Le taux directeur de la BCC baisse de deux points, soit de 10,5 % à 8,5%

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Kinshasa, 18 juin 2021 (ACP).- La Banque centrale du Congo (BCC) vient de baisser son taux directeur de deux points, soit de 10,5% à 8,5%, indique Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, gouverneur de cette institution  d’émission, jeudi lors de la 5ème réunion du Comité de politique monétaire (CPM).

Cette décision de la Banque centrale du Congo s’inscrit dans la perspective du maintien de la stabilité macroéconomique au cours des prochains mois, précise la source. Elle indique qu’elle vise également de baisser le coût de refinancement aux banques en vue de leur permettre de rééquilibrer aisément leurs positions et d’améliorer les conditions de leur concours à l’économie.  Dans le même cadre les coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme sont maintenus respectivement à 13,0% et 12,0% et ceux pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme à 0,0 %.

Pour réguler la liquidité, la BCC poursuit avec le Bon de trésor tout en maintenant l’élan de collaboration pour la consolidation de la stabilité de la situation macroéconomique. S’agissant du secteur monétaire, le bilan de la BCC indique une hausse mensuelle de la base monétaire de 309,7 milliards de CDF au mois de mai contre 29,7 milliards en avril ce, consécutif a un important accroissement des avoirs extérieurs nets. L’encours global des Bons BCC est resté à 15,0 milliards de CDF, et les avoirs libres demeurent négatifs à -365,4 milliards de CDF.

Les prévisions de la croissance évaluées à 4,9 %

Le Comité de politique monétaire note, par ailleurs  une accélération de l’activité économique en 2021 par rapport à 2020 où les prévisions établissent la croissance à 4,9 %, venant de 1,7 % de l’année précédente.  En effet, l’opinion des chefs d’entreprises révèle le maintien de la confiance. Quant à l’évolution de la conjoncture économique à court terme, le solde brut s’est établi à +16,2 % venant de 16,0 % le mois précédent.

Sur le marché des biens et services, il a été noté une décélération du rythme de formation de prix, situant ainsi le taux d’inflation à 0,433 % en mai dernier contre 0,466 % au mois d’avril.

En glissement annuel, le taux d’inflation s’établit à 11,687 % et 1,939%, en cumul annuel à 4,871 % soit fin décembre 2021, toutes choses restant égales par ailleurs, alors que l’objectif demeure à 7,0 %, à moyen terme.

Cependant, il a été noté un bon comportement des finances publiques, les opérations financières ayant un solde excédentaire de 113,1 milliards de CDF, porté principalement par le paiement de l’impôt du premier acompte prévisionnel au cours de cette échéance fiscale. Les recettes mobilisées se sont chiffrées à 1.016,4 milliards de CDF contre une programmation mensuelle de 859,5 milliards. Quant aux dépenses, elles se sont chiffrées à 903,2 milliards de CDF contre un montant prévisionnel de 789,8 milliards de CDF.

Sur le marché des changes, les deux segments  ont évolué de manière divergente. En effet, au 31 mai, le taux de change s’est fixé respectivement à 1.989,14 CDF le dollar américain à l’indicatif et 2.025,00 CDF au parallèle, soit une légère appréciation mensuelle de 0,01 % pour le premier et une dépréciation de 0,63% pour le second. Depuis le début de l’année, le franc congolais s’est légèrement déprécié de 0,91 % et 0,23 %, respectivement à l’indicatif et au parallèle. Les réserves de change ont augmenté de 453,9 millions de USD d’un mois à un autre en s’établissant à 1.237,6 millions de USD, soit plus de 5 semaines d’importations des biens et services sur ressources propres. Au 14 juin, elles ont même atteint 1392,2 millions USD.

Cette hausse s’explique tant par la stratégie mise en place par la Banque centrale du Congo visant la maximisation des achats interbancaires des devises que par la baisse de leur consommation par le trésor.

Ainsi, la Banque Centrale maintient ses actions entreprises visant à consolider cette stabilité à travers, notamment une meilleure régulation de la liquidité bancaire, l’accumulation du niveau des réserves de change et le respect des engagements du pacte de stabilité avec le gouvernement.

 ACP/nig