Trois territoires de l’Ituri  en phase d’urgence du niveau d’alerte de  sécurité alimentaire

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Bunia, 29 Avril 2021(ACP).- Les territoires Djugu, Irumu et Mahagi  dans  la province de l’Ituri   se trouvent dans la quatrième  phase « urgence » du niveau d’alerte de  sécurité alimentaire suite à la crise sécuritaire, a révélé mardi dernier  l’expert en agriculture, le Prof. Patrick Ufoyuru, lors d’un atelier de présentation du recueil de textes juridiques de la République Démocratique du Congo relatifs à la sécurité alimentaire organisé par la Commission diocésaine justice et paix (CDJP) du diocèse de Bunia dans la salle de réunion de l’hôtel la Casa sir Henri.

Le Prof. Patrick Ufoyuru a indiqué que les territoires d’Aru et de Mambasa  se situent à la troisième phase dite » de la crise » sur les cinq(5) niveaux  d’alerte de sécurité alimentaire.

Dans son exposé intitulé « plaidoyer pour une agriculture durable » Patrick Ufoyuru a épinglé sept(7) causes à la base des crises multiformes qui déchirent l’Ituri et qui affectent la  sécurité alimentaire, entre autres, la  famine et la pauvreté, le  chômage et les inégalités, les insuffisances de terres arables, l’injustice sociale, l’ignorance de textes juridiques, l’auto justice et la justice populaire.

Pour lui l’agriculture durable et l’application de textes juridiques du pays sont deux(2) solutions qui pourraient être envisagées pour apporter de réponses par rapport à la problématique de la sécurité alimentaire qui continue à se pose avec acuité en Ituri.

Le Prof Patrick Ufoyuru a expliqué que l’agriculture durable est basée sur un système de production à long terme et de tout temps qui promeut, reste et améliore la vie des agriculteurs ainsi que de leurs communautés respectives ajoutant que le système de production est guidée plusieurs facteurs. Il s’agit des  facteurs naturels, facteurs techniques, facteurs économiques et facteurs humains.

Pour lui une agriculture durable est appelée à faire l’équilibre entre les problèmes sociaux, économiques et environnementaux.

En conclusion ; il a estimé que l’agriculture durable est parmi les éléments qui peuvent  aider la province de l’Ituri à diminuer le stress de la famine, elle est flexible, elle n’a pas une pratique standard avant de relever que l’agriculture durable est un passage obligé pour permettre à l’Ituri de limiter le choc de basculer vers le niveau de sécurité alimentaire extrême qu’est la famine.

Pour sa part, Crispin Ngombo, chef du projet « Un seul monde sans faim », a, dans sa réflexion sur le développement durable en RDC,  relevé le contraste de ce grand pays pétri des richesses naturelles inouïes avec une population pauvre. Il a déclaré que ce contraste est lié à plusieurs facteurs notamment : la xénophobie, le clientélisme, la médisance avant de proposer la prise de conscience, la valorisation de ressources disponibles, l’auto prise en charge et l’esprit coopératif comme pistes de solutions pour que les richesses du pays profitent réellement à la population.

Bien avant lors de son mot de clôture le conseiller du ministre provincial en charge de l’Agriculture, pêche et élevage, Shaba Schatz, s’est félicité de l’organisation de ces assises qui ont permis aux participants de disposer des éléments nécessaires susceptibles de booster le développement de l’agriculture de l’Ituri afin de  maintenir le niveau d’une sécurité alimentaire acceptable qui se traduit par la disponibilité permanente en quantité et en quantité de produits de pêche et de l’élevage en faveur de la population.

Il a exprimé l’engagement de son ministère à s’approprier les recommandations issues de ces assises et a promis de les transmettre à qui de droit pour son opérationnalisation.

  Ces assises ont bénéficié de l’appui financier et technique de la fondation Konnad Adenauer (KAS) dans le cadre du projet « Un seul monde sans faim », rappelle-t-on. ACP/Awa