France : le sommet de Paris préconise un soutien financier à l’Afrique après la crise sanitaire

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Kinshasa, 19 mai 2021 (ACP).- Les pays d’Afrique ne doivent pas être abandonnés et un important soutien financier est indispensable pour relancer leurs économies frappées par la pandémie de Covid-19, ont déclaré, mardi, plusieurs dirigeants africains et européens en conclusion d’un sommet à Paris organisé par Emmanuel Macron, a-t-on appris mercredi des agences internationales de presse.

La crise de Covid-19 a entraîné une explosion de la dette publique des pays du continent africain. « Nous, les dirigeants participant au sommet, en présence d’organisations internationales, avons la responsabilité d’agir ensemble et de combattre la grande divergence qui est en train d’apparaître entre les pays et au sein de chaque pays », écrivent-ils dans leur communiqué final.

Dans l’immédiat, cet engagement doit se traduire par une accélération de la campagne vaccinale contre le Covid-19 et davantage de marges de manœuvre budgétaire pour les pays du continent africain.

Le Fonds monétaire international (FMI) estime que jusqu’à 285 milliards de dollars (233,3 milliards d’euros) de financements supplémentaires sur la période 2021-2025 seront nécessaires aux pays africains, pour renforcer la réponse apportée à la pandémie, indique le communiqué publié à l’issue de ce sommet qui réunissait une trentaine de chefs d’État africains et européens, ainsi que les dirigeants d’institutions financières internationales comme le FMI.

Après la priorité absolue accordée à la lutte contre la pandémie, les participants au sommet envisagent une réponse en deux étapes : assurer les besoins de financement immédiats et renforcer le secteur privé, dont ils estiment que le dynamisme représentera un facteur de croissance à long terme.

« Nous sommes réunis ici pour inverser ce qui s’est développé, un décalage très risqué entre les économies avancées et les pays en développement, en particulier (en) Afrique », a insisté Kristalina Georgieva, directrice du FMI.

Selon elle, le produit intérieur brut en Afrique va croître de seulement 3,2% cette année contre 6 % dans le reste du monde.

Par ailleurs, les participants au sommet ont discuté d’une réaffectation des réserves du FMI (DTS ou droits de tirage spéciaux) des pays riches vers les économies en développement.

En avril, les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20 ont soutenu un renforcement à hauteur de 650 milliards de dollars de ces réserves et la prolongation d’un moratoire sur le remboursement de la dette des pays les plus pauvres face à la crise du coronavirus.

Selon la Banque africaine de développement (BAD), jusqu’à 39 millions de personnes pourraient tomber sous le seuil de pauvreté cette année, de nombreux pays africains étant sous la menace d’un surendettement en raison de la pandémie. ACP/Fng/ODM/KJI