Renforcement des capacités des acteurs étatiques sur la justice transitionnelle

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Kinshasa, 17 aout 2021 (ACP).- Les acteurs étatiques du secteur de la justice transitionnelle sont en séminaire de renforcement des capacités, ouvert mardi à Kinshasa, organisé par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), en collaboration avec la Société civile congolaise.

L’objectif principal de ce séminaire est de mettre à jour les compétences desdits acteurs afin de leur permettre d’assurer l’assistance juridique des victimes de violation des droits de l’homme, notamment dans les zones en proie aux conflits armés.

Le ministre des Droits humains, Albert-Fabrice Puela, a exprimé l’engagement du Président de la République et du gouvernement de mettre en place une justice transitionnelle, pour poursuivre et mettre hors d’état de nuire tous les auteurs de violation des droits de l’homme en République démocratique du Congo. « Les exemples de l’engagement du gouvernement sont légions, notamment la lettre adressée à Mme la Haute commissaire des nations unies aux droits de l’homme et l’expression du pardon affirmé, lors de son passage à Tshisuku, pour reconnaître les actes de barbarie commis par la garde républicaine en plein marché dans cette chefferie de la Province du Kasaï, ainsi que la construction d’un monument en faveur de ces victimes. Aussi, du 26 juillet au 6 août 2021, dans le cadre de la sensibilisation sur la question, il a été ressenti le besoin de justice transitionnelle exprimée par la population victime et fatiguée des affres de la guerre », a souligné le ministre Albert-Fabrice Puela.

Pour sa part, le Pr Nicole Buatshia, directeur de cabinet adjoint du Chef de l’Etat, a rappelé la décision du Président de la République, prise lors de la 43eme réunion de conseil des ministres du 19 août 2020, de mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle au niveau national. « Dans les jours à venir, nous verrons un coup d’accélérateur sur les initiatives de la justice transitionnelle au niveau national et   la mise en place d’un cadre mixte d’échange préalable à ce sujet par une décision du directeur de cabinet portant création d’une commission mixte entre le cabinet du Chef de l’Etat, le ministère des Droits humains ainsi que le BCNUDH, en vue d’aboutir à une véritable politique nationale de justice transitionnelle », a-t-elle révélé.

Le  représentant du BCNUDH en RDC, Abdoul Aziz Thioye, a fait savoir de son côté que les Nations Unies, ayant constaté l’expression de la volonté politique du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo sur la possibilité de mise en œuvre des mécanismes de justice transitionnelle en RDC, ont entamé leur appui technique et logistique sollicité par le Président de la République en décembre 2020, après les consultations nationales qu’il a initiées.

La cheffe de la mission onusienne en RDC, Bintou Keita, a, pour sa part, encouragé le gouvernement Congolais à coordonner le processus pour arriver à rétablir les responsabilités et assurer la réparation à toutes les victimes de violation des droits de l’homme qui, selon elle, sont jusque-là abandonnées.

Les représentants du Groupe de travail Justice transitionnelle en RDC, Me Thérèse Kulungu Mbungu et Me Dickson Dikangu, ont mis en exergue, dans leurs interventions, les recommandations du rapport Mapping, la déclaration de Kinshasa ainsi que les recommandations issues de la Table ronde d’experts du club des Amis du droit du Congo tenue en janvier 2021, consécutive à l’appel à réflexion du Chef de l’État du 7 août et du 6 décembre 2020 sur les possibilités de mise en œuvre des mécanismes de justice transitionnelle en RDC. ACP/