Le Président Félix Tshisekedi condamne l’arrestation des autorités maliennes par les militaires

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Kinshasa, 25 mai 2021 (ACP).- Le Chef de l’État et Président en exercice de l’Union africaine (UA), Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a condamné l’arrestation par les militaires, du Président de la transition du Mali , Bah Ndaw, de son Premier ministre, Moctar Ouane et du ministre de la Défense  le général Souleymane Doucouré, au cours d’un entretien mardi, avec son homologue du Ghana et Président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Nana Akufo-Addo.

Le Président de la CEDEAO, qui réagissait à la position du Président Tshisekedi exigeant la libération des personnalités maliennes arrêtées, a annoncé qu’une délégation se rend, dès ce mardi à Bamako (Mali) en vue de s’enquérir de la situation réelle sur terrain.

Au retour de ladite mission que conduit l’ancien Président nigérian, Goodluck Jonathan, les Présidents Tshisekedi et Nana Akufo-Addo feront un point plus approfondi sur la question malienne.

Le Président Félix Tshisekedi exige la libération immédiate et inconditionnelle des autorités maliennes

Mardi, le Président Félix Tshisekedi avait en sa qualité du  Président en exercice de l’Union africaine, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo,  exigé, mardi, dans un message,  la libération immédiate et inconditionnelle du Président de la transition malienne, Bah N’daw et de son Premier ministre Moctar Ouane.

Le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi  qui s’était dit  consterné par cette arrestation, avait appelé à la préservation de  la stabilité du Mali et la consolidation de la paix dans la sous région.

« Tout doit être mis en oeuvre afin de préserver la stabilité du Mali et consolider la paix dans la sous-région », avait-il souligné.

Dans un communiqué conjoint publié lundi, sur la situation au Mali, le Comité local de suivi de la transition, composé de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA), avec des membres de la communauté internationale, y compris la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne, ont exprimé leur profonde préoccupation face à la situation au Mali marquée par l’arrestation du Président de la transition, du Premier ministre et de certains de leurs collaborateurs.

Tout en condamnant cet acte, ils ont  exigé la libération immédiate et inconditionnelle de ces autorités et souligné que les éléments militaires qui les détiennent seront tenus personnellement responsables de leur sécurité.

Ils ont également réaffirmé leur ferme soutien aux autorités de la transition et demandé que la transition reprenne son cours pour se conclure dans les délais prévus. Ils ont rejeté tout acte imposé par  contrainte, y compris des démissions forcées.

Ils se sont félicités de l’annonce de la venue mardi de la délégation de la CEDEAO  avant de demander  à tous les acteurs concernés à apporter leur pleine coopération aux efforts déployés en vue de la reprise immédiate du cours normal de la transition.

Ils ont aussi souligné que  cette action inconsidérée  porte en elle le risque d’un affaiblissement de la mobilisation de la communauté internationale en faveur du Mali.

Lundi, quelques heures après la formation du nouveau gouvernement, le président de la transition, Bah Ndaw, et son Premier ministre, Moctar Ouane, ont été arrêtés et conduits sous escorte militaire, au camp de Kati.

Le général Souleymane Doucouré, qui venait d’être nommé ministre de la Défense, a lui aussi été emmené et tous trois se trouvaient encore à Kati ce mardi matin.

Cette arrestation serait due à la composition du nouveau gouvernement dont la liste a été publiée, ce lundi.

En effet, deux ténors de l’ex-junte qui a renversé le Président Ibrahim Boubacar Keita en août 2020 ont été démis de leurs fonctions ministérielles.

Il s’agit du colonel Sadio Gassama, ancien ministre de Défense, et du colonel Modibo Koné, ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

Pour l’instant, la situation est calme dans la capitale et des points névralgiques comme l’aéroport, restent ouverts.ACP/ GGK