Les déchets en plastique, l’une des principales causes de la pollution de l’environnement en RDC

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(Kinshasa, 6 mai 2021 (ACP).- La situation actuelle de la gestion des déchets plastiques en RDC est de plus en plus préoccupante et les progrès observés dans ce domaine sont encore faibles. Les matières plastiques ont désormais envahi le quotidien des Congolais. Près de 30% des ordures ménagères en RDC sont constituées des emballages plastiques.

Dans un monde accablé par la pandémie de maladie à Coronavirus 2019 (Covid-19), l’état de l’environnement peut favoriser l’émergence des maladies comme la Covid-19. Les masques jetables sont fabriqués à partir des plastiques et ne sont pas recyclables. L’utilisation des masques jetables se multiplie. On les jette et on les trouve maintenant partout sur la planète, y compris dans les océans.
Des effets néfastes  des plastiques  sur l’environnement pèsent également sur l’économie de la RDC en raison des coûts pour y remédier.

Même l’élevage souffre  de l’abondance des plastiques avec des conséquences mortelles pour les animaux notamment le  bétail qui parfois  s’étouffe en consommant des déchets en sachets.
Un programme de gestion des ordures (Kin Bopeto) a pourtant été lancé  par les autorités de la ville de Kinshasa, mais sa mise en œuvre pose problème. La population et l’environnement abiotique continuent de subir des lourds dommages du fait de cette pollution au vu et au su des autorités.

Contacté par l’ACP, le directeur technique de l’agence nationale de Météorologie et de télédétection par satellite (METELSAT), Amos Paluku a fait savoir que bien qu’il existe des catastrophes naturelles dues aux fortes pluviométries en RDC,  les déchets plastiques envahissent, depuis des  lustres, les sols et les cours d’eau dont le fleuve Congo. Ces sachets enfouis bouchent les tuyauteries et rendent le sol imperméable en empêchant l’infiltration des eaux des pluies. Et cela a comme conséquence l’écoulement des eaux en surface, entraînant ainsi le débordement des caniveaux déjà bouchés par des plastiques.  Ce qui cause des inondations et la dégradation du sol entrainant mort d’homme et des dégâts multiformes dans de nombreuses agglomérations urbaines.

Kinshasa produit chaque jour 7.000 tonnes de déchets mal gérés La ville de Kinshasa, avec plus ou moins quinze millions d’habitants, produit chaque jour 7.000 tonnes de déchets, soit près de 260 kg par habitant chaque année, a fait savoir  Blaise-Pascal Ntirumenyerwa, membre du groupe d’experts en changement climatique, également membre de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Selon lui,  la pollution plastique est une réalité plus qu’évidente en RDC qui produit 48.154 kilos de plastique par jour dont 85% sont mal gérés.

Les bouteilles en plastique, les bouchons de bouteilles, les emballages alimentaires, les sacs plastiques, les couvercles, les pailles en plastique sont des produits couramment utilisés à Kinshasa et dans certaines villes de la RDC. Ces déchets plastique sont, ensuite, jetés dans des poubelles, des caniveaux et dans les cours d’eaux. Ce qui entraîne des conséquences fâcheuses tant sur l’écologie que sur la santé humaine.

Le Dr Josual Lotoy, expert en climat-santé, affirme quant à lui que l’accumulation des déchets qui stagnent sur l’eau pose de sérieux problèmes sanitaires, partant la prolifération des moustiques et de toutes sortes de bactéries.

L’urgence et la gravité de cette situation nécessitent de faire de  l’assainissement une préoccupation  nationale majeure. Elle nécessite les changements de comportements et l’adoption des mesures urgentes. Les institutions du pays doivent traduire la volonté d’éradiquer, si pas de  réduire sensiblement les méfaits de cette pollution pour assurer un environnement sain et une bonne santé aux populations, conformément à l’article 53 de la constitution.

Les dirigeants doivent soulever les questions essentielles de la protection de l’environnement et des conséquences de la pollution sur la qualité de vie des populations et la sauvegarde de la planète. Ils doivent amener les populations à devenir les agents actifs du développement durable et équitable et mettre les communautés au centre des solutions aux problèmes environnementaux. Pour cela, l’éducation environnementale de la population ainsi que le renforcement des capacités des institutions permettront de protéger l’environnement en RDC.ACP/Fng/Ngz/GGK/MNI