Les dirigeants européens divisés sur les relations avec la Russie

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Kinshasa, 25 juin 2021 (Acp).- Les dirigeants de l’UE n’ont pas réussi à se mettre d’accord vendredi sur la manière de faire avancer les relations avec la Russie, la plupart d’entre eux rejetant une proposition de la France et de l’Allemagne d’organiser un sommet avec le président russe Vladimir Poutine, après des discussions qui se sont poursuivies jusqu’à jeudi soir, ont rapporté vendredi, les médias internationaux.

L’idée a été lancée à la suite de la rencontre du président américain Joe Biden avec M. Poutine à Genève. Le président français Emmanuel Macron a déclaré qu’un sommet avec le dirigeant russe serait « un dialogue pour défendre nos intérêts ».

Mais dans une déclaration publiée en début de matinée vendredi après la longue réunion des dirigeants européens, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré aux journalistes : « Nous n’avons pas pu convenir aujourd’hui que nous nous rencontrerions immédiatement au niveau de la direction, c’est-à-dire au niveau exécutif. » Elle a ajouté : « Personnellement, j’aurais souhaité une démarche plus courageuse ici. » Pour qu’une telle réunion puisse avoir lieu, il faut que les 27 dirigeants de l’UE soient unanimement d’accord pour relancer les discussions avec la Russie.

Dans les conclusions officielles publiées à l’issue de la réunion, le Conseil européen a déclaré que l’Union européenne « était attachée à une approche européenne unie, à long terme et stratégique », fondée sur ses valeurs, ses principes et ses intérêts, et a condamné les restrictions imposées aux libertés fondamentales en Russie et le rétrécissement de l’espace de la société civile.

Le Conseil européen a déclaré qu’il attendait des dirigeants russes « qu’ils fassent preuve d’un engagement plus constructif et d’une volonté politique plus ferme et qu’ils mettent un terme aux actions menées contre l’UE et ses Etats membres, ainsi que contre des pays tiers » et a appelé la Russie « à assumer pleinement la responsabilité qui lui incombe de veiller à la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk, condition essentielle de tout changement substantiel de la position de l’UE ».

« Le Conseil européen souligne la nécessité d’une réponse ferme et coordonnée de l’UE et de ses Etats membres à toute nouvelle activité malveillante, illégale et perturbatrice de la Russie, en utilisant pleinement tous les instruments dont dispose l’UE et en assurant la coordination avec les partenaires », ajoutant avoir invité la Commission et le Haut Représentant pour les affaires étrangères « à présenter des options pour des mesures restrictives supplémentaires, y compris des sanctions économiques ».

Interrogée sur la discussion concernant la Russie, la Première ministre finlandaise Sanna Marin a déclaré aux journalistes vendredi matin que la proposition franco-allemande « était une bonne initiative » pour avoir ce genre de discussion mais que « ce n’était pas le bon moment » pour cela. « La discussion a été assez longue et les différents pays avaient des opinions différentes sur le stade auquel le dialogue devrait se dérouler (…) Hier soir, nous nous sommes mis d’accord sur un certain contexte et voilà où nous en sommes », a-t-elle dit. ACP/CL/nig