La jeunesse africaine se souvient de l’héritage légué par « Papa Wemba »

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Kinshasa, 28 avril 2020 (ACP).- La jeunesse africaine s’est souvenue de l’héritage légué par l’artiste musicien Jules Shungu Wembadio pene Kikumba alias « Papa Wemba », à travers des multiples hommages, concerts, scènes d’exhibition vestimentaire et défilés organisés dans plusieurs pays du continent, à l’occasion des 5 ans d’anniversaire de la mort de cette icône, décédé à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 24 avril 2016.

Il a également posé les jalons d’un nouveau style vestimentaire à l’instar d’Adrien Mombele Samba  N’gatshie alias, Strevos Niarcos Mukaravia, considéré par ses pairs comme une  légende de la musique africaine, et ambassadeur de la rumba congolaise, ont indiqué quelques uns de ses pairs par la même occasion.

Les artistes musiciens congolais, Koffi Olomide, Félix Wazekwa et Reddy Amisi se sont souvenus, samedi dernier, sur une chaine internationale, du chanteur Shungu Wembadio, qui était le chanteur favori de certains dans l’orchestre « Zaïko Langa Langa », où il était un des éléments majeurs, tandis que d’autres, ont affirmé que c’est Papa Wemba qu’il les a encouragés dans leur carrière d’artiste.

L’héritage artistique légué à la jeunesse africaine par le roi du village « Molokai » a également été rappelé par M. Nolio Olita, l’un des ses proches, qui l’a qualifié de « l’’école » et son groupe « Viva la musica »,  « d’état d’esprit », évoquant la chance qu’il a eue à côtoyer quotidiennement  l’artiste, un impact positif sur sa propre vie avant d’ affirmer que c’est « une fierté d’avoir eu cette star multidimensionnelle qui a su impacter sur toute une jeunesse en quête de repère ».

Pour Six Bokoto, alias le « spirituel », Papa Wemba reste à ce jour un modèle en matière de la sape car c’est un créateur de style vestimentaire  qui a transmis à la postérité juvénile le  goût de l’élégance.

Magic System plaide pour que le 24 avril soit décrétée Journée africaine de la musique

Le groupe Magic System a plaidé pour que le 24 avril soit décrétée journée Africaine de la musique lors d’une cérémonie d’hommage à la star congolaise à Anoumaba, dans la commune de Marcory, à Abidjan (Côte d’Ivoire).

Selon Traoré Salif, dit A’Salfo, lead vocal de Magic System, son groupe et lui ont saisi l’occasion pour faire passer « un message très fort à l’endroit de tous les dirigeants africains pour que la musique du défunt soit au sein de leur préoccupation et que le 24 avril puisse être décrété, la Journée africaine de la musique », a-t-il déclaré : « Aujourd’hui, 5 ans après, c’est comme si c’était encore hier, ces blessures tardent à se cicatriser », avant de poursuivre que « même si nous n’étions pas du Femua, nous nous devrions rendre hommage à Papa Wemba parce que c’est un pionnier de la musique africaine. C’est l’un des devanciers. Il a fait partie de ceux qui ont tracé les sillons de cette musique-là », a réitéré Traoré Salif, avant d’appeler tous les mélomanes africains  à  en faire autant.

Cet hommage également a été marqué par une marche et le dépôt de gerbes de fleurs à la place dédiée au disparu à Anoumabo, avec la participation d’une délégation de la République démocratique du Congo ayant fait le déplacement d’Abidjan, avant de prendre part à une autre cérémonie de recueillement avec l’équipe du Commissariat du festival et les membres du Commissariat général du Femua.

L’artiste styliste Basile Semopa déplore que l’héritage de Papa Wemba soit déformé au profit de la délinquance juvénile

L’’artiste styliste modéliste, cordonnier Basile Semopa,  alias « Papa Griffe », a déploré, mercredi, au cours d’un entretien avec l’ACP, la déformation de l’héritage vestimentaire légué à la jeunesse par feu Papa Wemba, au profit de la délinquance juvénile.

 Il a fait savoir que beaucoup de jeunes, par manque d’instruction, interprètent mal la philosophie du sapeur ainsi que le slogan « chance eloko pamba », voulant gagner facilement leur vie par la pratique du vol et du vagabondage dans le seul soucis de paraitre et de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas aux yeux de la société, alors que la sape est biblique, a-t-il ajouté, faisant référence au livre de la Génèse 3,21 où « l’éternel fit à Adam et à sa femme des habits de peau et il les revêtit.

Celui qui se fait appelé « grand bilangandu » a affirmé  que, si le « Kuru » reste dans les esprits, ce n’est pas seulement à cause de son style vestimentaire, mais par ce qu’il a eu la sagesse de peaufiner son métier de chanteur en travaillant sa voix et son apparat, alors que de nombreux jeunes  dénaturent ce patrimoine en préférant également recourir à l’emprunt des vêtements de marque, la piraterie, les insultes lors des parades vestimentaires ou au port de vêtements non appropriés par rapport au temps et à la température quotidienne à Kinshasa.

 « wemba, Emeneya et Niarcos »,  achetaient des vêtements de marque après de ceux qu’ils en avaient eu les moyens, ils n’insultaient ni ne  mettaient des tenues vestimentaires sans tenir compte du climat», renseigne–t-il.

Il a exhorté, par la même occasion, ces derniers à apprendre un métier afin de s’affranchir de ces antivaleurs et de se prendre en charge et ne pas céder à l’oisiveté ni à la manipulation. ACP/