L’opposant tchadien Yaya Dillo Djerou exige un dialogue inclusif

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Kinshasa, 1er mai 2021 (ACP).- L’opposant tchadien Yaya Dillo Djerou a contesté le pouvoir du conseil militaire de transition, ont rapporté samedi des internationales de presse. L’homme dont la candidature à la dernière présidentielle a été rejetée appelle à la mise en place d’un dialogue inclusif.

Cela faisait deux mois que Yaya Dillo Djerou, l’opposant au défunt président Idriss Déby Itno n’était pas apparu en public. Yaya Dillo Djerou a rompu le silence en organisant une conférence de presse dans la capitale N’Djamena, le vendredi 30 avril.

Celui qui avait échappé à une tentative d’arrestation menée à son domicile de N’Djamena en février, appelle la junte militaire dirigée par le fils de président Idriss Déby Itno à ouvrir la voie à une rencontre des forces vives de la nation tchadienne.

Le candidat du Front nouveau pour le changement, avait été empêché de participer à la présidentielle du 11 avril dernier, sa candidature avait été rejetée par la commission électorale. Dans la capitale, Yaya Dillo Djerou a proposé ses solutions à une résolution de la crise politique qui passe forcément, argue-t-il par un dialogue de toutes les forces vives de la nation : pour nous, il est difficile aussi d’admettre qu’un nouveau pouvoir s’installe au nom de l’illégalité.

Entre le marteau et l’enclume, nous avons fait un choix judicieux pour préserver la stabilité du pays, et aussi permettre à la vie nationale de vivre dans la quiétude. Nos exigeons à ce qu’il y ait un dialogue inclusif, incluant, qui dit inclusif non seulement des acteurs politiques, mais aussi les syndicats, les organisations des droits humains, la diaspora etc, pour que tous ensemble nous dessinons, redessinons le Tchad nouveau que nous voulons tous. »

Quel impact aura la sortie de Yaya Dillo sur la situation politique ?

Le candidat du Front nouveau pour le changement, et ministre en 2009, ne compte pas prendre part au gouvernement de transition que doit former le Premier ministre Pahimi Padacket Albert, il souhaite en revanche, une transition apaisée même si cela ne s’adapte pas à nos convictions d’agir dans l’illégalité, fait-il remarquer.

Ancien rebelle contre le pouvoir d’Idriss Déby Itno avant de lui faire allégeance en 2009. Il a été ministre, et a fait partie du clan de l’ethnie zaghawa qui domine la vie politique, économique et l’arme tchadienne depuis 30 ans.

Après l’attaque de son domicile, en 28 février, Yaya Dillo Djerou avait déposé une plainte devant la justice française pour tentative d’assassinat et d’association de malfaiteurs en raison du caractère prémédité de l’opération menée par les forces de l’ordre tchadiennes lourdement armées.

À N’Djamena, vendredi dernier, il a promis d’accorder son pardon aux responsables de la mort de sa mère, et aux personnes qui ont orchestré cette perquisition, si le nouveau pouvoir tourne définitivement la page noire que nous avons connu durant de nombreuses années. ACP/