Soudan : l’ex-président Omar el-Béchir prêt à être remis à la CPI

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Kinshasa, 11 août 2021 (ACP).- Le Soudan va remettre l’ancien président Omar el-Béchir et deux autres dirigeants à la Cour pénale internationale (CPI) qui les recherchait depuis plus de dix ans pour génocide et crimes contre l’humanité lors du conflit meurtrier au Darfour, a-t-on appris mercredi des agences internationales de presse.

« Le Conseil des ministres a décidé de remettre les personnes recherchées à la Cour pénale internationale », a déclaré mercredi la ministre soudanaise des Affaires étrangères, Mariam al-Mahdi, selon l’agence officielle Suna, lors d’une rencontre avec le nouveau procureur général du tribunal basé à La Haye, Karim Khan, en visite à Khartoum pour une semaine.

Le conflit au Darfour, région de l’ouest du pays, a opposé à partir de 2003 le régime à majorité arabe de l’ex-président el-Béchir et des rebelles issus de minorités ethniques s’estimant marginalisées.

Il a fait environ 300.000 morts et près de 2,5 millions de déplacés, en majorité durant les premières années, d’après les Nations Unies. Fille de l’ancien Premier ministre Sadek al-Mahdi, renversé en 1989 par un coup d’Etat mené par Omar el-Béchir, la ministre soudanaise a souligné mercredi l’importance de la coopération de son pays avec la CPI pour obtenir justice pour les victimes de la guerre du Darfour.

Elle n’a pas précisé la date de l’extradition des trois anciens dirigeants, qui doit être discutée entre le gouvernement et le Conseil souverain, plus haute instance chargée de la transition.

Omar el-Béchir, 77 ans, a été renversé après trente ans d’un règne sans partage en avril 2019, par un mouvement populaire inédit déclenché quatre mois plus tôt par le triplement du prix du pain.

En février 2020, le pouvoir de transition militaro-civil mis en place après sa chute avait pris l’engagement verbal de favoriser sa comparution devant la CPI, qui a émis il y a plus de dix ans des mandats d’arrêt contre lui et d’autres figures de l’ancien régime, pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide au Darfour. ACP/ODM/KJI