L’AIFA/RDC plaide pour la mise en place d’une loi sur les violences domestiques

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Kinshasa, 28 avril 2021 (ACP).-  La Présidente nationale de l’Alliance Internationale des Femmes Avocates (AIFA/RDC), Me Joelle Mbamba Kona Matadiwamba, a, dans un entretien mercredi avec l’ACP, plaidé pour la mise en place d’une loi sur les violences domestiques incluant différentes infractions faites à la femme ou à la jeune fille, avec comme particularité́ la situation généalogique ou d’ascendance de l’auteur face à la victime.

A l’en croire, les séquelles sont forcément différentes lorsqu’on se fait violer par son propre père ou le mari de sa mère plutôt que par un parfait inconnu de la rue et fortuitement.

«Actuellement, la législation place ces 2 cas sous le même piédestal d’une certaine manière, alors qu’il est clair que l’impact est différent. C’est un exemple parmi tant d’autres qui démontrent à suffisance que les violences domestiques sont un vaste champ de travail sur lequel il faille se pencher urgemment. Entre frères et sœurs, les coups et blessures, la maltraitance d’une enfant par sa belle-mère, épouse de son père. Il faut creuser et bien protéger la femme et avec elle, la famille en même temps, qui est une institution sacrée pour laquelle nous avons même un code « le Code de la famille »», a-t-elle proposé.

Cependant, la présidente de «AIFA/RDC» a évoqué la nécessité de se pencher sur les questions des violences dans l’Est du pays, ‘’le viol étant utilisé comme arme de guerre actuellement’’, afin d’apporter l’assistance nécessaire et d’éradiquer finalement ce fléau qui touche à l’humanité.

Me Mbamba préconise également de sécuriser les prisons, selon les états des femmes incarcérées.

«Nous devons avoir des prisons sécurisées prenant en compte l’état des femmes enceintes, des femmes âgées, la jeune fille souvent livrée à elle-même. Nous devons avoir une médecine légale équipée et qualifiée ainsi que l’assistance médicale et sociale pour les cas de viol», a-t-elle indiqué.

Appel à la nouvelle ministre de la Justice à utiliser utilement toutes les forces vives de la République pour un changement efficient

En outre, au-delà de la mobilisation des femmes, la juriste de formation a appelé la nouvelle ministre de la Justice, Rose Mutombo à utiliser utilement toutes les forces vives de la République pour un changement efficient.

«C’est le rôle de la ministre de canaliser ces forces vives vers des actions sur le court, moyen et long terme, priorisant les actes de son programme d’action évidemment», a-t-elle déclaré.

Par ailleurs,  elle réitère la disponibilité des femmes avocates, d’apporter leur contribution pour l’amélioration de la justice et la défense et promotion des droits humains.

«Dans ce cadre, pour nous associer à travers des partenariats afin d’exercer un travail commun de fond sur terrain en vue d’identifier les problèmes réels des femmes dans différents milieux et d’apporter des réponses, ainsi que de proposer des solutions, les femmes doivent se mettre ensemble et se soutenir pour que les choses bougent», a-t-elle fait savoir.

Pour rappel, l’Alliance Internationale des Femmes Avocates AIFA/RDC est une association dont l’intérêt est l’indépendance et l’épanouissement de la femme, son intégrité et son développement personnel.  ACP/