Tchad : les magistrats en grève réclament plus de protection

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Kinshasa, 30 juin 2021 (ACP).- Les magistrats du Tchad ont décidé d’entrer en grève illimitée suite à l’assassinat du procureur de la République, a-t-on appris mercredi par des agences internationales de presse.

Réunis lundi au palais de justice de la capitale N’Djamena,  les magistrats tchadiens ont dénoncé le climat d’insécurité régnant au sein de la magistrature.

Quelques jours plus tôt, l’assassinat du procureur de la République Ahmat Mahamat Hamba près du Tribunal de Grande Instance d’Oum-Hadjer, le 24 juin dernier, avait secoué toute la profession et provoqué la colère du corps.

Lors de cette assemblée générale, les magistrats de diverses régions du pays ont notamment exigé plus de sécurité pour le corps judiciaire, ainsi qu’une dotation d’armes de poing.

« Après le deuil, nous nous sommes réunis aujourd’hui en assemblée générale pour discuter de la question de l’insécurité en milieu judiciaire. Nous, les magistrats, sommes exposés à tous les dangers. Les tribunaux ne sont pas protégés et les magistrats ne sont pas sécurisés, raisons pour lesquelles les magistrats ont débattu de la question ce matin », affirme le président du Syndicat du Magistrat du Tchad (SMT) Moussa Wade Djibrine.

Dans sa prise de parole, il a aussi interpellé le président de la république Mahamat Idriss Déby : « il faut que l’Etat intervienne, plus précisément le chef de l’Etat en sa qualité de président de la République et de président du Conseil Supérieur de la Magistrature qu’il intervient personnellement pour nous résoudre ce problème en milieu judiciaire », ajoute-t-il.

Déjà en grève depuis trois jours, les magistrats du pays semblent bien décidés à poursuivre leur cessation de travail. Lors d’un entretien avec l’agence Anadolu le président du SMT Moussa Wade Djibrine a déclaré que les membres du syndicat avaient voté une « grève illimitée » tant que les autorités tchadiennes n’auront pas répondu au problème d’insécurité. « Pour rendre justice, il faut avoir une tranquillité d’esprit et, tant que les juges ne sont pas en sécurité, ils ne pourront pas rendre justice »,  a t-il ajouté.

Déjà en septembre 2020, les magistrats avaient exprimé leur indignation par une grève d’une semaine sur l’ensemble du territoire, après qu’un Colonel a été amené de force par des policiers armés alors qu’il se trouvait au sein même du palais de justice N’Djamena. ACP/ODM/KJI