Il aura notamment l’importante tâche d’examiner le projet de nouvelle Constitution. Quant au gouvernement, il doit assurer la mise en œuvre des textes.

La charte confère en réalité les quasi-pleins pouvoirs au président du conseil militaire qui choisit et nomme les membres de chacun des organes de la transition. Il « occupe les fonctions de président de la République, chef de l’État et chef suprême des armées ».

La transition, selon ces termes, devrait durer 18 mois, délai au-delà duquel, une nouvelle Constitution devra être adoptée.

 Le conseil national se réserve néanmoins le droit de proroger cette période, une seule fois.

I.T/ L’armée divisée sur la question du CMT

Par ailleurs,  plusieurs officiers de l’armée tchadienne, menés par le Général Idriss Abdéramane Dicko, refusent de reconnaître l’autorité du Conseil Militaire de Transition, dirigé par Mahamat Idriss Déby, ont rapporté jeudi, les médias internationaux.

Les sources indiquent  que le général Idriss Abdéramane Dicko ainsi que plusieurs officiers de l’armée tchadienne refuse catégoriquement de légitimer cette prise de pouvoir du fils de l’ancien président.

«Nous avons dit non à cette décision prise dans la précipitation sans consultation populaire, parce que le peuple a dit non!»,  a- t-il déclaré dans une interview donné  aux médias internationaux. «Nous disons à nos frères d’armes qui font partie de ce Comité Militaire de Transition de revenir à la raison et d’écouter les cris du peuple tchadien.», a-t-il ajouté

« Le peuple a dit non au sixième mandat, non au système, non à la mauvaise gouvernance! Aujourd’hui le maréchal est décédé, mais maintenant la nouvelle équipe a intérêt à écouter le peuple. Dans le cas contraire nous allons contraire, nous allons avoir les mêmes problèmes, qui seront difficiles à gérer » poursuit-il.

A 37 ans le général Mahamat Idriss Déby, chef de la garde présidentielle est critiqué pour son manque d’expérience. La constitution d’une instance de transition exclusivement militaire ne passe pas pour le général Idriss Dicko.

«Le général Mahamat Idriss Déby a intérêt à écouter l’opposition démocratique et la société civile. Parce que s’ils disent non à ce coup d’État perpétré par ce petit groupe amical, il a intérêt à les écouter. Dans le cas contraire, si il évolue dans le cas contraire, s’il évolue dans le sens actuel, il va avoir des problèmes. Il ne pourra pas assurer les conséquences qui en découleront. Le pays appartient à tout le monde. Tout le monde a le droit d’être consulté.» a-t- il affirmé.

Quant à la question d’un dialogue entre le général dissident et le chef du Conseil Militaire de Transition, Idriss Abdéramane Dicko est clair «Je n’ai pas besoin de lui parler. C’est à lui maintenant. S’il a besoin de me parler, je suis disponible. Je ne suis pas pressé d’aller le rencontrer ni de lui parler» a-t-il affirmé.

Une scission au sein des forces armées qui inquiètent alors que les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) continuent leur offensive sur la capitale N’Djamena.