Un chef de milice accusé par les procureurs de la CPI d’avoir commis des meurtres au Darfour

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Kinshasa, 25 mai 2021 (ACP).- Le chef de la milice Janjawid, force supplétive du gouvernement soudanais accusée d’exactions durant le conflit du Darfour, a personnellement commis des meurtres dans cette région de l’ouest du Soudan, ont déclaré lundi à La Haye les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI), ont rapporté mardi des agences internationales de presse.

Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, également connu sous son nom de guerre Ali Kosheib, a comparu lundi devant la Cour, lors d’une audience destinée à déterminer s’il y a suffisamment de preuves pour un procès en bonne et due forme pour les 31 chefs de crimes de guerre et contre l’humanité dont il est accusé, ont ajouté ces mêmes sources.

Abd-Al-Rahman, collaborateur de l’ex-Président soudanais Omar el-Béchir, a été l’auteur très actif de meurtres commis en 2003-2004 au Darfour, ont affirmé les procureurs. L’accusé, 70 ans, s’est rendu en juin 2020 à la CPI après 13 ans de fuite.

« Craint et en même temps vénéré en tant que colonel des colonels, il était le principal dirigeant de la tristement célèbre milice Janjawid accusée de nombreuses exactions », a déclaré la procureure générale de la CPI Fatou Bensouda. « Les preuves montrent que M. Abd-Al-Rahman était l’auteur conscient, volontaire et actif de ces crimes. Il a joué un rôle crucial, dirigeant des attaques, commettant des meurtres et ordonnant d’autres meurtres », a-t-elle ajouté.

Selon les procureurs de la CPI, M. Abd-Al-Rahman soutenu par les forces soudanaises, a mené des attaques contre des villages dans la zone de Wadi Salih au Darfour en août 2003. « Des civils ont été attaqués, violés et assassinés, leurs maisons et villages détruits, des milliers d’habitants ont été déplacés de force », a souligné la procureure générale.

Avant de se livrer, M. Abd-Al-Rahman avait fui en République Centrafricaine en février 2020 lorsque le nouveau gouvernement soudanais a annoncé son intention de coopérer avec les enquêteurs de la CPI.

Le gouvernement soudanais de transition est en pourparlers avec la CPI sur les modalités de procès pour M. Béchir et ses collaborateurs mis en cause dans les exactions au Darfour. Le conflit a éclaté en 2003 lorsque des membres de minorités ethniques ont pris les armes contre le régime de Khartoum, dominé par la majorité arabe. Il a fait 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU. ACP/ZNG/Cfm