Un groupe d’experts de l’ONU renseigne sur les causes de la persistance de l’insécurité à Djugu

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Bunia, 24 juin 2021(ACP).-L’absence de progrès vers un processus de Désarmement, démobilisation et  réinsertion (DDR) au profit de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) a concouru à la dégradation graduelle de la situation humanitaire et de la sécurité dans le territoire de Djugu, renseigne le rapport d’un groupe d’experts de l’ONU sur la RDC adressé au Conseil de sécurité, dont une copie est parvenue jeudi à l’ACP.

« Les attaques contre les bases des FARDC, le détournement d’armes leur appartenant et le trafic transfrontalier ont eu pour résultat l’augmentation de l’utilisation par des factions de la CODECO d’armes légères et de petit calibre », indique la source.

Dans ce rapport de 366 pages relatant avec détails la situation sécuritaire dans les provinces de l’Ituri, Nord et Sud-Kivu, ces experts ont mis en lumière les atrocités orchestrées par les combattants de la faction CODECO « Bon Temple », dirigée par un certain Tuwo, qui ont commis des actes de viols collectifs, de mariage forcé et d’esclavage sexuel dans le secteur aurifère de Banyali-Kilo.

Ils ont également confirmé que les combattants de la CODECO avaient tué des civils, notamment des enfants, attaqué et occupé des mines d’or et pillé des comptoirs de négoce de l’or dans le territoire de Djugu, notamment à Mongwalu.

Des miliciens écument Djugu, Irumu et Mambasa

« Dans le territoire d’Irumu, la milice « Force patriotique et intégrationniste du Congo » (FPIC) a mené des attaques meurtrières visant les forces de sécurité de la République Démocratique du Congo et principalement, des civils n’appartenant pas à l’ethnie Bira, et utilisé des enfants comme combattants », souligne la source.

Le groupe d’experts, ajoute la source, parle aussi du groupe d’autodéfense « Zaïre » qui continue à opérer dans les territoires d’Irumu et de Djugu, et à participer à des accrochages avec la milice FPIC et des factions de la CODECO, des attaques contre les civils des ethnies Bira et Lendu ainsi qu’à  l’extraction de l’or et la défense des mines.

Par ailleurs, le groupe d’experts a confirmé la présence illégale des membres des FARDC dans des zones d’exploitation aurifère, dans les territoires de Djugu, d’Irumu et de Mambasa, où des coopératives locales travaillant avec des sociétés d’exploitation semi-industrielle appartiennent à des investisseurs individuels Chinois.

Ce rapport qui date du 10 juin 2021, signale une relation de cause à effet entre l’activisme des groupes armés et les activités minières, grâce auxquelles ces forces négatives prospèrent pour pérenniser leur entreprise criminelle, avec la complicité de certains opérateurs économiques du secteur minier, notamment le cas d’un négociant d’or de la commune rurale de Mongwalu, dans le territoire de Djugu, qui soutient la milice CODECO, renseigne-t-on.ACP/Zng/GGK